Par forte chaleur, une randonnée en montagne se prépare autour de trois règles : partir à l’aube et finir avant le début d’après-midi, boire régulièrement par petites quantités en ajoutant des sels minéraux lors des longs efforts, et raccourcir l’itinéraire. Confusion, malaise ou peau brûlante signalent un coup de chaleur : c’est une urgence vitale, il faut appeler le 15 ou le 112 et refroidir la personne immédiatement.
- Le coup de chaleur est une urgence vitale : température corporelle supérieure à 40 °C et troubles neurologiques (confusion, propos incohérents, malaise).
- La transpiration peut persister lors d’un coup de chaleur d’effort : son absence n’est pas un critère fiable pour écarter le danger.
- Boire uniquement de grandes quantités d’eau pure lors d’un effort très long peut provoquer une hyponatrémie ; des sels minéraux limitent ce risque.
- Face à un coup de chaleur, on refroidit activement et sans attendre : ombre, vêtements retirés, eau sur tout le corps, ventilation, immersion si possible.
- La température baisse en moyenne d’environ 0,6 °C par tranche de 100 m d’altitude, mais les versants sud et les vallées encaissées restent très chauds.
Sommaire
- Quels signes doivent alerter par forte chaleur ?
- Quelle différence entre insolation, épuisement et coup de chaleur ?
- Comment bien s’hydrater en randonnée par forte chaleur ?
- Quels gestes en cas de coup de chaleur sur le sentier ?
- Comment adapter son itinéraire à la chaleur ?
- Quels vêtements et quel équipement contre la chaleur ?
- Chaleur et orages : un risque combiné
- L’essentiel pour randonner par forte chaleur
Les étés de fortes chaleurs se multiplient, et la montagne n’y échappe pas : les fonds de vallée et les versants exposés au sud peuvent dépasser 35 °C, et parfois approcher les 40 °C lors des canicules. Chaque été, les secours en montagne interviennent pour des malaises liés à la chaleur et à la déshydratation, souvent chez des randonneurs partis trop tard ou avec trop peu d’eau.
Il n’existe pas de « technique secrète » : les guides et accompagnateurs appliquent des règles simples de prudence, qui reposent sur l’horaire, l’hydratation, le choix de l’itinéraire et la surveillance du groupe. Cet article les rassemble, avec les signes qui doivent alerter et les gestes d’urgence en cas de coup de chaleur.
Quels signes doivent alerter par forte chaleur ?

Les premiers signes d’un trouble lié à la chaleur sont souvent discrets : mal de tête, fatigue inhabituelle, irritabilité, nausées, crampes ou vertiges. Ils doivent déclencher une pause immédiate à l’ombre, et non une accélération pour « finir plus vite ».
Deux indicateurs simples aident à surveiller l’hydratation : des urines foncées et peu abondantes lors des pauses, et une soif intense, qui indique qu’on a déjà pris du retard. Dans un groupe, chacun doit surveiller ses voisins : une personne qui se tait, trébuche ou tient des propos confus doit être arrêtée sans attendre.
Attention à une idée reçue : lors d’un coup de chaleur d’effort, la personne continue souvent de transpirer. L’arrêt de la transpiration n’est donc pas un critère fiable ; ce sont les troubles neurologiques (confusion, désorientation, malaise) qui signent l’urgence.

Quelle différence entre insolation, épuisement et coup de chaleur ?
L’insolation est due à une exposition prolongée de la tête au soleil ; l’épuisement par la chaleur résulte de la perte d’eau et de sels ; le coup de chaleur est une défaillance de la régulation thermique du corps, avec une température interne supérieure à 40 °C. Seul ce dernier engage directement le pronostic vital, mais les deux premiers peuvent y conduire.
| Trouble | Signes principaux | Conduite à tenir |
|---|---|---|
| Insolation | Maux de tête, rougeur du visage, nausées, parfois fièvre | Ombre, repos, refroidir la tête et la nuque, boire |
| Épuisement par la chaleur | Grande fatigue, sueurs abondantes, crampes, vertiges | Arrêt, ombre, hydratation avec sels minéraux, refroidissement |
| Coup de chaleur | Confusion, propos incohérents, malaise, peau brûlante (sèche ou moite) | Appeler le 15 ou le 112, refroidissement actif immédiat |
Comment bien s’hydrater en randonnée par forte chaleur ?

La bonne méthode consiste à boire régulièrement, par petites quantités, sans attendre la soif : quelques gorgées toutes les 15 à 20 minutes sont mieux tolérées qu’un demi-litre avalé d’un coup à la pause. Commencez la sortie bien hydraté, en buvant au réveil et au petit-déjeuner.
Les besoins varient selon le poids, l’effort et la température, mais par forte chaleur ils peuvent atteindre un demi-litre à un litre par heure de marche. Une poche à eau facilite ces prises régulières : notre article sur le sac d’hydratation par temps de canicule détaille son usage.
Pourquoi ajouter des sels minéraux ?
Lors d’un effort de plusieurs heures en transpirant beaucoup, boire uniquement de très grandes quantités d’eau pure peut faire chuter le taux de sodium dans le sang : c’est l’hyponatrémie, qui se manifeste par des nausées, des maux de tête, une confusion et, dans les cas graves, des convulsions. Pour la limiter, alternez l’eau avec une boisson de l’effort, ou ajoutez une pincée de sel et un peu de sucre ou de sirop dans une gourde, et mangez salé (biscuits, fruits secs, fromage).
Les personnes qui suivent un régime sans sel, ou qui ont une maladie cardiaque ou rénale, doivent demander l’avis de leur médecin avant de modifier leurs apports.
Quels gestes en cas de coup de chaleur sur le sentier ?

Face à un coup de chaleur, la priorité est d’alerter et de refroidir, en même temps et sans attendre. Chaque minute passée avec une température corporelle très élevée aggrave le risque de séquelles.
- Alerter : appelez le 15 (SAMU) ou le 112, en précisant le lieu (coordonnées GPS si possible) et l’état de la personne.
- Mettre à l’ombre et au repos, en créant de l’ombre avec une couverture de survie, un vêtement ou un sac si nécessaire.
- Retirer les vêtements superflus pour faciliter l’évacuation de la chaleur.
- Refroidir activement : arroser tout le corps d’eau, appliquer des linges mouillés sur la nuque, les aisselles et l’aine, et éventer en continu. Si un torrent ou un lac est accessible et la personne consciente et encadrée, l’immersion du corps dans l’eau froide est la méthode la plus efficace.
- Faire boire seulement si la personne est parfaitement consciente, par petites gorgées. Si elle est confuse ou inconsciente, ne lui donnez rien à boire et placez-la en position latérale de sécurité.
Contrairement à une croyance répandue, l’eau froide n’est pas dangereuse dans cette situation : elle est au contraire le traitement de référence. Le principe à retenir : mieux vaut un refroidissement trop énergique qu’un refroidissement tardif.
Comment adapter son itinéraire à la chaleur ?

La mesure la plus efficace est de changer d’horaire : partir à l’aube, dès 5 h ou 6 h en été, pour marcher pendant les heures les plus fraîches et être rentré au début de l’après-midi. Les heures les plus chaudes se situent en général entre 13 h et 17 h.
- Raccourcir la sortie : réduisez nettement la distance et le dénivelé prévus, pour garder de la marge et allonger les pauses.
- Choisir l’exposition : préférez les versants nord et les montées en forêt le matin ; évitez les pierriers et les dalles exposées au sud.
- Gagner de l’altitude : la température baisse en moyenne d’environ 0,6 °C par 100 m, mais le rayonnement solaire y est plus fort.
- Repérer l’eau : sources, torrents et refuges sur la carte, avec un filtre ou des pastilles pour traiter l’eau.
- Prévoir des échappatoires : des points où l’on peut abréger la boucle ou redescendre vite vers une route.
Pensez aussi à la « règle des tiers » souvent enseignée en montagne : un tiers de ses forces pour la montée, un tiers pour la descente, un tiers en réserve. En période caniculaire, cette réserve devient essentielle.
Quels vêtements et quel équipement contre la chaleur ?
Couvrez-vous plutôt que de vous découvrir : un chapeau à large bord ou une casquette avec protège-nuque, des vêtements amples et clairs en fibres respirantes, des lunettes de soleil et une crème solaire à indice élevé. Un débardeur expose davantage la peau au soleil qu’un t-shirt léger à manches. Notre article sur les erreurs vestimentaires par forte chaleur détaille ces choix.
Le sac doit contenir, en plus de l’eau : une trousse de secours, une couverture de survie (utile aussi pour faire de l’ombre), un foulard à mouiller, un téléphone chargé et une batterie de secours. Pour une vue d’ensemble, consultez nos conseils pour randonner en été.
Chaleur et orages : un risque combiné
Les journées très chaudes favorisent le développement d’orages en montagne l’après-midi, parfois violents. C’est une raison supplémentaire de partir tôt et de consulter la veille le bulletin montagne de Météo-France ainsi que la carte de vigilance canicule. Si un orage menace, appliquez les réflexes décrits dans notre guide pour faire face à un orage en randonnée.
Avant de partir, prévenez un proche de votre itinéraire et de votre heure de retour, et notez les numéros d’urgence : 112 (numéro européen) et 15 (SAMU).
L’essentiel pour randonner par forte chaleur
Par forte chaleur, la sécurité se joue surtout avant de partir : horaire matinal, itinéraire raccourci et ombragé, eau en quantité avec des sels minéraux, et un plan de repli. Sur le terrain, la vigilance porte sur les premiers signes d’épuisement et, en cas de confusion ou de malaise, sur deux réflexes : appeler les secours et refroidir immédiatement. En cas de doute, renoncer ou écourter reste la meilleure décision.
Questions fréquentes
Peut-on randonner en montagne pendant une canicule ?
Oui, à condition d’adapter la sortie : départ à l’aube, retour avant 13 h ou 14 h, itinéraire plus court, en altitude et à l’ombre si possible. Les personnes âgées, les enfants, les personnes souffrant d’une maladie chronique ou sous traitement doivent demander l’avis de leur médecin et redoubler de prudence.
Quels sont les signes d’un coup de chaleur en randonnée ?
Maux de tête, nausées, grande fatigue, crampes et vertiges signalent un épuisement par la chaleur. L’apparition d’une confusion, de propos incohérents, d’une démarche instable ou d’un malaise, avec une peau très chaude, évoque un coup de chaleur : il faut appeler immédiatement le 15 ou le 112.
Combien d’eau emporter pour une randonnée par forte chaleur ?
Les besoins varient beaucoup selon la personne, l’effort et la température, mais par forte chaleur ils peuvent atteindre un demi-litre à un litre par heure de marche. Prévoyez au minimum 2 à 3 litres pour une demi-journée, repérez à l’avance les points d’eau et emportez un moyen de traiter l’eau des sources.
Faut-il éviter l’eau froide pour refroidir une personne en coup de chaleur ?
Non. Face à un coup de chaleur, refroidir vite est prioritaire : l’immersion dans l’eau froide ou l’arrosage de tout le corps associé à une ventilation sont les méthodes les plus efficaces. On évite en revanche de faire boire une personne inconsciente ou confuse.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
