Randonnée MontagneLe magazine de la randonnée en montagne
Trekking

Comment faire pipi dans la nature quand on est une femme : positions et accessoires

Comment faire pipi dans la nature quand on est une femme : positions et accessoires
En bref

Pour faire pipi dans la nature quand on est une femme, on choisit un endroit plat et abrité, à une soixantaine de mètres des sources, des ruisseaux et du sentier, puis on s’accroupit dos à la pente et au vent. Un urinoir féminin (Shewee, pStyle, GoGirl…) permet de rester debout. Le papier toilette ne s’enterre pas : on le remporte dans un sachet fermé.

À retenir
  • La position accroupie, pieds écartés, dos à la pente et au vent, reste la plus simple et la plus sûre pour éviter les éclaboussures.
  • Les urinoirs féminins portables en silicone ou en plastique rigide coûtent généralement entre 10 et 30 € et permettent d’uriner debout sans baisser entièrement le pantalon.
  • Les principes « Sans trace » recommandent de s’éloigner d’environ 60 m des points d’eau, des sentiers et des campements.
  • Le papier toilette et les lingettes, même dites biodégradables, se décomposent lentement : ils doivent être remportés dans un sachet hermétique.
  • Boire moins pour éviter les pauses est une mauvaise idée : la déshydratation augmente la fatigue et le risque de mal-être en montagne.
Sommaire
  1. Pourquoi est-ce plus compliqué pour les femmes ?
  2. Quelles sont les meilleures positions pour faire pipi dehors ?
  3. Quels accessoires utiliser pour faire pipi en randonnée ?
  4. Comment choisir le bon endroit ?
  5. Quels vêtements facilitent les pauses ?
  6. Faut-il boire moins pour éviter les pauses ?
  7. Comment gérer ses règles en randonnée ?
  8. Et en refuge ou en bivouac ?
  9. Ce qu’il faut retenir

Faire pipi en pleine nature est un geste banal pour un homme, mais un vrai casse-tête pour beaucoup de randonneuses : il faut trouver un coin à l’abri des regards, garder l’équilibre sur un terrain en pente, éviter de mouiller ses chaussures et gérer le papier sans laisser de trace. Au point que certaines finissent par moins boire pour espacer les pauses, ce qui est une mauvaise idée en montagne.

Avec quelques techniques simples et, si on le souhaite, un accessoire léger, la question se règle pourtant en une minute. Ce guide pratique de la rédaction présente les meilleures positions, les urinoirs féminins, le choix de l’endroit, la gestion du papier et des règles, ainsi que les bons gestes pour respecter l’environnement.

Pourquoi est-ce plus compliqué pour les femmes ?

Randonneuse marchant seule sur un sentier de montagne entouré de prairies

Pour une femme, uriner dehors demande de baisser le pantalon et de s’accroupir, donc de trouver un endroit à la fois discret, stable et suffisamment plat. Sur un sentier en crête, dans un pierrier ou en pleine prairie d’alpage sans arbre ni buisson, ce n’est pas toujours simple.

À cela s’ajoutent l’hygiène, sans eau courante ni toilettes, la gestion du papier et, parfois, celle des règles. Le vent, le froid et la pluie compliquent encore la pause. Enfin, sur les itinéraires fréquentés comme le Tour du Mont-Blanc ou le GR20, l’intimité est rare en pleine saison.

Ces contraintes sont réelles, mais elles n’ont rien d’insurmontable. La clé est d’anticiper : choisir ses vêtements, emporter le bon petit matériel et profiter des toilettes des refuges, des gîtes et des parkings chaque fois qu’elles se présentent.

Quelles sont les meilleures positions pour faire pipi dehors ?

Sentier de randonnée bordé d’arbres et de buissons offrant un coin abrité

La position accroupie reste la plus simple et la plus sûre. La position debout, avec ou sans accessoire, est une alternative utile sur sol détrempé, par grand froid ou lorsque l’on ne veut pas se découvrir.

La position accroupie

Choisissez un sol plat et stable, écartez les pieds à largeur d’épaules ou un peu plus, baissez le pantalon jusqu’aux genoux et fléchissez les jambes. Pour soulager les cuisses et garder l’équilibre, prenez appui d’une main sur un rocher, un arbre ou vos bâtons de marche plantés devant vous.

  • Dos à la pente : le liquide s’écoule vers l’aval, loin de vos chaussures.
  • Dos au vent : pour éviter les projections.
  • Sol absorbant : herbe, terre ou gravier plutôt qu’une dalle lisse sur laquelle tout ruisselle.
  • Pantalon bien tenu : ramené vers l’avant, entre les genoux, pour qu’il reste au sec.

La position debout sans accessoire

Certaines randonneuses urinent debout sans matériel : pieds écartés, pantalon légèrement baissé, en tendant la peau avec les doigts pour orienter le jet vers l’avant. La technique demande de la pratique et le risque d’éclaboussures est élevé au début. Elle peut dépanner sur un sol très boueux ou enneigé, où s’accroupir est peu agréable.

La position debout avec un urinoir féminin

L’urinoir féminin est la solution la plus confortable pour rester debout. On le place contre soi, on ouvre simplement la braguette ou on baisse légèrement le pantalon, et le jet est dirigé vers l’avant, comme pour un homme. C’est particulièrement pratique en hiver, sous la pluie, sur un itinéraire très fréquenté ou la nuit hors de la tente.

Quels accessoires utiliser pour faire pipi en randonnée ?

Petit matériel d’hygiène pour la randonnée : urinoir féminin, sachet hermétique et gel hydroalcoolique

Un urinoir féminin, un sachet hermétique pour le papier et un gel hydroalcoolique suffisent à couvrir la plupart des situations. Le tout pèse moins de 100 grammes.

AccessoireUsageAvantagesLimites
Urinoir féminin (Shewee, pStyle, GoGirl, Freshette…)Uriner deboutRapide, discret, utile par froid ou pluieS’entraîner avant, rincer et ranger après usage
Tissu réutilisable dédiéS’essuyer sans papierPas de déchet, antibactérien selon les modèlesÀ laver régulièrement
Papier toilette + sachet hermétiqueS’essuyerSimple et familierÀ remporter systématiquement
Gel hydroalcooliqueSe laver les mainsLéger, sans eauNe remplace pas un lavage à l’eau et au savon
Jupe de randonnée ou paréoSe protéger des regardsPause plus discrèteMoins pratique par vent fort

Les urinoirs féminins portables

Les urinoirs féminins sont de petits entonnoirs en silicone souple ou en plastique rigide, prolongés par un bec. Les plus connus sont le Shewee, le pStyle, le GoGirl et le Freshette. Ils coûtent généralement entre 10 et 30 € et se rangent dans une poche ou un étui. Il est conseillé de s’entraîner à la maison, sous la douche, avant de l’utiliser en randonnée : l’angle et l’appui contre le corps demandent un petit temps d’adaptation.

Après usage, secouez-le, rincez-le avec un peu d’eau si possible et rangez-le dans son étui ou un sachet fermé. Lavez-le à l’eau et au savon au retour.

Papier, lingettes et tissu réutilisable

Le papier toilette et les lingettes, même vendues comme biodégradables, mettent des mois à se dégrader dans la nature, et encore plus en altitude où le froid ralentit la décomposition. La règle est simple : tout se remporte, dans un sachet opaque et hermétique jeté dans une poubelle au retour. Pour un pipi, beaucoup de randonneuses se contentent de s’égoutter, ou utilisent un tissu réutilisable prévu à cet effet, accroché à l’extérieur du sac.

Les feuilles végétales peuvent dépanner, mais attention aux orties, aux plantes irritantes et aux espèces protégées dans les parcs nationaux. Pour réduire ses déchets en général, voir nos conseils de randonnée à faible teneur en déchets.

Comment choisir le bon endroit ?

Le bon endroit est à la fois discret, stable et éloigné de l’eau. Les principes internationaux « Sans trace » (Leave No Trace) recommandent de s’écarter d’environ 60 m des sources, lacs, ruisseaux, sentiers et campements.

  • Sortez du sentier de quelques dizaines de mètres, derrière un rocher, un bosquet ou un repli de terrain.
  • Évitez les bords de lacs et de torrents : l’eau peut servir de boisson plus bas.
  • En alpage, préférez un sol caillouteux ou du gravier à la végétation fragile : certains animaux, attirés par le sel, grattent le sol là où l’on a uriné.
  • Ne vous éloignez pas trop dans le brouillard ou en terrain escarpé, et ne quittez jamais le sentier au-dessus d’une pente raide ou d’une falaise.
  • Près des troupeaux, restez à distance des bêtes et des chiens de protection (patous).

Ces bons gestes rejoignent les règles de randonnée à connaître et les conseils pour randonner en respectant l’environnement et le pastoralisme.

Quels vêtements facilitent les pauses ?

Les vêtements comptent autant que la technique. Un pantalon de randonnée avec une ceinture élastique ou un zip latéral se baisse rapidement ; un legging technique extensible est aussi très pratique. Les salopettes et combinaisons de ski ou d’alpinisme compliquent la pause, sauf modèles avec zip arrière ou latéral pensés pour cela.

Une jupe de randonnée ou une veste longue offre un écran naturel. Par temps froid, l’urinoir féminin évite d’avoir à se découvrir entièrement. Sous la pluie, gardez votre veste fermée et relevez-la simplement vers l’avant.

Faut-il boire moins pour éviter les pauses ?

Non. Réduire volontairement sa consommation d’eau pour limiter les pauses expose à la déshydratation, qui augmente la fatigue, les maux de tête et le risque de malaise, surtout par forte chaleur ou en altitude. Se retenir trop longtemps peut aussi être inconfortable : en cas de doute ou de gêne urinaire récurrente, demandez l’avis de votre médecin.

Mieux vaut boire régulièrement par petites gorgées, avec une gourde accessible, et profiter des toilettes des parkings, refuges et gîtes au départ et pendant la randonnée.

Comment gérer ses règles en randonnée ?

Les règles n’empêchent pas de randonner, à condition d’anticiper. La coupe menstruelle, les culottes menstruelles et les protections classiques fonctionnent toutes en montagne ; le choix dépend surtout de la durée de la sortie et de l’accès à l’eau.

  • Coupe menstruelle : peut se garder plusieurs heures ; prévoir de l’eau propre pour la rincer et se laver les mains avant.
  • Protections jetables : emporter un sachet opaque et hermétique pour les remporter, jamais les enterrer.
  • Culotte menstruelle : pratique sur une journée, prévoir une rechange dans un sac étanche pour les treks.
  • Hygiène : gel hydroalcoolique et, si possible, un peu d’eau et de savon au bivouac, loin des points d’eau.

Et en refuge ou en bivouac ?

En refuge, utilisez toujours les toilettes, même sèches : elles existent justement pour préserver les abords du bâtiment, souvent très fréquentés. La nuit, gardez une lampe frontale et vos chaussures à portée de main pour ne pas chercher à tâtons.

En bivouac, repérez l’endroit dès l’arrivée, à l’écart du campement et des points d’eau. Un urinoir féminin évite de sortir entièrement du duvet par nuit froide. Renseignez-vous aussi sur la réglementation : dans plusieurs parcs nationaux, le bivouac n’est autorisé qu’à certaines conditions d’horaires et d’emplacement.

Ce qu’il faut retenir

Pour faire pipi sereinement en randonnée, choisissez un endroit plat, discret et éloigné de l’eau, placez-vous dos à la pente et au vent, et remportez tout papier dans un sachet fermé. Un urinoir féminin de quelques euros simplifie beaucoup les choses par mauvais temps ou sur les sentiers fréquentés. Et surtout, continuez à boire : une pause d’une minute vaut mieux qu’une randonnée gâchée par la déshydratation.

Questions fréquentes

Peut-on faire pipi debout sans accessoire quand on est une femme ?

C’est possible avec de l’entraînement : on écarte les pieds, on baisse légèrement le pantalon et on tend la peau avec les doigts pour orienter le jet vers l’avant. Le risque d’éclaboussures est élevé au début ; mieux vaut s’exercer d’abord sous la douche. Pour la plupart des randonneuses, un urinoir féminin est plus simple et plus fiable.

Comment éviter les éclaboussures en faisant pipi dehors ?

Choisissez un sol absorbant et plat, comme de l’herbe, de la terre ou du gravier, plutôt qu’une dalle rocheuse lisse. Placez-vous dos à la pente pour que le liquide s’écoule loin de vos pieds, et dos au vent. Écartez suffisamment les pieds et baissez le pantalon jusqu’aux genoux.

Que faire du papier toilette en randonnée ?

Le papier toilette ne doit pas être laissé ni enterré : il met des mois à se dégrader et abîme les sites fréquentés. On le remporte dans un sachet opaque et hermétique, à jeter dans une poubelle au retour. Une alternative consiste à utiliser un tissu réutilisable prévu à cet effet ou simplement à s’égoutter.

Comment faire pipi discrètement quand il n’y a nulle part où se cacher ?

Une veste longue, un paréo ou une jupe de randonnée nouée autour de la taille forment un écran rapide. On peut aussi demander à une compagne ou un compagnon de marche de se placer devant soi, dos tourné. Un urinoir féminin réduit encore le temps passé à découvert.

Comment gérer ses règles en randonnée ?

La coupe menstruelle, les culottes menstruelles et les protections classiques fonctionnent en randonnée, à condition d’emporter de quoi se laver les mains et un sachet hermétique pour les protections usagées. Tout se remporte : rien ne doit être enterré ni laissé sur place. Pour la coupe, prévoyez de l’eau propre pour la rincer.

Sources et liens utiles

Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.