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Randonnée et déshydratation : l’erreur d’hydratation qui provoque le malaise

Randonnée et déshydratation : l’erreur d’hydratation qui provoque le malaise
En bref

Partir en randonnée sans avoir bu depuis le réveil expose à la déshydratation dès les premières heures d’effort, surtout par forte chaleur. Buvez 300 à 500 ml dans les deux heures avant le départ, puis de petites gorgées régulières, souvent 0,5 à 0,8 l par heure au chaud. Vertiges, nausées ou maux de tête imposent de s’arrêter à l’ombre et de boire ; en cas de confusion, appelez le 112.

À retenir
  • La soif est un signal tardif : elle apparaît généralement quand l’organisme a déjà perdu une partie de son eau.
  • Boire avant le départ compte autant que boire pendant la marche, car le corps se réveille souvent légèrement déshydraté.
  • Par forte chaleur, les besoins en eau d’un randonneur dépassent fréquemment un demi-litre par heure d’effort.
  • Sur les longues sorties, compenser aussi le sel perdu dans la sueur limite les crampes et le risque de boire trop d’eau pure.
  • Confusion, arrêt de la transpiration ou peau très chaude évoquent un coup de chaleur : c’est une urgence vitale (112).
Sommaire
  1. Pourquoi un randonneur bien préparé peut-il faire un malaise ?
  2. Comment la déshydratation agit-elle sur l’organisme ?
  3. Quels sont les signaux d’alarme à ne pas ignorer ?
  4. Combien faut-il boire avant et pendant une randonnée ?
  5. Comment transporter assez d’eau ?
  6. Comment adapter sa randonnée à la chaleur ?
  7. Que faire en cas de malaise sur le sentier ?
  8. Le bon réflexe à retenir

Un randonneur expérimenté, bien équipé, parti par une matinée idéale, peut pourtant s’effondrer au bout de quelques kilomètres. Dans bien des cas, la cause n’est ni le terrain ni la forme physique, mais un détail oublié au réveil : il n’a presque rien bu avant de partir.

La déshydratation est l’une des causes les plus banales de malaise en randonnée, notamment l’été et dès que le dénivelé s’accumule. Elle s’installe progressivement, sans douleur, et ses premiers signes sont facilement confondus avec une simple fatigue.

Cet article de la rédaction explique pourquoi l’hydratation commence avant le départ, comment reconnaître les signaux d’alerte, quelles quantités d’eau prévoir et que faire en cas de malaise. La règle des 3-6-9 pour randonner pendant une canicule complète ces repères.

Pourquoi un randonneur bien préparé peut-il faire un malaise ?

Randonneur sur un sentier de montagne exposé au soleil par forte chaleur estivale

Un randonneur peut faire un malaise malgré un bon équipement parce que l’équipement ne compense pas un déficit en eau déjà présent au départ. Le scénario typique est le suivant : réveil tôt, un ou deux cafés, petit-déjeuner rapide, préparation du sac, puis départ sans avoir bu un verre d’eau.

Sur une sortie exigeante, par exemple une longue montée dans les Pyrénées ou les Alpes avec plus de 1 000 m de dénivelé positif, l’effort augmente la transpiration dès la première heure. Même par une température matinale agréable, le soleil et la pente font monter la chaleur corporelle.

Le randonneur qui compte « boire en route » part donc avec un retard qu’il ne rattrapera pas facilement : boire beaucoup d’un coup en marchant est mal toléré, et le corps n’absorbe l’eau que progressivement.

Vidéo : Randonnée et déshydratation : l’erreur d’hydratation qui provoque le malaise

Comment la déshydratation agit-elle sur l’organisme ?

Randonneuse faisant une pause à l’ombre pour boire à sa gourde pendant une randonnée d’été

La déshydratation réduit le volume sanguin, ce qui oblige le cœur à battre plus vite pour irriguer les muscles et évacuer la chaleur. La thermorégulation devient moins efficace : la température du corps monte plus vite, surtout au soleil et en montée.

Les effets sur la performance apparaissent tôt. Les jambes semblent lourdes, le rythme ralentit sans raison apparente, la concentration baisse. Ce dernier point est dangereux en montagne : le randonneur fait moins attention à ses appuis, à l’itinéraire et à la météo.

Si la perte d’eau se poursuit, apparaissent vertiges, nausées, troubles visuels passagers, puis un risque de malaise, voire de coup de chaleur lorsque la chaleur extérieure s’ajoute à l’effort.

Quels sont les signaux d’alarme à ne pas ignorer ?

Randonneur fatigué assis au bord d’un sentier sec sous un soleil intense

Les premiers signaux de déshydratation sont discrets et se confondent avec la fatigue normale de l’effort. La soif est déjà un signal tardif : elle apparaît généralement quand l’organisme a commencé à manquer d’eau.

StadeSignesConduite à tenir
DébutSoif, bouche sèche, jambes lourdes, fatigue inhabituelleRalentir, boire quelques gorgées toutes les 10 à 15 minutes
ModéréMaux de tête, vertiges, nausées, urine foncéeS’arrêter à l’ombre, boire, manger salé, envisager de faire demi-tour
GraveConfusion, propos incohérents, peau très chaude, arrêt de la transpiration, perte de connaissanceUrgence : appeler le 112, refroidir la personne

Pourquoi ces signaux sont-ils minimisés ?

Face à un inconfort, on cherche spontanément une explication rassurante : « je suis mal réveillé », « la pente est raide », « j’ai forcé l’allure ». Les randonneurs expérimentés y sont particulièrement exposés, car ils ont l’habitude de « serrer les dents ».

Le bon réflexe est l’inverse : toute fatigue anormale en début de sortie doit faire penser à l’hydratation, à l’alimentation et à la chaleur avant de continuer.

Combien faut-il boire avant et pendant une randonnée ?

Gourdes et poche à eau préparées avant une randonnée par temps chaud

Il faut boire avant le départ, puis régulièrement pendant la marche, par petites quantités. Les besoins varient beaucoup d’une personne à l’autre ; les repères ci-dessous sont des ordres de grandeur couramment utilisés.

  • Avant le départ : 300 à 500 ml d’eau dans les deux heures qui précèdent, en plus du café ou du thé du matin.
  • Pendant la marche : quelques gorgées toutes les 15 à 20 minutes, sans attendre d’avoir soif, soit environ 0,5 l par heure par temps doux.
  • Par forte chaleur : souvent 0,5 à 0,8 l par heure, voire davantage en plein soleil et en montée.
  • Après la sortie : continuer à boire et manger pour récupérer.

Le café est-il vraiment un problème ?

Contrairement à une idée répandue, un ou deux cafés chez un buveur habituel n’entraînent pas à eux seuls de déshydratation significative. Le problème vient surtout du fait que le café remplace l’eau du matin : ajoutez-y systématiquement un ou deux grands verres d’eau.

Faut-il ajouter du sel ou des électrolytes ?

Sur une sortie de plus de trois à quatre heures au chaud, la sueur fait perdre du sodium. Des en-cas salés (fruits secs salés, biscuits, fromage) ou une boisson de l’effort aident à le compenser. Boire de très grandes quantités d’eau pure sans rien manger peut, rarement, provoquer une baisse du sodium sanguin (hyponatrémie). En cas de traitement médical ou de maladie chronique, demandez l’avis de votre médecin.

Comment transporter assez d’eau ?

Le moyen le plus simple de boire régulièrement est d’avoir l’eau à portée de main. Une poche à eau avec pipette ou des flasques sur les bretelles incitent à boire sans s’arrêter, alors qu’une bouteille au fond du sac est souvent oubliée.

Pour choisir votre système, consultez notre guide du sac d’hydratation par temps de canicule et nos conseils pour choisir une gourde de randonnée. Repérez à l’avance les sources et fontaines sur la carte, mais ne comptez jamais sur elles : beaucoup tarissent en été, et l’eau non traitée doit être filtrée ou purifiée.

Comment adapter sa randonnée à la chaleur ?

La chaleur multiplie les besoins en eau : adapter l’horaire et l’itinéraire est aussi important que la quantité d’eau emportée.

  • Partir tôt, dès le lever du jour, et terminer avant le début d’après-midi.
  • Privilégier les versants à l’ombre le matin, les forêts et les itinéraires proches de l’eau.
  • Réduire la distance et le dénivelé prévus lors des épisodes de canicule.
  • Porter des vêtements clairs et respirants, un chapeau et des lunettes ; notre article sur l’erreur vestimentaire à éviter par forte chaleur détaille ce point.
  • Consulter la vigilance canicule et le bulletin Météo-France montagne, qui signale aussi le risque d’orage.

Que faire en cas de malaise sur le sentier ?

En cas de malaise lié à la déshydratation ou à la chaleur, la priorité est d’arrêter l’effort et de rafraîchir la personne.

  1. Installer la personne à l’ombre, allongée si elle a des vertiges.
  2. La faire boire par petites gorgées si elle est consciente et ne vomit pas.
  3. Desserrer les vêtements, mouiller la peau (nuque, bras, jambes) et l’éventer.
  4. Ne pas la laisser repartir seule ; renoncer à la suite de l’itinéraire.
  5. Appeler le 112 si elle est confuse, si sa température semble très élevée, si elle ne transpire plus ou si son état ne s’améliore pas rapidement. En montagne, les secours (PGHM ou CRS selon les secteurs) sont déclenchés par ce numéro.

Randonner seul augmente le risque : prévenez toujours un proche de votre itinéraire et de votre heure de retour.

Le bon réflexe à retenir

Un grand verre d’eau au réveil, un autre avant de partir, puis quelques gorgées régulières : cette routine simple évite la plupart des malaises liés à la déshydratation. Par forte chaleur, elle se complète d’un départ matinal, d’un itinéraire raccourci et d’une vigilance accrue sur les premiers signes de fatigue, pour soi comme pour ses compagnons de marche.

Questions fréquentes

Combien d’eau faut-il emporter pour une randonnée ?

Une base courante est d’environ 0,5 l par heure de marche par temps doux et 0,5 à 0,8 l par heure par forte chaleur, à ajuster selon le dénivelé, le poids et la transpiration de chacun. Pour une journée de six heures au chaud, prévoir 3 litres ou plus n’est pas excessif. Repérez à l’avance les points d’eau, sans compter sur eux.

Quels sont les premiers signes de déshydratation en randonnée ?

Les premiers signes sont la soif, la bouche sèche, une fatigue inhabituelle, des jambes lourdes et des maux de tête. Viennent ensuite vertiges, nausées et baisse de la concentration. Une urine foncée ou rare est aussi un bon indicateur. Dès ces signaux, il faut s’arrêter à l’ombre et boire.

Le café déshydrate-t-il avant une randonnée ?

À dose modérée, chez une personne qui en boit habituellement, le café a un effet diurétique limité et ne provoque pas à lui seul de déshydratation. Le vrai piège est de ne boire qu’un café au réveil : il faut y ajouter un ou deux verres d’eau avant de partir.

Que faire en cas de malaise dû à la chaleur en randonnée ?

Arrêtez l’effort, installez la personne à l’ombre, allongée jambes surélevées si elle se sent mal, faites-la boire par petites gorgées si elle est consciente et rafraîchissez-la avec de l’eau sur la peau. Si elle est confuse, vomit, ne transpire plus ou ne va pas mieux rapidement, appelez le 112.

Faut-il boire des boissons isotoniques en randonnée ?

Pour une sortie courte, l’eau suffit. Au-delà de trois à quatre heures d’effort par temps chaud, une boisson contenant des électrolytes, ou de l’eau accompagnée d’en-cas salés, aide à compenser le sodium perdu dans la sueur. Les personnes suivies pour une maladie chronique demandent l’avis de leur médecin.

Sources et liens utiles

Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.