Par 40 °C, la randonnée est fortement déconseillée : le corps n’arrive plus à évacuer sa chaleur et le risque de coup de chaleur devient élevé. S’il faut marcher, partez à l’aube, finissez avant 11 h, choisissez l’ombre ou l’altitude, buvez 0,75 à 1 litre par heure avec un peu de sel, et arrêtez-vous au moindre signe de confusion. En cas de coup de chaleur, appelez le 15 ou le 112.
- Au-delà de 35 °C, et plus encore vers 40 °C, la transpiration ne suffit plus à refroidir le corps pendant un effort, surtout si l’air est humide.
- Le coup de chaleur d’effort est une urgence vitale : confusion, propos incohérents, peau très chaude et malaise doivent faire appeler le 15 ou le 112.
- La transpiration peut persister lors d’un coup de chaleur d’effort : ne pas attendre qu’elle s’arrête pour s’alarmer.
- La soif arrive tard : il faut boire régulièrement par petites gorgées et compenser le sel perdu.
- Partir à l’aube, viser les itinéraires ombragés, en altitude ou près de l’eau, et consulter les vigilances canicule de Météo-France sont les premières protections.
Sommaire
- Pourquoi randonner par 40 °C est-il dangereux ?
- Quelles idées reçues faut-il oublier par forte chaleur ?
- Quels signes doivent alerter en randonnée par forte chaleur ?
- Comment organiser une randonnée par forte chaleur ?
- Combien boire et que manger par 40 °C ?
- Quel équipement emporter contre la chaleur ?
- Que faire en cas de coup de chaleur ?
- Quelles précautions avant de partir ?
- Ce qu’il faut retenir
Les étés récents ont multiplié les épisodes de canicule en France, avec des températures dépassant parfois 40 °C jusque dans les vallées de montagne et les massifs de moyenne altitude comme les Cévennes. Pour les randonneurs, la question devient pratique : peut-on encore marcher par de telles chaleurs, et comment le faire sans se mettre en danger ?
Même des marcheurs très expérimentés peuvent être surpris : les habitudes prises en montagne par temps tempéré ne suffisent plus quand l’air est plus chaud que le corps. Lors d’un épisode de canicule en randonnée, la marge d’erreur se réduit fortement.
La rédaction fait le point sur ce qui se passe dans l’organisme, les idées reçues à écarter, les signes qui doivent alerter, l’organisation d’une sortie par forte chaleur et les gestes d’urgence. Premier message : au-delà de 35 à 40 °C, reporter la randonnée reste la décision la plus sûre.
Pourquoi randonner par 40 °C est-il dangereux ?

Par 40 °C, le corps ne peut presque plus évacuer sa chaleur. En temps normal, il se refroidit en transmettant de la chaleur à l’air ambiant et par l’évaporation de la sueur. Quand l’air atteint ou dépasse la température de la peau, seul le second mécanisme fonctionne, et il devient inefficace si l’air est humide ou si l’on manque d’eau.
Or la marche, surtout en montée avec un sac, produit beaucoup de chaleur musculaire. La température interne peut alors grimper progressivement jusqu’à l’épuisement par la chaleur, puis au coup de chaleur d’effort, une urgence vitale qui peut entraîner des lésions graves si le refroidissement tarde.
Certaines personnes sont plus vulnérables : les enfants, les plus de 60 ans, les personnes en surpoids, celles qui ont une maladie cardiaque ou rénale, ou qui prennent des traitements modifiant l’hydratation. Pour elles, l’avis du médecin s’impose avant toute sortie estivale exigeante.
Quelles idées reçues faut-il oublier par forte chaleur ?
« Je boirai quand j’aurai soif »
La soif est un signal tardif. Lorsqu’elle se manifeste, l’organisme a souvent déjà perdu une quantité d’eau suffisante pour réduire l’endurance et la vigilance. Par forte chaleur, il faut boire avant d’avoir soif, par petites gorgées toutes les 10 à 15 minutes. L’évaporation rapide de la sueur par temps sec est trompeuse : on a l’impression de peu transpirer alors que les pertes sont importantes.
« Tant que je transpire, tout va bien »
C’est faux. La transpiration est nécessaire, mais elle ne garantit pas que le corps se refroidit suffisamment. Lors d’un coup de chaleur d’effort, la personne peut continuer à transpirer abondamment. L’arrêt de la sudation est un signe grave, mais l’attendre pour réagir fait perdre un temps précieux : ce sont les troubles du comportement qui doivent alerter.
La vidéo suivante revient sur les réflexes à adopter quand le thermomètre s’affole.

« Le vêtement le plus léger est le meilleur »
Marcher torse nu ou en débardeur expose la peau au rayonnement solaire, qui réchauffe le corps et provoque des coups de soleil. Une couverture légère, ample et de couleur claire, avec un chapeau à large bord, protège mieux qu’une peau nue. Le détail des erreurs vestimentaires fréquentes est présenté dans notre article sur les vêtements de randonnée par forte chaleur.
Quels signes doivent alerter en randonnée par forte chaleur ?

Deux stades sont à distinguer. L’épuisement par la chaleur se traduit par une grande fatigue, des jambes lourdes, des maux de tête, des nausées, des crampes, une soif intense et une peau moite. C’est le signal qu’il faut s’arrêter à l’ombre, boire, se rafraîchir et renoncer à la suite du parcours.
Le coup de chaleur se reconnaît avant tout aux troubles neurologiques : confusion, propos incohérents, irritabilité inhabituelle, démarche titubante, somnolence, voire convulsions ou perte de connaissance. La peau est très chaude, rouge, sèche ou encore humide.
| Situation | Signes principaux | Que faire |
|---|---|---|
| Déshydratation | Soif, bouche sèche, urines foncées, fatigue | Pause à l’ombre, boire par petites gorgées, manger salé |
| Épuisement par la chaleur | Grande fatigue, maux de tête, nausées, crampes, vertiges | Arrêter l’effort, se refroidir, boire, écourter la sortie |
| Coup de chaleur | Confusion, comportement anormal, peau brûlante, malaise | Urgence : appeler le 15 ou le 112, refroidir immédiatement |
Dans un groupe, surveillez-vous mutuellement : la personne touchée est souvent la dernière à se rendre compte que son comportement change.
Comment organiser une randonnée par forte chaleur ?

La première règle est de consulter la vigilance canicule de Météo-France la veille et le matin. En vigilance orange ou rouge, l’abstention est recommandée. En montagne, le bulletin montagne donne les températures en altitude et le risque d’orage, fréquent en fin de journée lors des épisodes chauds.
Choisir le bon horaire
Les heures les plus dangereuses vont de la fin de matinée à la fin d’après-midi, environ de 11 h à 17 h, quand le soleil est haut et que l’air a accumulé la chaleur. Partez dès l’aube pour faire l’essentiel du dénivelé à la fraîche et terminez avant midi. Les sorties en soirée sont possibles, mais l’air et le sol restent chauds plus longtemps.
Choisir le bon itinéraire
- Monter en altitude : la température baisse en moyenne d’environ 0,6 °C tous les 100 m, soit 6 °C plus frais à 1 000 m au-dessus de la vallée.
- Privilégier l’ombre : forêts, versants nord, gorges encaissées le matin.
- Longer l’eau : rivières, lacs, torrents permettent de se rafraîchir.
- Réduire la distance et le dénivelé de 30 à 50 % par rapport à une sortie habituelle.
- Prévoir des échappatoires : un raccourci vers la vallée et un point d’abri en cas de malaise.
En région méditerranéenne, l’accès à certains massifs forestiers est restreint ou interdit en été en raison du risque d’incendie : vérifiez la veille les arrêtés préfectoraux. Pour trouver des idées de sorties plus fraîches, notre sélection des meilleures destinations de randonnée en été peut aider.
Combien boire et que manger par 40 °C ?

Par forte chaleur, prévoyez 0,75 à 1 litre d’eau par heure de marche, à adapter selon votre corpulence et l’effort. Une sortie de 4 heures demande donc 3 à 4 litres, un volume lourd à porter : repérez les fontaines et refuges, et emportez un moyen de filtrer l’eau des sources.
La transpiration fait perdre de l’eau mais aussi du sel. Au-delà de deux à trois heures d’effort, une boisson de l’effort ou des aliments salés (biscuits salés, fromage, olives, fruits secs salés) aident à prévenir les crampes. À l’inverse, boire de très grandes quantités d’eau pure sans apport de sel peut, dans de rares cas, faire chuter le sodium sanguin.
- Buvez un demi-litre avant le départ.
- Gardez l’eau au frais : bouteille isotherme, gourde enveloppée dans un vêtement, poche à eau au centre du sac.
- Les fruits riches en eau (melon, pastèque, pêches) sont une collation agréable, en complément de l’eau et non à sa place.
- Évitez l’alcool et les repas lourds avant et pendant la sortie.
Pour bien choisir son système d’hydratation, consultez notre article sur le sac d’hydratation par temps de canicule, ainsi que nos conseils pour bien s’hydrater en randonnée après 60 ans.
Quel équipement emporter contre la chaleur ?

L’équipement doit protéger du soleil tout en laissant le corps évacuer la sueur. Les matières comptent autant que la couleur.
| Matière | Par forte chaleur | À savoir |
|---|---|---|
| Synthétique technique respirant | Très bon | Sèche vite, léger ; peut garder les odeurs |
| Laine mérinos fine | Bon | Régule bien, peu d’odeurs ; plus chère et plus fragile |
| Lin | Bon | Très aéré, agréable ; se froisse, moins résistant aux frottements du sac |
| Coton | Moyen | Mouillé, il rafraîchit par temps sec mais sèche lentement et peut irriter |
- Chapeau à large bord ou casquette avec protège-nuque ;
- lunettes de soleil de catégorie 3, crème solaire à indice élevé renouvelée régulièrement ;
- un foulard ou une serviette microfibre à humidifier et porter autour du cou, qui rafraîchit par évaporation ;
- des chaussures respirantes, avec tige en maille plutôt qu’en membrane imperméable ;
- une couverture de survie, qui peut aussi servir à créer une zone d’ombre avec des bâtons ;
- un téléphone chargé et une trousse de secours.
Que faire en cas de coup de chaleur ?

Le coup de chaleur est une urgence vitale : la rapidité du refroidissement conditionne le pronostic. Dès qu’un randonneur présente une confusion ou un comportement anormal par forte chaleur :
- Arrêter immédiatement l’effort et installer la personne à l’ombre, allongée.
- Appeler le 15 (SAMU) ou le 112. En montagne, les secours sont assurés par le PGHM ou les CRS montagne ; décrivez les symptômes et votre position.
- Refroidir activement : retirer les vêtements superflus, asperger d’eau sur tout le corps, ventiler, appliquer des linges mouillés sur la nuque, les aisselles et l’aine. Une immersion dans un torrent ou un lac, en sécurité, est très efficace.
- Donner à boire uniquement si la personne est parfaitement consciente et capable d’avaler.
- Surveiller en continu jusqu’à l’arrivée des secours et placer la personne en position latérale de sécurité si elle perd connaissance.
Pour d’autres retours sur les erreurs courantes lors des épisodes chauds, lisez notre article sur l’erreur à éviter en randonnée par forte chaleur.
Quelles précautions avant de partir ?
- Consultez la vigilance canicule et le bulletin montagne de Météo-France.
- Prévenez un proche de votre itinéraire et de votre heure de retour.
- Évitez de randonner seul lors des épisodes de forte chaleur.
- Acclimatez-vous : les premières journées chaudes de l’été sont les plus risquées pour un organisme non habitué.
- Renoncez sans hésiter si la nuit a été chaude et le sommeil mauvais : l’organisme récupère mal.
Ce qu’il faut retenir
Par 40 °C, la meilleure randonnée est souvent celle que l’on reporte ou que l’on déplace en altitude. Si vous partez, marchez à l’aube, à l’ombre, sur un parcours réduit, buvez régulièrement avec un peu de sel et surveillez les signes de confusion chez vous comme chez vos compagnons. Face à un coup de chaleur, deux réflexes priment : refroidir sans attendre et appeler le 15 ou le 112.
Questions fréquentes
Peut-on faire de la randonnée par 40 °C ?
C’est fortement déconseillé, même pour un randonneur entraîné. À cette température, l’organisme évacue très mal la chaleur produite par l’effort et le coup de chaleur peut survenir en quelques heures. Mieux vaut reporter la sortie, la décaler à l’aube ou choisir un itinéraire en altitude, où il fait nettement plus frais.
À partir de quelle température ne faut-il plus randonner ?
Il n’existe pas de seuil unique, car l’humidité, le soleil, le dénivelé et la condition physique comptent autant que le thermomètre. Au-delà d’environ 30 °C, l’effort devient pénible ; au-delà de 35 °C, il devient risqué, surtout pour les enfants, les seniors et les personnes sous traitement. En vigilance canicule orange ou rouge, l’abstention est la règle.
Quels sont les signes d’un coup de chaleur en randonnée ?
Les signes d’alerte sont une température corporelle élevée, une peau très chaude, des maux de tête intenses, des nausées, des vertiges, une démarche instable, puis une confusion ou des propos incohérents. La transpiration peut être présente ou absente. Au moindre trouble du comportement, il faut arrêter l’effort, refroidir la personne et appeler le 15 ou le 112.
Combien d’eau emporter pour randonner par forte chaleur ?
Comptez environ 0,75 à 1 litre par heure de marche par forte chaleur, à adapter selon la corpulence et l’effort. Une sortie de 4 heures demande donc 3 à 4 litres, ou des points d’eau fiables sur le parcours. Ajoutez un peu de sel, via une boisson de l’effort ou des aliments salés, pour éviter les crampes.
Que faire en cas de coup de chaleur pendant une randonnée ?
Arrêtez immédiatement l’effort, allongez la personne à l’ombre, retirez les vêtements superflus et refroidissez-la activement : eau sur la peau, ventilation, linges mouillés sur la nuque, les aisselles et l’aine. Appelez le 15 ou le 112. Ne donnez à boire que si la personne est parfaitement consciente.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
