Les cinq problèmes embarrassants les plus courants en randonnée sont les odeurs de transpiration, les frottements cutanés, les troubles digestifs, la difficulté à suivre le groupe et le sac de couchage malodorant. Ils se préviennent surtout par des vêtements en mérinos ou synthétiques, une crème antifrottement, le traitement de l’eau et l’hygiène des mains, un rythme fixé par le plus lent et un drap de sac lavable.
- Le coton retient l’humidité : la laine mérinos et les fibres synthétiques limitent odeurs et frottements.
- Une crème antifrottement appliquée avant de partir et des vêtements à coutures plates préviennent la plupart des irritations entre les cuisses et sous les bras.
- L’eau des sources et torrents doit être traitée : un filtre arrête bactéries et protozoaires, mais seuls les pastilles, l’ébullition ou certains purificateurs agissent aussi sur les virus.
- En cas de diarrhée, la priorité est la réhydratation avec des sels de réhydratation orale ; un antidiarrhéique se prend sur conseil d’un pharmacien ou d’un médecin.
- Un drap de sac lavable et une tenue réservée à la nuit protègent le sac de couchage, qui ne se lave qu’en suivant les consignes du fabricant.
Sommaire
Derrière les photos de bivouac sous les étoiles se cache une réalité moins glamour : odeurs de transpiration, frottements douloureux, troubles digestifs ou peur de ralentir le groupe. Ces désagréments touchent un grand nombre de randonneurs, débutants comme confirmés, mais on en parle rarement.
Ce silence a un coût : faute de conseils, beaucoup subissent des problèmes que des solutions simples permettent d’éviter. La rédaction a rassemblé les cinq situations les plus fréquentes, leurs causes et les gestes pratiques pour les prévenir ou les traiter sur le sentier.
Ces conseils concernent surtout les randonnées à la journée et les itinérances de plusieurs jours en refuge ou en bivouac. Pour tout problème de santé qui persiste, demandez l’avis d’un pharmacien ou de votre médecin.
Comment éviter les odeurs de sueur en randonnée ?

La meilleure façon d’éviter les odeurs de sueur est de porter des vêtements qui évacuent l’humidité, comme la laine mérinos ou les fibres synthétiques, et de les faire sécher dès que possible. Les odeurs viennent surtout des bactéries qui se développent dans la transpiration retenue par les textiles.
Pourquoi le coton est-il à éviter ?
Le coton absorbe l’eau et sèche lentement : il reste humide contre la peau, favorise les odeurs tenaces et refroidit le corps à la pause. Le problème s’aggrave sur les itinérances longues, où les occasions de laver ses vêtements se font rares. La gêne peut aussi être sociale, au point que certains randonneurs s’isolent au refuge ou au bivouac.
Quelles solutions pratiques ?
- Textiles techniques : la laine mérinos limite naturellement les odeurs et se porte plusieurs jours ; notre article sur les vêtements en laine mérinos pour la montagne détaille ses avantages.
- Poudre absorbante : un peu de fécule de maïs sur les pieds et dans les plis cutanés absorbe l’humidité avant qu’elle ne pose problème.
- Séchage au soleil : étendre tee-shirt et chaussettes pendant les pauses aide à les sécher et à les rafraîchir.
- Toilette légère : un gant, quelques gouttes de savon biodégradable et de l’eau, loin des cours d’eau, suffisent à une toilette quotidienne.
| Durée de sortie | Stratégie | Matériel utile |
|---|---|---|
| 1 à 2 jours | Vêtements techniques, toilette rapide | Lingettes biodégradables, drap de sac |
| 3 à 5 jours | Une tenue de marche, une tenue du soir, séchage au soleil | Laine mérinos, savon biodégradable |
| Plus de 7 jours | Lavage programmé, rotation des vêtements | Lessive concentrée, corde à linge légère |
| Grande itinérance | Étapes en refuge ou gîte avec douche | Vêtements séparés pour le jour et la nuit |
Comment prévenir les frottements et irritations ?

Les frottements se préviennent en portant des vêtements à coutures plates, bien ajustés, et en appliquant une crème antifrottement avant de partir sur les zones sensibles. Les irritations, parfois appelées « chafing », apparaissent surtout entre les cuisses, sous les bras, sous les bretelles du sac et au niveau des pieds.
Comment se forment-ils ?
La combinaison d’humidité, de mouvement répété et d’un textile rugueux use peu à peu la surface de la peau. Sans réaction, l’échauffement peut évoluer vers une plaie à vif. La douleur pousse alors à modifier sa foulée, ce qui fatigue davantage et peut provoquer d’autres douleurs.
Quel équipement choisir ?
Les vêtements à coutures plates suppriment la plupart des points de friction. Un short de trail avec cuissard intégré ou un collant court protège efficacement l’intérieur des cuisses. Les crèmes antifrottement, comme celles utilisées par les coureurs, forment une barrière durable ; appliquez-les le matin et renouvelez-les pendant les longues journées. Réglez aussi correctement la ceinture et les bretelles du sac.
Que faire si l’irritation est là ?
Nettoyez d’abord la zone avec de l’eau propre ou une lingette douce, puis séchez-la bien. Une crème apaisante ou à l’oxyde de zinc, conseillée par votre pharmacien, protège la peau abîmée. Changez de sous-vêtement si possible et surveillez l’apparition de signes d’infection (rougeur qui s’étend, chaleur, pus).
Comment éviter les troubles digestifs en randonnée ?

Les troubles digestifs en randonnée viennent le plus souvent d’une eau non traitée ou d’une hygiène des mains insuffisante. Traiter systématiquement l’eau prélevée en nature et se laver les mains avant de manger évite la majorité des cas.
Quels sont les facteurs de risque ?
Même une source limpide peut contenir des bactéries ou des parasites, notamment dans les zones de pâturage. Les mains, rarement lavées sur le sentier, transmettent aussi des germes, en particulier quand on partage un paquet de fruits secs ou un saucisson. Un changement brutal d’alimentation, avec beaucoup de sucres et d’aliments lyophilisés, peut également perturber la digestion.
Comment traiter l’eau ?
Les gourdes et pailles filtrantes arrêtent les bactéries et les protozoaires, mais la plupart ne retiennent pas les virus. Les pastilles de purification, l’ébullition ou les purificateurs à UV agissent aussi sur les virus. Pour savoir combien d’eau emporter et comment la porter, voyez notre article sur le transport de l’eau en randonnée. Côté hygiène, un petit flacon de gel hydroalcoolique suffit avant les repas, et les besoins naturels se gèrent loin des points d’eau, comme l’explique notre guide pour faire pipi dans la nature quand on est une femme.
Que faire en cas de diarrhée ?
La priorité est la réhydratation : buvez régulièrement et utilisez des sachets de sels de réhydratation orale, car la déshydratation est plus rapide à l’effort, au soleil et en altitude. Réduisez l’allure ou écourtez la sortie. Un antidiarrhéique ne se prend que sur conseil d’un pharmacien ou d’un médecin ; consultez sans attendre en cas de fièvre, de sang dans les selles ou de symptômes qui persistent.
| Rôle | Produit | Usage |
|---|---|---|
| Prévention | Filtre, pastilles purifiantes | Traitement de toute eau prélevée en nature |
| Hygiène | Gel hydroalcoolique | Mains avant chaque repas et après les besoins |
| Réhydratation | Sels de réhydratation orale | Compenser les pertes d’eau et de sels minéraux |
| Traitement | Médicament conseillé par un pharmacien | À prévoir dans la trousse de secours avant le départ |
Que faire quand on se sent à la traîne du groupe ?

Quand on se sent à la traîne, la bonne réponse n’est pas d’accélérer mais de convenir d’un rythme commun, calé sur le marcheur le plus lent. Forcer son allure pour ne pas ralentir les autres épuise vite et augmente le risque de chute.
Pourquoi l’écart se creuse-t-il ?
Les micro-arrêts répétés, pour retirer un caillou de sa chaussure, sortir une barre ou ajuster un vêtement, créent un décalage progressif. Pour le rattraper, on se précipite, on fait moins attention à ses appuis et l’anxiété grandit.
Comment limiter les arrêts ?
Des guêtres basses empêchent la plupart des cailloux et débris d’entrer dans les chaussures. Les poches de ceinture du sac ou une banane gardent à portée de main barres, téléphone, crème solaire et carte, sans retirer le sac. Réglez ses vêtements avant le départ et profitez des pauses collectives pour les ajustements.
Comment organiser le groupe ?
Fixez ensemble un rythme au départ et placez le marcheur le plus lent en tête ou juste derrière le meneur. Prévoyez des points de regroupement aux intersections et des pauses régulières. Changer de meneur au fil de la journée permet à chacun de marcher un moment à son allure. Ces principes valent aussi pour les groupes aux âges variés, comme le rappelle notre article sur la randonnée à son rythme pour les seniors.
Comment éviter un sac de couchage malodorant ?

Un sac de couchage reste propre plus longtemps si l’on dort dans un drap de sac lavable et dans une tenue réservée à la nuit. La transpiration, le sébum et l’humidité s’accumulent dans l’isolant, en duvet comme en synthétique, et finissent par réduire son gonflant et donc sa chaleur.
Quels gestes au quotidien ?
- Drap de sac : en soie, coton ou synthétique, il protège l’isolant et se lave facilement.
- Tenue de nuit : des vêtements propres et secs, jamais portés pour marcher.
- Aération : retournez et aérez le sac chaque matin, à l’ombre ou au soleil doux, avant de le ranger.
- Stockage : chez soi, rangez-le à plat ou dans un grand sac de stockage, jamais comprimé.
Comment le laver ?
Suivez toujours les consignes du fabricant. Un sac en duvet se lave avec une lessive spéciale duvet en cycle délicat, puis se sèche longuement au sèche-linge à basse température avec deux ou trois balles de tennis, qui aident à redonner du gonflant. Un sac synthétique supporte une lessive douce. Notre guide pour entretenir votre sac de couchage détaille chaque étape.
| Type d’isolant | Lavage | Cycle | Séchage |
|---|---|---|---|
| Duvet | Lessive spéciale duvet | Délicat, essorage léger | Sèche-linge basse température avec balles de tennis |
| Synthétique | Lessive douce | 30 à 40 °C selon l’étiquette | À l’air libre ou sèche-linge doux |
| Tous types | Jamais d’adoucissant | Rinçage soigné | Séchage complet avant rangement |
À retenir
La plupart de ces désagréments se règlent avant le départ : des vêtements techniques sans coton, une crème antifrottement, un moyen de traiter l’eau, un petit kit d’hygiène et un drap de sac. Sur le sentier, un rythme adapté au plus lent et des pauses régulières font le reste. Et si un problème de santé persiste, demandez l’avis d’un professionnel plutôt que de continuer à forcer.
Questions fréquentes
Comment ne pas sentir mauvais en randonnée de plusieurs jours ?
Portez de la laine mérinos ou des textiles synthétiques techniques plutôt que du coton, et gardez une tenue propre pour le soir. Faites sécher et aérer vos vêtements au soleil pendant les pauses, et faites une toilette rapide chaque jour avec un gant ou des lingettes. Sur les longues itinérances, prévoyez un petit lavage à la main tous les deux ou trois jours.
Comment éviter les frottements entre les cuisses en randonnée ?
Portez un short ou un collant long à coutures plates, ou un short de trail avec cuissard intégré. Appliquez une crème antifrottement ou un baume avant de partir sur les zones à risque, et renouvelez-la lors des longues journées. Dès qu’une zone chauffe, faites une pause pour nettoyer et protéger la peau.
Peut-on boire l’eau d’un torrent en montagne ?
Il est déconseillé de boire l’eau d’un torrent ou d’une source sans la traiter, même si elle paraît limpide : elle peut contenir des bactéries ou des parasites liés aux troupeaux et à la faune. Utilisez un filtre, des pastilles de purification ou faites bouillir l’eau. Les points d’eau des refuges indiquent en général si l’eau est potable.
Que faire en cas de diarrhée pendant une randonnée ?
Buvez régulièrement et utilisez des sels de réhydratation orale pour compenser les pertes. Réduisez l’effort, voire écourtez la sortie. Demandez conseil à un pharmacien avant de prendre un antidiarrhéique, et consultez un médecin en cas de fièvre, de sang dans les selles ou de symptômes qui durent plus de deux jours.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
