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Trekking dans l’Himalaya : Mustang, Zanskar, Bhoutan et Baltoro hors des sentiers battus

Trekking dans l’Himalaya : Mustang, Zanskar, Bhoutan et Baltoro hors des sentiers battus
En bref

Pour un trek insolite dans l’Himalaya, quatre régions se distinguent : le Haut-Mustang au Népal (permis spécial, 10 à 14 jours), le Zanskar au Ladakh indien et son trek hivernal du Chadar sur la rivière gelée, le Bhoutan (Druk Path, Jomolhari) accessible via une agence agréée, et le glacier du Baltoro au Pakistan, face au K2 (8 611 m), réservé aux trekkeurs expérimentés.

À retenir
  • L’Himalaya s’étend sur environ 2 400 km, du Pakistan à l’est de l’Inde, en passant par le Népal, le Tibet et le Bhoutan.
  • Le Haut-Mustang, ancien royaume de Lo, n’est ouvert aux étrangers que depuis 1992 et exige un permis spécial et un guide.
  • Le trek du Chadar se déroule en janvier-février sur la rivière Zanskar gelée, par des températures pouvant descendre bien sous -20 °C.
  • Au Bhoutan, tout voyage passe par un opérateur agréé et une taxe de développement durable facturée par nuit.
  • Le trek du Baltoro jusqu’à Concordia, au Pakistan, se situe dans le Karakoram, qui compte quatre des cinq sommets de plus de 8 000 m du pays.
Sommaire
  1. Quelles régions choisir pour un trek insolite dans l’Himalaya ?
  2. Le Haut-Mustang, l’ancien royaume interdit du Népal
  3. Le Zanskar et le trek du Chadar sur la rivière gelée
  4. Le Bhoutan, trekking au pays du bonheur national brut
  5. Le Baltoro au Pakistan, au pied des géants du Karakoram
  6. Comment préparer un trek hors des sentiers battus en Himalaya ?

L’Himalaya est la plus haute chaîne de montagnes du monde : elle s’étire sur environ 2 400 km, du Pakistan à l’Arunachal Pradesh indien, et concentre la plupart des sommets de plus de 8 000 m. Pour les trekkeurs, elle évoque surtout les grands classiques népalais, comme le camp de base de l’Everest ou le tour des Annapurnas, très fréquentés en haute saison.

Il existe pourtant des régions plus confidentielles, où l’on marche plusieurs jours sans croiser d’autres groupes, au contact de cultures bouddhistes préservées. Cet article de la rédaction présente quatre destinations insolites de l’Himalaya et du Karakoram voisin, avec pour chacune la saison, la durée, le niveau et les formalités à prévoir.

Quelles régions choisir pour un trek insolite dans l’Himalaya ?

Quatre régions sortent des itinéraires habituels : le Haut-Mustang au Népal, le Zanskar en Inde, le Bhoutan et le massif du Baltoro au Pakistan. Elles se distinguent par leur isolement, leurs formalités d’accès et des conditions souvent plus rudes que les treks classiques.

RégionPaysTrek emblématiqueDurée indicativeMeilleure périodeNiveau
Haut-MustangNépalJomsom – Lo Manthang10 à 14 joursMai à octobreMoyen à soutenu
ZanskarInde (Ladakh)Chadar (hiver) ou traversée Lamayuru – Padum (été)7 à 15 joursJanvier-février (Chadar), juillet-septembre (été)Difficile
BhoutanBhoutanDruk Path, Jomolhari5 à 10 joursMars-mai, octobre-novembreMoyen à difficile
BaltoroPakistanSkardu – Concordia (camp de base du K2)15 à 20 joursJuin à aoûtTrès difficile

Tous ces treks franchissent des cols ou des vallées au-dessus de 3 500 m. Avant de partir, lisez nos conseils pour s’acclimater en randonnée en altitude.

Le Haut-Mustang, l’ancien royaume interdit du Népal

Le Haut-Mustang est une région du nord du Népal, adossée au plateau tibétain, qui correspond à l’ancien royaume de Lo. Sa monarchie a conservé un statut particulier jusqu’en 2008, date de l’abolition de la royauté au Népal. Surnommé le « royaume interdit », le Haut-Mustang n’est ouvert aux étrangers que depuis 1992.

Voici ce qui vous attend dans cette région :

Vidéo : Trekking dans l’Himalaya : Mustang, Zanskar, Bhoutan et Baltoro hors des sentiers battus

Situé dans l’ombre pluviométrique des Annapurnas et du Dhaulagiri, le Mustang offre un paysage aride de canyons ocre, de falaises criblées de grottes troglodytiques, de chörtens et de monastères. Le trek part généralement de Jomsom (accessible en avion depuis Pokhara) et remonte la vallée de la Kali Gandaki jusqu’à Lo Manthang, cité fortifiée à environ 3 800 m qui abrite l’ancien palais royal et des temples aux fresques remarquables.

  • Permis : un permis spécial de zone réglementée est obligatoire, avec un tarif élevé pour les dix premiers jours (de l’ordre de 500 dollars US), en plus du permis de l’aire de conservation des Annapurnas. Tarifs à vérifier auprès d’une agence népalaise.
  • Encadrement : le trek se fait obligatoirement avec un guide licencié, via une agence enregistrée.
  • Saison : grâce à sa faible pluviosité, le Mustang se parcourt aussi pendant la mousson (juin à août), contrairement au reste du Népal. Le festival du Tiji, au printemps, attire de nombreux visiteurs à Lo Manthang.

Pour d’autres idées au Népal, consultez notre sélection des meilleurs sentiers de randonnée au Népal.

Le Zanskar et le trek du Chadar sur la rivière gelée

Le Zanskar est une haute vallée isolée située au sud-ouest de Leh, dans le territoire indien du Ladakh (il dépendait de l’État du Jammu-et-Cachemire jusqu’à la réorganisation de 2019). Des communautés bouddhistes y vivent autour de monastères spectaculaires comme Phugtal, accroché à une falaise, ou Karsha, près de Padum.

Le Zanskar est célèbre pour le trek du Chadar, qui consiste à marcher en hiver sur la rivière Zanskar gelée, seule voie de communication traditionnelle quand les cols sont fermés par la neige. « Chadar » signifie « couverture » ou « drap » en hindi, en référence à la couche de glace. Le trek se pratique de mi-janvier à fin février et dure environ une semaine sur la glace, plus les jours d’acclimatation à Leh (environ 3 500 m).

Les conditions sont extrêmes : températures pouvant descendre bien sous -20 °C la nuit, glace instable, passages sur les berges rocheuses, risque de chutes de pierres. L’épaisseur de la glace varie d’une année à l’autre et les autorités locales encadrent strictement le trek (inscription, contrôle médical, assurance). En été, de juillet à septembre, le Zanskar se parcourt aussi à pied, par exemple entre Lamayuru et Padum, en franchissant plusieurs cols au-dessus de 4 500 m.

Si l’Inde vous attire, notre article sur les meilleurs treks en solo en Inde propose d’autres itinéraires.

Le Bhoutan, trekking au pays du bonheur national brut

Le Bhoutan est un petit royaume himalayen enclavé entre l’Inde et la Chine. Il est connu pour son indice de « bonheur national brut », qui prend en compte la préservation de l’environnement, la culture et la bonne gouvernance à côté de la croissance économique. Plus de la moitié de son territoire est couverte de forêts, et la Constitution impose d’en préserver au moins 60 %.

Le Bhoutan pratique un tourisme à forte valeur ajoutée et faible volume : les voyageurs étrangers réservent via un opérateur agréé et paient une taxe de développement durable par nuit, dont le montant a changé plusieurs fois depuis 2022 et doit être vérifié avant de réserver.

La montée au monastère de Taktsang, le « nid du tigre », accroché à une falaise à environ 900 m au-dessus de la vallée de Paro (vers 3 100 m d’altitude), est une randonnée d’une journée incontournable. Pour un vrai trek, les itinéraires les plus connus sont :

  • Le Druk Path (5 à 6 jours) entre Paro et Thimphou, par des lacs d’altitude et des forêts de rhododendrons, accessible à un bon marcheur.
  • Le trek du Jomolhari (7 à 9 jours), jusqu’au camp de base du Jomolhari (7 326 m), plus engagé.
  • Le Snowman Trek (plus de 20 jours), souvent présenté comme l’un des treks les plus difficiles au monde, avec de nombreux cols au-dessus de 4 500 m.

Pour découvrir le pays au-delà du trekking, lisez notre article sur les plus beaux endroits à visiter au Bhoutan.

Le Baltoro au Pakistan, au pied des géants du Karakoram

Le Pakistan compte cinq sommets de plus de 8 000 m : le K2 (8 611 m), deuxième sommet du monde, le Nanga Parbat (8 126 m), le Gasherbrum I, le Broad Peak et le Gasherbrum II. Précision géographique : seul le Nanga Parbat appartient à l’Himalaya au sens strict ; les quatre autres se trouvent dans le Karakoram, chaîne voisine souvent associée à l’Himalaya.

Le trek le plus réputé du pays remonte le glacier du Baltoro, long d’environ 60 km, jusqu’à Concordia, confluence glaciaire vers 4 600 m d’où l’on voit le K2, le Broad Peak et les Gasherbrum. Le départ se fait depuis Skardu, puis Askole, et l’aller-retour demande en général deux à trois semaines. Certains prolongent jusqu’au camp de base du K2 ou franchissent le col du Gondogoro La, technique.

Ce trek s’adresse à des marcheurs très expérimentés : marche sur moraine instable, altitude élevée pendant plusieurs jours, isolement total. Il se fait avec une agence locale, un guide et des porteurs, de juin à août. Avant de réserver, consultez les conseils aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères, qui évoluent selon la situation sécuritaire des régions.

Comment préparer un trek hors des sentiers battus en Himalaya ?

Un trek insolite en Himalaya se prépare plusieurs mois à l’avance, car il cumule altitude, isolement et formalités spécifiques. Les points essentiels :

  1. Vérifier les formalités : visa, permis de trek ou de zone réglementée, obligation de guide ou d’agence.
  2. Souscrire une assurance couvrant le trekking en altitude et le rapatriement par hélicoptère.
  3. Consulter un médecin avant le départ, notamment pour évaluer l’aptitude à l’altitude et la trousse de secours.
  4. Prévoir l’acclimatation : ne pas augmenter l’altitude de couchage de plus de 300 à 500 m par jour au-delà de 3 000 m, et programmer des jours de repos.
  5. S’entraîner plusieurs mois avec des sorties à fort dénivelé et sac chargé.
  6. Respecter les cultures locales : contourner les chörtens et murs de prières par la gauche, demander avant de photographier, rémunérer équitablement guides et porteurs.

Le Haut-Mustang et le Bhoutan conviennent à un trekkeur en bonne forme qui a déjà marché en altitude, tandis que le Chadar et le Baltoro relèvent de l’expédition. Quelle que soit la destination, la réussite tient moins à la performance qu’à une acclimatation patiente et à un encadrement local fiable.

Questions fréquentes

Quel est le trek le moins fréquenté de l’Himalaya népalais ?

Parmi les treks réputés, le Haut-Mustang reste peu fréquenté en raison du coût de son permis spécial et de l’obligation de partir avec un guide. D’autres régions comme le Dolpo ou le Manaslu offrent aussi une fréquentation bien moindre que l’Everest ou les Annapurnas. Les conditions d’accès se vérifient auprès du Nepal Tourism Board ou d’une agence locale.

Quand faire le trek du Chadar au Zanskar ?

Le Chadar se pratique en plein hiver, généralement de mi-janvier à fin février, quand la rivière Zanskar est suffisamment gelée. La glace varie d’une année à l’autre et le trek peut être modifié ou annulé. Il exige un équipement grand froid et une acclimatation à Leh, à environ 3 500 m d’altitude.

Peut-on faire un trek au Bhoutan sans agence ?

Non, les visiteurs étrangers (hors ressortissants indiens, bangladais et maldiviens) doivent réserver leur séjour via un opérateur agréé et s’acquitter d’une taxe de développement durable par nuit. Le montant a été modifié plusieurs fois ces dernières années : il se vérifie sur le site officiel du tourisme bhoutanais avant de réserver.

Le trek du Baltoro est-il difficile ?

Oui, le trek jusqu’à Concordia, au pied du K2, dure en général deux à trois semaines aller-retour depuis Skardu et se déroule en grande partie sur un glacier couvert de moraines, au-dessus de 4 000 m. Il demande une excellente condition physique, une bonne acclimatation et une expédition organisée avec porteurs.

Faut-il craindre le mal aigu des montagnes en Himalaya ?

Oui, la plupart des treks himalayens dépassent 3 500 à 4 000 m, altitude à laquelle le mal aigu des montagnes est fréquent. Une montée progressive, des jours d’acclimatation et une descente immédiate en cas de symptômes graves sont indispensables. Un avis médical avant le départ est recommandé.

Sources et liens utiles

Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.