Les « 10 essentiels » de la randonnée sont la navigation (carte, boussole, GPS), l’éclairage (lampe frontale), la protection solaire, la trousse de premiers secours, un couteau ou outil multifonction, un moyen d’allumer un feu, un abri d’urgence, ainsi que de la nourriture, de l’eau et des vêtements en plus. Cette liste née aux États-Unis reste valable ; smartphone, GPS et balises satellites la complètent sans la remplacer.
- La liste des 10 essentiels est issue de l’enseignement du club américain The Mountaineers, qui la formalise dans les années 1970 à partir de pratiques plus anciennes.
- Une application de cartographie hors ligne ne dispense pas d’une carte papier et d’une boussole en cas de batterie vide.
- En France, faire du feu en forêt et dans les espaces naturels est très souvent interdit, surtout en été ; un sifflet et une frontale suffisent pour se signaler.
- Les messagers satellites et la fonction SOS par satellite de certains smartphones permettent d’alerter les secours hors réseau.
- Le numéro d’urgence européen 112 fonctionne depuis tout téléphone, même sans carte SIM de l’opérateur local.
Sommaire
- D’où vient la liste des 10 essentiels ?
- Faut-il encore emporter de quoi faire du feu ?
- Quel matériel de navigation emporter ?
- Comment se protéger du soleil en randonnée ?
- Pourquoi emporter une lampe frontale même pour une sortie à la journée ?
- Que mettre dans une trousse de secours de randonnée ?
- Eau, nourriture et vêtements : combien prévoir en plus ?
- Quelles technologies améliorent la sécurité en randonnée ?
- Le sac idéal : adapter les essentiels à chaque sortie
Les « essentiels » de la randonnée sont les pièces d’équipement que chaque randonneur devrait emporter, qu’il parte pour une balade de trois heures ou pour un trek de plusieurs semaines. L’idée n’est pas d’équiper une expédition, mais de pouvoir faire face à un imprévu : une blessure, une erreur d’itinéraire, un orage ou une nuit dehors non prévue.
Cette liste a été conçue à une époque sans hélicoptère de secours ni balise satellite. Elle reste d’actualité, mais la technologie permet aujourd’hui de l’alléger et de l’améliorer : smartphones avec cartes hors ligne, lampes LED très autonomes, messagers satellites.
La rédaction passe en revue les dix essentiels, avec pour chacun l’équipement classique et ses équivalents modernes.
D’où vient la liste des 10 essentiels ?
La liste des « Ten Essentials » est issue de l’enseignement du club de montagne américain The Mountaineers, fondé à Seattle en 1906. Des listes de matériel de sécurité y circulent dès les années 1930, et la version en dix points est popularisée dans les années 1970 par l’ouvrage de référence Mountaineering: The Freedom of the Hills.
Elle a depuis été reprise par de nombreux clubs et guides dans le monde, et souvent réorganisée en « systèmes » (navigation, éclairage, isolation…) plutôt qu’en objets précis. Voici la version actuelle, avec des exemples concrets :
| Essentiel | Équipement classique | Complément moderne |
|---|---|---|
| Navigation | Carte topographique, boussole | Application hors ligne, GPS, montre GPS |
| Éclairage | Lampe frontale et piles | Frontale LED rechargeable |
| Protection solaire | Lunettes, crème, chapeau | Vêtements anti-UV |
| Premiers secours | Trousse de secours | Pansements anti-ampoules, pince à tiques |
| Outil | Couteau | Outil multifonction léger |
| Feu | Allumettes étanches, briquet | Réchaud (là où il est autorisé) |
| Abri d’urgence | Couverture de survie, bâche | Sac de bivouac d’urgence |
| Nourriture en plus | Barres, fruits secs | Une journée de réserve pour les treks |
| Eau en plus | Gourde supplémentaire | Filtre ou pastilles de purification |
| Vêtements en plus | Pull, veste imperméable | Doudoune légère compressible |
La vidéo ci-dessous passe en revue l’équipement à avoir dans son sac :

Faut-il encore emporter de quoi faire du feu ?
Un moyen d’allumer un feu fait partie des essentiels, car le feu apporte chaleur, lumière et moyen de cuisson en cas de nuit imprévue. Le principe est d’avoir plusieurs solutions légères et redondantes :
- un briquet tempête résistant au vent ;
- un briquet classique de secours ;
- des allumettes étanches ;
- un allume-feu ou des boules de coton imbibées de vaseline dans un sachet étanche.
En France, ce point doit toutefois être nuancé. Allumer un feu en forêt et dans les espaces naturels est interdit ou très encadré dans la plupart des départements, en particulier pendant la saison à risque, et presque toujours interdit dans le cœur des parcs nationaux. Des personnes qui tentaient d’attirer l’attention des secours avec un feu ont déjà déclenché des incendies de forêt qui ont brûlé des milliers d’hectares. Un feu ne s’envisage donc qu’en situation de survie réelle, sur sol minéral et sous contrôle.
Pour se signaler, un sifflet (trois coups répétés), une lampe frontale en mode clignotant et un téléphone chargé sont bien plus sûrs. Pour cuisiner, un réchaud utilisé sur une surface dégagée, là où il est autorisé, remplace avantageusement le feu de camp.
Quel matériel de navigation emporter ?
La navigation est sans doute l’essentiel le plus important : savoir où l’on est permet de retrouver son chemin, et d’indiquer sa position aux secours. Le mieux est de combiner plusieurs outils, pour ne pas dépendre d’une seule batterie :
- une montre GPS avec la trace de l’itinéraire chargée ;
- un GPS de randonnée dédié, avec des cartes téléchargées ;
- une application pour smartphone avec cartes hors ligne (mode avion pour économiser la batterie) ;
- une carte topographique papier, par exemple une carte IGN au 1:25 000 ;
- une boussole, et la compétence pour l’utiliser avec la carte ;
- un topo-guide ou une impression de l’itinéraire.
Pour tirer le meilleur de ces outils, lisez nos conseils pour utiliser efficacement son GPS et notre guide sur l’équipement d’orientation en randonnée. Les montres connectées sont aussi une option : voyez notre article sur l’Apple Watch en randonnée.
Comment se protéger du soleil en randonnée ?
La protection solaire repose sur trois éléments : lunettes de soleil, crème solaire et vêtements couvrants. En montagne, le rayonnement UV augmente avec l’altitude et se réfléchit sur la neige, les rochers clairs et l’eau.
Des lunettes adaptées sont indispensables : la photokératite, ou « ophtalmie des neiges », est une brûlure de la cornée qui peut survenir sur un névé, un glacier ou en terrain très lumineux. Pour la haute montagne, des verres de catégorie 4 sont recommandés. Chapeau, manches longues légères et, pour les longues étapes exposées, une petite bâche avec une cordelette permettent aussi de créer de l’ombre lors d’une pause. Nos conseils pour choisir des vêtements de protection solaire complètent ce point.
Pourquoi emporter une lampe frontale même pour une sortie à la journée ?
La lampe frontale est un essentiel parce qu’un retard, une blessure ou une erreur d’itinéraire peuvent obliger à marcher de nuit. Les LED actuelles sont puissantes, légères et très économes : une petite frontale de moins de 100 g suffit pour la plupart des sorties.
Vérifiez la charge avant chaque départ, et emportez des piles ou une batterie de rechange pour les sorties longues. Pour bien la choisir, consultez notre guide pour choisir une lampe frontale de randonnée.
Que mettre dans une trousse de secours de randonnée ?
Une trousse de randonnée légère doit permettre de traiter les petits bobos et de stabiliser une blessure en attendant de l’aide. Contenu de base : pansements, pansements spécial ampoules, compresses, désinfectant, bande de contention, pince à tiques, antidouleur usuel, couverture de survie et traitements personnels.
La couverture de survie sert aussi d’abri d’urgence. Pour les sorties engagées, un sac de bivouac d’urgence est plus efficace contre le froid et le vent.
Eau, nourriture et vêtements : combien prévoir en plus ?
Les trois derniers essentiels consistent à emporter un peu plus que le strict nécessaire. Pour une journée, prévoyez une collation de réserve, au moins 0,5 L d’eau supplémentaire ou un moyen de purification, et une couche chaude en plus de votre veste imperméable.
En montagne, la température baisse d’environ 6 °C par 1 000 m d’altitude, et le vent accentue la sensation de froid. Une doudoune légère ou une polaire tient peu de place et peut faire la différence en cas d’attente forcée.
Quelles technologies améliorent la sécurité en randonnée ?
La technologie ne remplace pas les essentiels, mais elle en améliore plusieurs. Les applications de météo permettent de consulter le bulletin Météo-France montagne avant et pendant la sortie. Les messagers satellites (Garmin inReach, Zoleo…) et la fonction SOS par satellite de certains smartphones récents permettent d’envoyer une alerte hors réseau mobile.
L’autonomie reste le point faible : une batterie externe est indispensable dès que le téléphone sert de GPS. Nos conseils pour charger son smartphone en randonnée aident à ne pas tomber à court. En cas d’urgence, composez le 112 ; en montagne, les secours sont assurés par le PGHM ou les CRS de montagne.
Le sac idéal : adapter les essentiels à chaque sortie
Les dix essentiels ne sont pas une liste figée : une promenade balisée près d’un village ne demande pas le même niveau d’autonomie qu’une traversée d’altitude. Posez-vous une question simple avant de partir : si je dois passer la nuit dehors ou attendre les secours plusieurs heures, ai-je de quoi m’orienter, m’éclairer, me soigner, me protéger et m’alimenter ? Si la réponse est oui, votre sac est prêt.
Questions fréquentes
Quels sont les 10 essentiels de la randonnée ?
Les 10 essentiels sont : navigation, éclairage, protection solaire, premiers secours, couteau ou outil, moyen d’allumer un feu, abri d’urgence, nourriture en plus, eau en plus et vêtements en plus. Ils visent à permettre de faire face à une nuit imprévue ou à un accident. On les adapte à la durée et à l’engagement de la sortie.
Le smartphone peut-il remplacer le GPS en randonnée ?
Un smartphone avec une application de cartes hors ligne est un très bon outil de navigation, à condition de télécharger les cartes à l’avance et de gérer la batterie. Il reste fragile face au froid et aux chocs. Une batterie externe, une carte papier et une boussole restent recommandées en montagne.
Faut-il une trousse de secours pour une petite randonnée ?
Oui, une trousse légère est utile même pour une sortie de quelques heures : pansements, pansements anti-ampoules, désinfectant, bande, pince à tiques et couverture de survie. Elle pèse une centaine de grammes et règle la plupart des petits bobos. Les traitements personnels doivent aussi y figurer.
Peut-on faire du feu en randonnée en France ?
Dans la plupart des forêts et espaces naturels français, allumer un feu est interdit ou très encadré, en particulier pendant la saison à risque d’incendie. Les parcs nationaux l’interdisent en général dans leur cœur. Un réchaud utilisé avec prudence, là où il est autorisé, est préférable.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
