Pour éviter les chutes en randonnée, choisissez un itinéraire adapté à votre niveau, portez des chaussures tenues à semelle crantée, utilisez des bâtons en descente, raccourcissez le pas sur terrain instable et regardez deux ou trois mètres devant vous. La plupart des glissades surviennent en descente et en fin de journée, quand la fatigue baisse la vigilance : faites des pauses et n’hésitez pas à faire demi-tour.
- Les chutes surviennent surtout en descente, sur terrain mouillé ou caillouteux, et en fin de sortie quand la fatigue s’installe.
- Des chaussures à semelle crantée, bien lacées avant la descente, limitent les glissades et les entorses de cheville.
- Les bâtons de randonnée ajoutent deux points d’appui et soulagent les genoux en descente.
- En descente, fléchir les genoux, raccourcir le pas et poser tout le pied améliore l’équilibre.
- En cas de blessure en montagne, le 112 fonctionne depuis tout téléphone, même sans réseau de son opérateur.
Sommaire
- Pourquoi chute-t-on en randonnée ?
- Comment choisir un itinéraire adapté à son niveau ?
- Quel équipement limite le risque de chute ?
- Quels gestes techniques adopter en montée et en descente ?
- Comment rester vigilant tout au long de la sortie ?
- Comment la fatigue augmente-t-elle le risque de blessure ?
- Que faire en cas de chute ou de blessure ?
- L’essentiel avant de partir
Une glissade sur une dalle humide, une cheville qui se tord sur un caillou roulant, un genou qui lâche dans une longue descente : la plupart des petits accidents de randonnée n’ont rien de spectaculaire, mais ils suffisent à gâcher une sortie, voire à nécessiter une intervention des secours. La bonne nouvelle, c’est qu’ils sont en grande partie évitables.
Ce guide s’adresse aux randonneurs débutants comme confirmés qui veulent profiter de leurs escapades en montagne sans « bobo ». La rédaction y rassemble les principes de base : bien choisir son itinéraire, s’équiper, adopter la bonne technique de marche, rester vigilant et savoir réagir si une chute se produit malgré tout.
Pourquoi chute-t-on en randonnée ?
On chute le plus souvent en descente, sur un terrain glissant ou instable, et en fin de journée quand la fatigue s’installe. Trois facteurs se combinent généralement : un terrain piégeux (herbe mouillée, racines, graviers sur roche, névé), un équipement inadapté (semelles lisses, chaussures mal lacées) et une baisse de vigilance.
Les conséquences les plus fréquentes sont des entorses de la cheville, des écorchures aux mains et aux genoux, des chocs au poignet en voulant se rattraper. En montagne, une simple glissade peut devenir grave si elle se produit au-dessus d’une pente raide ou d’une barre rocheuse : c’est pourquoi l’anticipation compte autant que la technique.
Comment choisir un itinéraire adapté à son niveau ?
Le premier réflexe est d’évaluer honnêtement sa forme physique et son aisance technique, puis de choisir un parcours dont la distance, le dénivelé et le type de terrain correspondent à ses capacités. Un itinéraire trop long pousse à accélérer ou à finir épuisé, deux situations propices aux chutes.

Quelques repères utiles pour préparer la sortie :
- Dénivelé : comptez environ 300 m de montée par heure pour un randonneur moyen, un peu plus en descente mais avec davantage de sollicitation des genoux.
- Terrain : lisez le topo et la carte IGN (sur Géoportail) pour repérer pierriers, passages câblés, pentes raides ou traversées de névés.
- Balisage : privilégiez les sentiers balisés et fréquentés quand vous ne connaissez pas le secteur.
- Conseil local : en cas de doute, renseignez-vous auprès de l’office de tourisme ou d’un accompagnateur en montagne.
Commencez par des parcours modestes et augmentez progressivement la difficulté. Les erreurs courantes des randonneurs débutants tiennent d’ailleurs souvent à une sortie trop ambitieuse pour le niveau du groupe.
Quel équipement limite le risque de chute ?
Des chaussures de randonnée à semelle crantée, stables et à votre pointure sont le premier rempart contre les glissades et les entorses. Pour les sentiers caillouteux, une tige montante apporte un maintien supplémentaire de la cheville ; pour les chemins roulants, une chaussure basse bien accrochée peut suffire.
Le choix est détaillé dans notre guide pour choisir ses chaussures de randonnée. Pensez aussi à resserrer les lacets avant une longue descente : le pied qui glisse vers l’avant dans la chaussure fait perdre de la précision et abîme les orteils.
| Équipement | Rôle contre les chutes et blessures |
|---|---|
| Chaussures à semelle crantée | Adhérence sur terrain mouillé ou meuble, maintien de la cheville |
| Bâtons de randonnée | Deux appuis supplémentaires, soulagement des genoux en descente |
| Vêtements en couches + coupe-vent | Éviter le froid qui engourdit et fait perdre en dextérité |
| Gants légers | Protéger les mains sur les passages rocheux ou câblés |
| Trousse de secours | Désinfectant, pansements, bande de contention, strapping |
| Téléphone chargé, carte, sifflet, frontale | Se situer, alerter, ne pas finir la descente dans le noir |
Les bâtons méritent une mention particulière : ils stabilisent la marche, aident à franchir un ruisseau et amortissent les chocs en descente. Encore faut-il bien les régler, comme l’explique notre article sur les erreurs à éviter avec ses bâtons de marche, et les ranger dans les passages où l’on a besoin des mains.
Quels gestes techniques adopter en montée et en descente ?
La clé pour éviter les chutes réside dans la technique de marche : un pas court, un pied posé à plat et un centre de gravité au-dessus des appuis. Sur terrain facile, gardez le dos droit et les genoux légèrement fléchis pour absorber les irrégularités.
En descente
- Fléchissez les genoux et gardez le buste au-dessus des pieds, légèrement vers l’avant : se pencher en arrière est la cause classique de la glissade sur les fesses.
- Raccourcissez le pas et ralentissez le rythme ; allonger la foulée augmente l’impact sur les genoux.
- Posez le pied sur les appuis stables (terre, roche sèche et rugueuse) plutôt que sur les dalles lisses, les racines mouillées ou les graviers.
- Plantez les bâtons légèrement devant vous pour vous stabiliser.
Sur les passages délicats
Dans un pierrier, testez chaque appui avant d’y mettre votre poids et gardez un écart suffisant avec la personne qui vous précède pour ne pas recevoir une pierre. Sur un passage étroit ou exposé, n’hésitez pas à utiliser les mains. Et si un obstacle vous paraît trop risqué, contournez-le ou faites demi-tour : rebrousser chemin n’est jamais un échec.
Comment rester vigilant tout au long de la sortie ?
La randonnée demande une attention constante au sentier : regardez deux à trois mètres devant vous pour anticiper les appuis suivants. Pour profiter des paysages ou prendre une photo, arrêtez-vous plutôt que de marcher le nez en l’air.
Soyez particulièrement attentif aux changements de terrain : passages boueux après la pluie, rosée du matin sur l’herbe, plaques de neige résiduelle en début de saison, feuilles mortes qui masquent les pierres en automne. La météo joue aussi : un orage transforme un sentier facile en toboggan, d’où l’intérêt de consulter le bulletin de Météo-France montagne avant de partir et de savoir comment réagir face à un orage en randonnée.
Comment la fatigue augmente-t-elle le risque de blessure ?
La fatigue réduit la précision des appuis et la concentration, ce qui explique qu’une grande partie des chutes survienne dans la dernière descente. Écouter son corps est donc l’un des meilleurs moyens de prévention.
- Faites une pause courte toutes les heures environ, et une plus longue avant d’attaquer une grande descente.
- Buvez régulièrement et mangez de petites quantités pour maintenir votre énergie.
- Surveillez les signaux d’alerte : jambes qui tremblent, maux de tête, vertiges, trébuchements répétés.
- En cas de doute sur votre capacité à continuer, raccourcissez l’itinéraire.
Les douleurs persistantes aux genoux ou aux chevilles méritent l’avis d’un médecin ou d’un kinésithérapeute, qui pourra conseiller un renforcement musculaire adapté avant la saison.
Que faire en cas de chute ou de blessure ?
Après une chute, commencez par vous mettre en sécurité, puis évaluez calmement la blessure avant de reprendre la marche. Une écorchure se nettoie et se couvre ; une entorse légère peut être refroidie et maintenue par un strapping, avec l’aide des bâtons pour rentrer.
Si la personne ne peut plus marcher, souffre d’une douleur importante, a perdu connaissance ou se trouve en terrain dangereux, appelez le 112. En montagne, l’appel est transmis aux secours spécialisés (PGHM ou CRS montagne). Donnez votre position (coordonnées GPS si possible), la nature de la blessure et le nombre de personnes. Avant chaque sortie, prévenez un proche de votre itinéraire et de votre heure de retour prévue.
L’essentiel avant de partir
Un itinéraire à sa mesure, des chaussures qui accrochent, des bâtons bien réglés, un pas court en descente et des pauses régulières : ces quelques habitudes suffisent à éviter la grande majorité des chutes. Ajoutez une petite trousse de secours et un téléphone chargé, et vous serez prêt à réagir si l’imprévu survient malgré tout.
Questions fréquentes
Comment ne pas glisser en descente en randonnée ?
Fléchissez légèrement les genoux, gardez le buste au-dessus des pieds plutôt que penché en arrière et raccourcissez le pas. Posez le pied à plat sur les appuis stables et évitez les dalles mouillées, les racines et les graviers sur roche. Des bâtons réglés un peu plus longs qu’à la montée apportent deux appuis supplémentaires.
Les bâtons de randonnée évitent-ils les chutes ?
Ils ne suppriment pas le risque, mais ils améliorent nettement la stabilité en offrant quatre points d’appui au lieu de deux, surtout en descente, en traversée de ruisseau ou sur pierrier. Ils répartissent aussi une partie de l’effort sur les bras et soulagent les genoux. Il faut toutefois apprendre à les utiliser et les ranger dans les passages où l’on a besoin des mains.
Que faire en cas d’entorse de la cheville en randonnée ?
Arrêtez-vous, mettez la cheville au repos et au froid si possible (eau de torrent, poche de froid), puis évaluez si la marche reste possible avec un strapping et des bâtons. Si la douleur empêche de poser le pied ou si le retour est long, ne forcez pas : appelez le 112. Une consultation médicale est conseillée ensuite pour évaluer la gravité.
Quel numéro appeler en cas d’accident en montagne ?
Le 112 est le numéro d’urgence européen, gratuit et joignable depuis tout téléphone mobile. En montagne, l’appel est transmis aux secours spécialisés (PGHM de la gendarmerie ou CRS montagne selon les secteurs). Indiquez votre position précise, le nombre de victimes et leur état.
Pourquoi tombe-t-on plus souvent en fin de randonnée ?
La fatigue musculaire, la déshydratation et la baisse de glycémie réduisent la précision des appuis et la concentration. Or la fin d’une randonnée correspond souvent à une longue descente, le moment le plus exigeant pour les cuisses et l’équilibre. Boire, manger et faire une courte pause avant d’attaquer la descente limite ce risque.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
