En randonnée, les répulsifs cutanés les plus efficaces contiennent du DEET, de l’icaridine (picaridine), de l’IR3535 ou du PMD (dérivé d’eucalyptus citronné). On les applique en couche fine sur toute la peau découverte, après la crème solaire (environ 20 minutes plus tard), et on renouvelle selon la durée indiquée sur l’étiquette. Des vêtements couvrants complètent la protection.
- Quatre substances actives sont couramment recommandées en France : DEET, icaridine, IR3535 et PMD (citriodiol).
- Quand on utilise aussi une crème solaire, on l’applique en premier, puis le répulsif une vingtaine de minutes après.
- Le répulsif s’étale en couche fine sur toute la peau découverte, y compris chevilles, nuque et contour des oreilles, jamais sur une peau lésée.
- L’icaridine n’abîme pas les plastiques et textiles synthétiques, contrairement au DEET qui peut les altérer.
- Les huiles essentielles pures ne sont pas des répulsifs fiables et peuvent irriter la peau.
Sommaire
- Quand et où les moustiques piquent-ils en randonnée ?
- Quel répulsif choisir selon le type de sortie ?
- Comment appliquer un répulsif pour qu’il soit vraiment efficace ?
- Crème solaire et répulsif : dans quel ordre les appliquer ?
- Quelles précautions pour les peaux sensibles après 60 ans ?
- Comment se protéger sans répulsif ou en complément ?
- Que faire en cas de piqûre ou de réaction ?
- L’essentiel
Chaleur, lacs d’altitude, bords de rivière : l’été transforme parfois les plus belles escapades en montagne en séances de grattage. Les piqûres de moustiques restent le plus souvent bénignes, mais elles gâchent une sortie et, avec le moustique tigre désormais installé dans une grande partie de la France, la prévention prend de l’importance.
Il n’existe pas de « méthode révolutionnaire » : la protection repose sur des gestes simples et bien connus, que beaucoup de randonneurs appliquent mal. Ce guide explique quel répulsif choisir selon la sortie, comment l’appliquer correctement, comment le combiner avec la crème solaire, et quelles précautions prendre avec une peau plus fragile après 60 ans.
Quand et où les moustiques piquent-ils en randonnée ?
Les moustiques sont surtout actifs près de l’eau stagnante et dans les zones humides : lacs, mares, tourbières, forêts alluviales. Les espèces communes piquent surtout à l’aube et au crépuscule, tandis que le moustique tigre (Aedes albopictus) pique aussi en pleine journée.
En montagne, ils restent présents autour des lacs et des zones marécageuses en été. Le vent et les températures plus fraîches en altitude limitent leur activité, mais un bivouac près d’un lac à 2 000 m peut être très fréquenté. Les taons, dans les alpages, et les tiques, dans les herbes hautes et les sous-bois, sont d’autres raisons de se protéger.
Quel répulsif choisir selon le type de sortie ?

Quatre substances actives sont couramment recommandées pour les répulsifs cutanés : le DEET, l’icaridine (aussi appelée picaridine ou KBR 3023), l’IR3535 et le PMD (ou citriodiol, dérivé de l’huile d’eucalyptus citronné). Leur durée de protection dépend de la concentration et du produit : elle figure sur l’étiquette.
| Substance | Points forts | Limites | Usage conseillé |
|---|---|---|---|
| DEET | Référence historique, très efficace | Odeur, peut altérer plastiques, verres de lunettes et textiles synthétiques | Zones très infestées, bivouac près de l’eau |
| Icaridine (20-25 %) | Efficace, inodore, bien tolérée, n’abîme pas le matériel | Durée variable selon la formule | La plupart des randonnées à la journée |
| IR3535 | Bonne tolérance cutanée | Protection souvent plus courte | Sorties courtes, peaux sensibles |
| PMD / citriodiol | Origine végétale, bonne efficacité | Réapplication plus fréquente, irritant pour les yeux | Balades courtes, préférence pour le végétal |
Attention : le PMD n’est pas l’huile essentielle d’eucalyptus citronné vendue pure. Les huiles essentielles brutes (citronnelle, lavande, géranium) ont une action courte et irrégulière, et peuvent provoquer des irritations ou des allergies. Elles ne remplacent pas un répulsif homologué.
Les concentrations maximales autorisées et les restrictions (enfants, grossesse) varient selon les substances : lisez toujours la notice et demandez conseil à votre pharmacien en cas de doute.
Comment appliquer un répulsif pour qu’il soit vraiment efficace ?

Un répulsif protège uniquement la peau sur laquelle il est appliqué, en général sur quelques centimètres autour. Une couche fine mais complète sur toute la peau découverte est donc plus efficace qu’une couche épaisse sur quelques zones.
- Appliquez le produit sur une peau propre et sèche, jamais sur une plaie, une brûlure ou une peau irritée.
- Couvrez toutes les zones exposées, y compris celles qu’on oublie souvent : chevilles, dessus des pieds, poignets, nuque, contour et arrière des oreilles.
- Pour le visage, vaporisez sur les mains puis tapotez, en évitant les yeux, la bouche et les lèvres.
- Ne vaporisez pas sous les vêtements : ce n’est ni utile ni recommandé.
- Renouvelez selon la durée indiquée, et après une baignade, une averse ou une forte transpiration.
- Lavez-vous les mains après application et avant de manger.
Crème solaire et répulsif : dans quel ordre les appliquer ?
La crème solaire s’applique en premier, puis le répulsif environ 20 minutes plus tard, une fois la crème absorbée. C’est de là que vient la fameuse « règle des 20 minutes » : elle concerne l’articulation entre les deux produits, pas un délai d’action du répulsif lui-même, qui agit dès l’application.
Les produits « deux en un » (solaire + répulsif) sont déconseillés : la crème solaire doit être renouvelée toutes les deux heures environ, alors que le répulsif n’a pas besoin d’être réappliqué aussi souvent, ce qui conduit à surexposer la peau à la substance répulsive.
En altitude, le rayonnement UV est plus intense : la protection solaire reste la priorité, surtout sur les peaux claires ou fragiles.
Quelles précautions pour les peaux sensibles après 60 ans ?

Avec l’âge, la peau devient plus fine et plus sèche, donc parfois plus réactive. Aucune substance n’est interdite aux seniors, mais quelques précautions améliorent le confort :
- Privilégier une formule bien tolérée, comme l’icaridine ou l’IR3535, en lotion plutôt qu’en spray alcoolisé si la peau tiraille.
- Tester le produit la veille sur une petite zone de l’avant-bras.
- Hydrater la peau le soir, après avoir lavé le répulsif à l’eau et au savon.
- Signaler ses traitements au pharmacien : certains soins dermatologiques rendent la peau plus sensible.
Les personnes qui transportent peu de poids gagnent aussi à choisir un petit flacon ou une lotion en tube : notre article pour alléger son sac de randonnée donne d’autres idées.
Comment se protéger sans répulsif ou en complément ?
Les vêtements couvrants sont la première barrière : manches longues, pantalon, chaussettes remontées sur le bas du pantalon, de préférence de couleur claire et en tissu serré. Les vêtements imprégnés d’insecticide (perméthrine) sont réservés aux zones très infestées et s’utilisent en respectant la notice.
Quelques habitudes réduisent aussi les piqûres :
- éviter les pauses prolongées au bord de l’eau stagnante à l’aube et au crépuscule ;
- choisir un emplacement de bivouac aéré, un peu à l’écart des lacs et des tourbières ;
- fermer soigneusement la tente, dont la moustiquaire reste la meilleure protection la nuit.
Pour d’autres désagréments de terrain (ampoules, frottements, piqûres), consultez notre guide des problèmes embarrassants en randonnée et leurs solutions.
Que faire en cas de piqûre ou de réaction ?
Une piqûre de moustique provoque en général un bouton qui démange quelques heures à quelques jours. Il suffit de ne pas gratter, de rincer à l’eau fraîche et, si besoin, d’appliquer un produit apaisant conseillé par un pharmacien.
Consultez un médecin en cas de gonflement important, de signes d’infection, de fièvre dans les jours qui suivent ou de réaction allergique. En cas de gêne respiratoire ou de malaise, appelez le 112. Après chaque randonnée en herbes hautes, pensez aussi à inspecter votre peau à la recherche de tiques.
L’essentiel
Un répulsif homologué, appliqué en couche fine sur toute la peau découverte, après la crème solaire et renouvelé selon l’étiquette, suffit à rendre la plupart des sorties estivales agréables. Complété par des vêtements couvrants et quelques précautions horaires, il protège efficacement à tout âge.
Questions fréquentes
Quel est le répulsif anti-moustiques le plus efficace pour la randonnée ?
Le DEET reste la référence en zone très infestée, à des concentrations adaptées à l’adulte. L’icaridine à 20-25 % offre une efficacité comparable dans la plupart des situations, avec une meilleure tolérance et sans abîmer le matériel. Le choix dépend de la durée de sortie, de la densité de moustiques et de la sensibilité de la peau.
Faut-il mettre la crème solaire avant ou après le répulsif ?
La crème solaire s’applique en premier, puis le répulsif environ 20 minutes plus tard, quand la crème a pénétré. Les produits combinant les deux sont déconseillés, car la crème solaire doit être renouvelée plus souvent que le répulsif. Il faut réappliquer le répulsif après une baignade ou une forte transpiration.
Les répulsifs sont-ils adaptés aux peaux sensibles des seniors ?
Oui, à condition de choisir une formule bien tolérée, comme l’icaridine ou l’IR3535, et de tester le produit sur une petite zone la veille. Sur le visage, on applique le produit sur les mains puis on tapote, en évitant yeux et bouche. En cas de réaction ou de traitement dermatologique, demandez conseil à votre pharmacien ou médecin.
Y a-t-il des moustiques en montagne ?
Oui, surtout près des lacs, des tourbières et des zones humides en été, et parfois jusqu’à des altitudes élevées. Plus haut, le vent et le froid limitent leur activité, mais les taons et les tiques restent présents dans les alpages et les forêts. Une protection est donc utile pour la plupart des randonnées estivales.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
