Oui, on peut randonner l’hiver en station de ski : la plupart des stations balisent des itinéraires raquettes et des sentiers piétons damés de quelques kilomètres, praticables en chaussures de randonnée. Il faut réduire distances et dénivelé, consulter le bulletin d’avalanche (BERA), rester sur les itinéraires balisés et, hors sentiers, partir avec un accompagnateur en montagne.
- Les sentiers piétons damés des stations font souvent 2 à 5 km et se parcourent en chaussures de randonnée montantes.
- Les itinéraires raquettes balisés sont conçus pour limiter l’exposition au risque d’avalanche, sans l’annuler totalement.
- Le bulletin d’estimation du risque d’avalanche (BERA) de Météo-France évalue le risque sur une échelle de 1 à 5.
- Marcher dans la neige est bien plus fatigant : il faut prévoir des sorties plus courtes et moins de dénivelé qu’en été.
- Les accompagnateurs en montagne diplômés d’État encadrent les sorties raquettes dans la plupart des stations.
Sommaire
- Peut-on randonner l’hiver en station de ski ?
- Quel équipement pour randonner dans la neige ?
- Randonner dans la neige est-il plus fatigant ?
- Quels sont les risques de la randonnée hivernale ?
- Faut-il partir avec un accompagnateur en montagne ?
- Quelles stations des Alpes choisir pour randonner l’hiver ?
- Comment préparer sa première randonnée hivernale en station ?
Vous n’aimez pas le ski, ou vous voulez simplement alterner les plaisirs pendant un séjour à la montagne ? Bonne nouvelle : on peut tout à fait randonner l’hiver en station de ski. Raquettes, sentiers piétons damés, balades en forêt enneigée : l’offre s’est beaucoup développée pour les non-skieurs.
La neige change toutefois les règles du jeu. Elle rend la progression plus lente et plus fatigante, et elle expose à un risque que le randonneur d’été ne connaît pas : l’avalanche. Ce guide de la rédaction explique comment pratiquer, quel équipement choisir, comment limiter les risques et quelles stations des Alpes privilégier.
Peut-on randonner l’hiver en station de ski ?
Oui, et presque toutes les stations le permettent. Si vous partez dans une station de ski des Alpes cet hiver, vous trouverez en général trois types d’itinéraires pour les marcheurs, présentés dans le tableau ci-dessous.
| Type d’itinéraire | Longueur habituelle | Équipement | Pour qui ? |
|---|---|---|---|
| Sentier piéton damé | 2 à 5 km | Chaussures de randonnée montantes | Tout public, familles |
| Itinéraire raquettes balisé | 3 à 10 km | Raquettes et bâtons | Marcheurs en bonne forme |
| Randonnée hors itinéraire | Variable | Raquettes, DVA, pelle, sonde | Pratiquants expérimentés ou encadrés |
Les sentiers damés et balisés sont indiqués sur les plans des pistes ou les cartes piétons disponibles à l’office de tourisme. Beaucoup de stations vendent aussi un forfait piéton, qui donne accès à certaines remontées pour rejoindre des itinéraires d’altitude.
Quel équipement pour randonner dans la neige ?
L’équipement dépend surtout de l’état de la neige. Sur un sentier damé, de simples chaussures de randonnée montantes et imperméables suffisent.
- Raquettes à neige : elles se fixent sur des chaussures montantes et répartissent le poids pour éviter de s’enfoncer dans la neige fraîche. Des bâtons avec rondelles larges sont indispensables.
- Microcrampons ou chaînes pour chaussures : quand la dernière chute de neige date de plusieurs jours, la neige tassée ou verglacée se parcourt plus facilement avec ces accessoires légers qu’avec des raquettes.
- Vêtements : système trois couches (sous-vêtement respirant, polaire ou doudoune, veste imperméable), gants, bonnet, lunettes de soleil et crème solaire, la réverbération de la neige étant forte.
- Dans le sac : boisson chaude, en-cas, couche chaude de rechange, lampe frontale (les jours sont courts) et téléphone chargé.
Pour bien débuter, nos guides sur la raquette à neige et sur la première sortie en raquettes détaillent la technique et le choix du matériel.
Randonner dans la neige est-il plus fatigant ?
Oui, nettement : marcher dans la neige demande beaucoup plus d’effort que sur un sentier sec, surtout en raquettes. Il ne faut donc pas espérer parcourir en hiver les mêmes distances ni les mêmes dénivelés qu’en été dans les Alpes.
Après une grosse chute de neige, il faut parfois « faire la trace », c’est-à-dire ouvrir soi-même le chemin, ce qui ralentit fortement la progression. Mieux vaut alors se relayer en tête du groupe. À l’inverse, la récompense est immédiate : forêts silencieuses, sommets sculptés par la neige et traces d’animaux rendent l’expérience très différente de la randonnée estivale.
En pratique, une sortie de 2 à 3 heures et quelques centaines de mètres de dénivelé constitue déjà une belle demi-journée en raquettes pour un marcheur moyen.
Quels sont les risques de la randonnée hivernale ?
Le principal risque spécifique est l’avalanche. Les chutes sont souvent amorties par la neige, mais une plaque qui se détache peut emporter un randonneur, même sur une pente modérée.
- Consulter la veille le bulletin d’estimation du risque d’avalanche (BERA) de Météo-France pour le massif concerné, qui évalue le risque sur une échelle de 1 à 5.
- Rester sur les itinéraires balisés, conçus pour éviter les zones les plus exposées ; ils ne sont pas pour autant sécurisés comme une piste de ski.
- Éviter les pentes raides et non boisées, privilégier les sorties en forêt et sur les plateaux.
- Hors itinéraire, porter un détecteur de victimes d’avalanche (DVA), une pelle et une sonde, et savoir s’en servir.
- Ne pas marcher sur les pistes de ski ouvertes, sauf itinéraire dédié autorisé par la station.
- Prévenir un proche de son itinéraire et de l’heure de retour prévue. En cas d’accident, composer le 112 : les secours en montagne (PGHM ou CRS) interviennent.
Le froid, le vent et la tombée de la nuit, dès 17 heures en plein hiver, sont les autres dangers à anticiper. Notre article sur la planification d’une randonnée en hiver donne une liste de vérification complète.
Faut-il partir avec un accompagnateur en montagne ?
Ce n’est pas obligatoire sur les itinéraires balisés, mais c’est fortement conseillé pour sortir des sentiers ou découvrir un secteur inconnu. L’accompagnateur en montagne est un professionnel diplômé d’État, habilité à encadrer la randonnée et la raquette en moyenne montagne.
Il connaît la neige, ses dangers et la topographie locale, choisit l’itinéraire en fonction du bulletin d’avalanche et sait où observer chamois, bouquetins ou traces de lièvres variables. La plupart des stations proposent des sorties encadrées à la demi-journée, à la journée ou en soirée, souvent réservables à l’office de tourisme ou au bureau des accompagnateurs.
Quelles stations des Alpes choisir pour randonner l’hiver ?

En règle générale, les villages de moyenne altitude conviennent le mieux à la randonnée hivernale. En dessous de 1 000 m environ, l’enneigement est souvent insuffisant ; au-dessus de 1 800 à 2 000 m, la forêt se raréfie et l’exposition aux avalanches augmente. Voici quelques stations qui proposent de nombreux itinéraires balisés pour les marcheurs et les raquettistes :
- Valloire, village de Savoie situé sur la route du col du Galibier, offre environ 150 km de pistes de ski alpin avec Valmeinier et des itinéraires raquettes face aux Aiguilles d’Arves. Un petit domaine de ski de fond comprend aussi des sentiers damés pour les piétons.
- Savoie Grand Revard, dans le massif des Bauges, regroupe notamment La Féclaz et Le Revard. Ce grand plateau nordique, vers 1 400 m, compte de nombreux sentiers damés et itinéraires raquettes, avec un balcon sur le lac du Bourget.
- Praz de Lys-Sommand, en Haute-Savoie, est un plateau d’altitude aux nombreux itinéraires raquettes, avec une belle vue sur le massif du Mont-Blanc.
- Le Vercors se prête particulièrement à la randonnée hivernale : la Grande Traversée du Vercors permet de parcourir le plateau sur plusieurs jours, et les stations comme Autrans-Méaudre ou Villard-de-Lans proposent de courtes boucles entre alpages et forêts.
D’autres idées sont réunies dans nos articles sur la randonnée hivernale dans les Alpes et sur Besse-en-Oisans, paradis des raquettistes.
Comment préparer sa première randonnée hivernale en station ?
- Se procurer le plan des itinéraires piétons et raquettes à l’office de tourisme.
- Consulter la météo montagne et le BERA la veille au soir.
- Choisir un itinéraire court (2 à 3 heures) et bien balisé pour la première sortie.
- Louer raquettes et bâtons en magasin de sport si l’on n’en possède pas.
- Partir en fin de matinée pour profiter du soleil et rentrer bien avant la nuit.
Avec ces précautions, la station de ski devient un terrain de randonnée à part entière, accessible à toute la famille, skieurs ou non.
Questions fréquentes
Peut-on randonner en station de ski sans skier ?
Oui. La plupart des stations de ski proposent des sentiers piétons damés et des itinéraires raquettes balisés, gratuits ou accessibles avec un forfait piéton pour les remontées mécaniques. Les offices de tourisme fournissent des plans de ces itinéraires. C’est une bonne solution pour les non-skieurs d’un groupe.
Faut-il des raquettes pour marcher dans la neige ?
Les raquettes sont utiles dans la neige fraîche ou profonde, pour ne pas trop s’enfoncer. Sur un sentier damé ou une neige tassée plusieurs jours après une chute, des chaussures de randonnée montantes suffisent, éventuellement avec des microcrampons ou des chaînes pour chaussures sur les passages verglacés.
Peut-on marcher sur les pistes de ski ?
En général non pendant les heures d’ouverture : les pistes sont réservées aux skieurs pour des raisons de sécurité, et le piéton y est exposé aux collisions. Certaines stations autorisent la montée à ski de randonnée ou à pied sur des itinéraires dédiés et à des horaires précis. Les règles sont fixées par arrêté municipal : renseignez-vous auprès de l’office de tourisme.
Comment savoir s’il y a un risque d’avalanche ?
Il faut consulter la veille le bulletin d’estimation du risque d’avalanche (BERA) publié par Météo-France pour chaque massif, qui évalue le risque de 1 (faible) à 5 (très fort). Même par risque 2 ou 3, les pentes raides non boisées restent dangereuses. En hors-piste, le trio détecteur de victimes d’avalanche, pelle et sonde est indispensable.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
