Le tour ou la traversée de Belledonne, dont la version de référence est le GR738 Haute Traversée de Belledonne, parcourt environ 130 km pour plus de 10 000 m de dénivelé positif, en 8 à 11 étapes entre refuges gardés, gîtes de vallée et bivouac. La meilleure période va de début juillet à mi-septembre ; l’itinéraire est réservé aux randonneurs expérimentés.
- Le massif de Belledonne, en Isère et en Savoie, culmine au Grand Pic de Belledonne, à 2 977 m.
- Le GR738 Haute Traversée de Belledonne fait environ 130 km pour plus de 10 000 m de dénivelé positif.
- Le parcours alterne pierriers, névés tardifs, cols au-dessus de 2 000 m et alpages, avec peu de ravitaillement.
- Les refuges d’altitude sont petits : la réservation est indispensable en juillet et en août.
- Les hébergements les plus confortables (chambres, douche, demi-pension) se trouvent dans les stations et les villages de vallée.
Sommaire
- Qu’est-ce que le tour de Belledonne ?
- Quelle est la meilleure période pour faire le tour de Belledonne ?
- Comment découper les étapes du tour de Belledonne ?
- Où dormir pendant le tour de Belledonne ?
- Quels hébergements cosy trouver sur la traversée ?
- Quelles sont les difficultés du terrain ?
- Comment accéder au départ et organiser le retour ?
- Comment gérer le ravitaillement et l’autonomie ?
- Quelles précautions de sécurité prendre ?
- À qui s’adresse le tour de Belledonne ?
Le massif de Belledonne est une chaîne cristalline des Alpes françaises d’environ 60 km de long, qui domine Grenoble et la vallée du Grésivaudan à l’ouest, et s’étend entre l’Isère et la Savoie jusqu’aux abords de la Maurienne. Il culmine au Grand Pic de Belledonne (2 977 m) et compte des dizaines de lacs d’altitude, dont les lacs Robert au-dessus de Chamrousse et les lacs des Sept Laux.
Le « tour de Belledonne » désigne le plus souvent sa grande traversée à pied, aujourd’hui balisée sous le nom de GR738 – Haute Traversée de Belledonne. C’est un itinéraire sauvage, exigeant, peu fréquenté par rapport aux grands classiques alpins, qui enchaîne cols rocailleux, pierriers, alpages et refuges isolés.
Ce guide de la rédaction présente le découpage en étapes, les types d’hébergement (des refuges d’altitude aux gîtes plus confortables de vallée), la meilleure saison, l’accès en transports et les précautions à prendre. Les distances et durées sont des ordres de grandeur à vérifier sur le topoguide officiel.
Qu’est-ce que le tour de Belledonne ?
La traversée de Belledonne est un itinéraire de grande randonnée d’environ 130 km et de plus de 10 000 m de dénivelé positif cumulé, qui parcourt le massif de bout en bout en restant le plus souvent entre 1 500 et 2 500 m d’altitude. Sa version balisée, le GR738, relie le sud du massif, du côté de Vizille et d’Uriage, au nord, vers Aiguebelle en Savoie.
Contrairement à ce qu’indiquent certains descriptifs, il ne s’agit donc pas d’une boucle au sens strict : pour « boucler » le tour, il faut combiner la traversée avec un retour par la vallée, en train ou en bus, ou construire sa propre boucle en montant par une vallée (Allemont, Fond-de-France, Le Pleynet) et en redescendant par une autre. Le balisage blanc et rouge du GR est présent sur l’itinéraire principal, mais les variantes et les liaisons entre vallées sont parfois moins bien signalées.
| Fiche pratique | Traversée de Belledonne (GR738) |
|---|---|
| Départ / arrivée | Sud du massif (Vizille, Uriage, Chamrousse) / Aiguebelle (Savoie), ou l’inverse |
| Distance | Environ 130 km |
| Dénivelé | Plus de 10 000 m de D+ cumulé |
| Durée | 8 à 11 jours selon le découpage |
| Difficulté | Difficile : pierriers, névés, cols au-dessus de 2 000 m |
| Balisage | Blanc et rouge (GR) sur l’itinéraire principal |
| Meilleure période | Début juillet à mi-septembre |
| Cartographie | Cartes IGN au 1:25 000 du massif, trace GPS en complément |
Quelle est la meilleure période pour faire le tour de Belledonne ?
La meilleure période s’étend de début juillet à mi-septembre, lorsque les refuges sont gardés et que la plupart des cols sont déneigés. Les sites de séjours en montagne, à l’image de Top-vacances.com, situent la saison favorable entre fin juin et début octobre, mais les deux extrémités de cette fenêtre dépendent beaucoup de l’enneigement de l’année.
En juin et au début de juillet, des névés persistent sur les versants nord des cols ; ils peuvent être durs le matin et imposer des crampons légers ou des microcrampons. À partir de la mi-septembre, les nuits deviennent froides, les journées raccourcissent et plusieurs refuges ferment : il faut alors être autonome en couchage et en nourriture. Juillet et août restent la période des orages de fin de journée, d’où l’intérêt de partir tôt.
Comment découper les étapes du tour de Belledonne ?
La plupart des randonneurs découpent la traversée en 8 à 11 étapes de 4 h 30 à 8 h de marche, en s’appuyant sur les refuges et les stations qui jalonnent le massif. Le tableau ci-dessous propose un découpage indicatif du sud vers le nord ; les temps varient fortement selon le niveau, la météo et l’état du terrain.
| Secteur | Repères principaux | Hébergements possibles | Temps de marche indicatif |
|---|---|---|---|
| Sud du massif | Vizille, Uriage, montée vers Chamrousse | Gîtes et hôtels de vallée, station de Chamrousse | 1 à 2 jours, 5 à 7 h par jour |
| Chamrousse – La Pra | Lacs Robert, secteur de la Croix de Belledonne (2 926 m) | Refuge de la Pra | 4 h 30 à 6 h |
| La Pra – Jean Collet | Cols et pierriers sous la chaîne principale | Refuge Jean Collet | 6 à 7 h 30 |
| Jean Collet – Sept Laux | Habert d’Aiguebelle, lacs des Sept Laux | Refuges du secteur, station des 7 Laux (Le Pleynet) | 1 à 2 jours |
| Sept Laux – Collet d’Allevard | Vallées du Haut-Bréda (Fond-de-France, Gleyzin) | Refuges, gîtes de vallée, station du Collet d’Allevard | 2 jours, 5 à 7 h par jour |
| Nord du massif | Alpages de Savoie, descente vers Aiguebelle | Refuges et gîtes du nord de Belledonne | 2 jours |
Ce découpage peut être raccourci : de nombreux randonneurs ne parcourent qu’une section de 3 à 4 jours, par exemple entre Chamrousse et les Sept Laux, qui concentre une grande partie des lacs et des panoramas. Plusieurs variantes permettent aussi d’éviter les passages les plus techniques ou, au contraire, d’ajouter un sommet. Vérifiez chaque étape sur le topoguide de la FFRandonnée et auprès des gardiens avant le départ.
Où dormir pendant le tour de Belledonne ?
Les hébergements du tour de Belledonne se répartissent entre refuges d’altitude, gîtes d’étape de vallée, hébergements de station et bivouac. En altitude, les refuges gardés sont souvent petits : la réservation est indispensable en juillet et en août, et il est prudent de prévenir le gardien en cas d’annulation ou de retard.
- Refuge de la Pra : refuge d’altitude au-dessus de Chamrousse, dans le secteur des lacs et de la Croix de Belledonne ; dortoirs et demi-pension en saison.
- Refuge Jean Collet : refuge très fréquenté en été, au cœur de la chaîne ; bon point de départ vers les lacs et les sommets voisins.
- Habert d’Aiguebelle : ancien bâtiment pastoral transformé en refuge, dans un vallon isolé.
- Secteur des Sept Laux : refuge au bord des lacs et hébergements de station au Pleynet.
- Vallées du Haut-Bréda et d’Allemont : gîtes d’étape, chambres d’hôtes et campings, avec douche et possibilité de ravitaillement.
Les services varient d’un refuge à l’autre : repas complets et petit-déjeuner dans les refuges gardés, simple abri dans les cabanes non gardées, où il faut apporter réchaud, nourriture et sac de couchage. Pour comparer les formules, notre guide pour bien choisir son refuge de montagne détaille les différences entre refuge gardé, non gardé et gîte.
Quels hébergements cosy trouver sur la traversée ?
Les hébergements les plus confortables du parcours se trouvent dans les stations et les villages de vallée, où l’on peut réserver une chambre privative, une douche chaude et une demi-pension. Placer une ou deux de ces nuits à mi-parcours permet de laver ses affaires, de recharger ses batteries et de mieux récupérer.
| Lieu | Type d’hébergement | Confort habituel |
|---|---|---|
| Chamrousse | Hôtels, résidences, gîtes de station | Chambre privative, douche, restaurants |
| Allemont et Le Rivier-d’Allemont | Gîtes de vallée, chambres d’hôtes | Demi-pension, linge souvent fourni |
| Le Pleynet (Les 7 Laux) | Hébergements de station | Chambre ou studio, commerces en saison |
| Fond-de-France (Haut-Bréda) | Gîte, chambres d’hôtes | Douche, cuisine du terroir |
| Refuges gardés d’altitude | Dortoir | Repas chaud, couvertures, espace de séchage selon les refuges |
Même rustiques, les refuges gardés soignent souvent leur accueil : soupe chaude à l’arrivée, cuisine maison et conseils sur l’état du terrain pour le lendemain. Pour prolonger l’inspiration, la rédaction a sélectionné les plus beaux refuges pour la randonnée dans les Alpes et des chalets de montagne pour les nuits en vallée.
Quelles sont les difficultés du terrain ?
Le tour de Belledonne est un itinéraire engagé, nettement plus technique qu’un GR de moyenne montagne. Les principales difficultés sont les pierriers, nombreux et instables, qui ralentissent la progression, et les névés qui peuvent subsister sur les cols jusqu’en juillet.
- Orientation : le balisage GR est présent, mais le brouillard peut masquer les cairns et les marques dans les zones rocheuses. Emportez une carte IGN au 1:25 000 et une trace GPS.
- Eau : les sources et les torrents existent, mais sont irréguliers ; prévoyez 1,5 à 2 litres et un système de filtration pour l’eau des zones pastorales.
- Isolement : certaines portions sont éloignées de toute route, et le réseau mobile y est souvent absent.
- Troupeaux : les alpages accueillent des troupeaux parfois gardés par des chiens de protection (patous). Contournez le troupeau largement et ne cherchez pas à caresser les chiens.
Comment accéder au départ et organiser le retour ?
Le massif de Belledonne est accessible en transports en commun depuis Grenoble et la vallée du Grésivaudan, ce qui facilite une traversée linéaire. Les villes de la vallée (Grenoble, Brignoud, Goncelin, Pontcharra) sont desservies par le train, et des lignes de bus, régulières ou saisonnières, montent vers Chamrousse, les 7 Laux ou Allevard.
Au nord, la gare d’Aiguebelle, en Maurienne, permet de rejoindre Chambéry puis Grenoble. Les horaires des bus d’altitude changent d’une saison à l’autre : vérifiez-les avant le départ et, si besoin, organisez un covoiturage ou un taxi pour les liaisons entre vallées. Chamrousse, desservie depuis Grenoble, est un point d’entrée pratique : notre article sur la station de Chamrousse présente la station et ses environs.
Comment gérer le ravitaillement et l’autonomie ?
Le ravitaillement est limité : il faut en général être autonome sur 24 à 48 heures entre deux points d’approvisionnement. Les stations et les villages de vallée permettent d’acheter pain, fromage, fruits et conserves en saison, et certains gîtes vendent des provisions aux randonneurs.
Une stratégie classique consiste à combiner demi-pensions dans les refuges gardés et vivres de course dans le sac : fruits secs, barres, fromage à pâte dure, et quelques repas lyophilisés avec un réchaud pour les nuits en bivouac ou en cabane non gardée. La liste de notre article sur les indispensables pour un trek en autonomie aide à préparer un sac léger mais complet.
Quelles précautions de sécurité prendre ?
La sécurité repose d’abord sur la météo : consultez le bulletin montagne de Météo-France la veille et le matin de chaque étape, et renoncez à un col si un orage est annoncé. Les crêtes et les zones rocheuses de Belledonne n’offrent pratiquement aucun abri en cas de dégradation brutale.
- Partez tôt le matin pour arriver à l’étape avant les orages de fin d’après-midi.
- Laissez votre itinéraire détaillé à un proche et au gardien du refuge suivant.
- En cas d’accident, appelez le 112 : en Isère, les secours en montagne sont assurés par le PGHM et la CRS montagne.
- Emportez une trousse de secours, une couverture de survie, une frontale et une batterie de secours.
Notre article sur les bons réflexes en cas d’orage en randonnée détaille la conduite à tenir si l’orage vous surprend sur un col.
À qui s’adresse le tour de Belledonne ?
La traversée de Belledonne s’adresse aux randonneurs expérimentés, en bonne condition physique, qui ont déjà enchaîné plusieurs jours de marche en montagne avec du dénivelé. Elle convient aux binômes autonomes comme aux petits groupes, éventuellement accompagnés d’un accompagnateur en montagne diplômé.
Elle est en revanche déconseillée aux débutants et aux jeunes enfants, en raison de la longueur des étapes, des pierriers et de l’éloignement des secours. Pour une première approche du massif, une randonnée à la journée autour de Chamrousse ou vers un lac d’altitude, comme ce lac méconnu à 30 minutes de Grenoble, permet de découvrir l’ambiance de la montagne iséroise avant de s’engager sur plusieurs jours.
Bien préparé, le tour de Belledonne offre une expérience rare dans les Alpes françaises : une vraie haute traversée, loin de la foule, à une heure de Grenoble. Réservez les refuges tôt, prévoyez une ou deux nuits confortables en vallée pour récupérer, et gardez toujours une marge pour la météo.
Questions fréquentes
Combien de jours faut-il pour faire le tour de Belledonne ?
Il faut compter entre 8 et 11 jours pour parcourir la traversée complète de Belledonne par le GR738, selon le découpage et la forme physique. Les randonneurs pressés peuvent n’en faire qu’une section de 3 à 4 jours, par exemple entre Chamrousse et les Sept Laux.
Le GR738 est-il difficile ?
Oui, le GR738 compte parmi les GR les plus exigeants des Alpes françaises. Il cumule plus de 10 000 m de dénivelé positif, de nombreux pierriers et des névés possibles jusqu’en juillet. Il demande une très bonne condition physique, le pied sûr et une expérience préalable de la randonnée en montagne sur plusieurs jours.
Quand partir en randonnée dans le massif de Belledonne ?
La meilleure période pour une traversée de Belledonne va de début juillet à mi-septembre, lorsque la plupart des refuges sont gardés et que les cols sont déneigés. En juin, des névés persistent souvent au-dessus de 2 000 m. Après la mi-septembre, les nuits deviennent froides et plusieurs refuges ferment.
Peut-on bivouaquer dans le massif de Belledonne ?
Le bivouac est généralement toléré dans le massif de Belledonne pour une nuit, du coucher au lever du soleil, à l’écart des routes et à proximité des refuges quand une zone est prévue. Les règles pouvant varier selon les communes et les secteurs, il est conseillé de les vérifier auprès des gardiens de refuge ou de l’office de tourisme.
Où dormir confortablement pendant le tour de Belledonne ?
Les nuits les plus confortables se passent dans les stations et les villages traversés, comme Chamrousse, Le Pleynet (Les 7 Laux) ou Le Collet d’Allevard, où l’on trouve gîtes, hôtels et chambres d’hôtes avec douche et linge fourni. En altitude, les refuges gardés offrent dortoirs, repas chauds et parfois un espace de séchage.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
