Sur une longue itinérance, quatre accessoires sont souvent abandonnés pour alléger le sac : le réchaud et sa cartouche (300 à 500 g avec la popote), les vêtements de rechange en double, la tente autoportante lourde remplacée par un tarp ou une tente ultralégère, et l’appareil reflex (environ 700 g boîtier seul) remplacé par un smartphone. Chaque choix a des limites, surtout en altitude et par mauvais temps.
- Un réchaud à cartouche avec popote et gaz pèse en général entre 300 et 500 g ; la cuisine froide supprime ce poids mais limite le confort par temps froid.
- Un seul ensemble de marche en laine mérinos ou en synthétique suffit souvent, à condition de garder une couche sèche réservée au bivouac.
- Un tarp en silnylon pèse souvent autour de 300 à 500 g, contre 1 à 2 kg pour une tente deux places classique.
- Le boîtier d’un reflex comme le Canon EOS 90D pèse environ 700 g avec batterie, sans objectif.
- L’allègement ne doit jamais toucher aux éléments de sécurité : couche chaude, protection pluie, trousse de secours, frontale et moyen d’alerte.
Sommaire
- Pourquoi alléger son sac sur une longue randonnée ?
- Faut-il vraiment emporter un réchaud en randonnée ?
- Combien de vêtements de rechange emporter ?
- Une tente lourde est-elle nécessaire pour bivouaquer ?
- Peut-on remplacer un reflex par un smartphone en randonnée ?
- Quels équipements ne faut-il jamais supprimer ?
- Comment alléger son sac progressivement ?
Après plusieurs centaines de kilomètres d’itinérance, la plupart des randonneurs portent un regard différent sur leur sac. Des objets jugés indispensables au départ se révèlent peu utilisés, alors que chaque gramme se ressent dans les épaules et les genoux au fil des étapes.
Cet article, rédigé par la rédaction, passe en revue quatre accessoires que les marcheurs au long cours laissent souvent à la maison après 1 000 km de marche : le réchaud, les vêtements de rechange en double, la tente lourde et l’appareil photo reflex. Pour chacun, il présente le poids en jeu, l’alternative la plus répandue et les situations où il vaut mieux ne pas s’en séparer.
L’objectif n’est pas de partir le plus léger possible à tout prix, mais d’emporter l’essentiel, adapté à la saison et à l’altitude. Pour la liste complète d’un sac bien pensé, consultez aussi notre guide sur le contenu d’un sac de randonnée léger et confortable.
Pourquoi alléger son sac sur une longue randonnée ?
Alléger son sac réduit la fatigue, les douleurs articulaires et le risque d’ampoules sur la durée. Sur une journée, 1 ou 2 kg de trop passent inaperçus ; sur trois semaines, ils se paient à chaque montée et à chaque descente.
Les randonneurs distinguent le poids de base (le sac sans eau, sans nourriture ni combustible) du poids total. C’est sur le poids de base que l’on gagne le plus, en supprimant les doublons et en remplaçant les objets lourds par des versions plus simples. La démarche est poussée à l’extrême dans l’ultraléger, comme le montre notre article sur une semaine de marche avec 3 kg sur le dos.
| Accessoire | Poids indicatif | Alternative courante | Poids indicatif de l’alternative |
|---|---|---|---|
| Réchaud à cartouche + popote + gaz | 300 à 500 g | Alimentation froide | 0 g (hors nourriture) |
| Tenues de rechange en double | jusqu’à 1 kg | Une tenue portée + couche sèche | quelques centaines de grammes |
| Tente deux places autoportante | 1,2 à 2 kg | Tarp en silnylon | 300 à 500 g |
| Reflex (boîtier seul) | environ 700 g | Smartphone | déjà dans la poche |
Ces valeurs sont des ordres de grandeur : elles varient beaucoup selon les modèles.
Faut-il vraiment emporter un réchaud en randonnée ?

Non, un réchaud n’est pas indispensable en été et à basse ou moyenne altitude. Les réchauds à cartouche de marques comme Primus ou MSR sont légers et font bouillir l’eau en quelques minutes, mais l’ensemble réchaud, popote et cartouche représente souvent 300 à 500 g.
À ce poids s’ajoutent des contraintes : trouver des cartouches compatibles en cours de route, rapporter les cartouches vides, nettoyer la popote et consacrer du temps à la cuisine chaque soir. Beaucoup de marcheurs au long cours passent donc à une alimentation froide : fruits secs, oléagineux, fromages à pâte dure, pain, barres, flocons d’avoine ou semoule réhydratés à l’eau froide.
Cette option a ses limites. Par temps froid, en haute altitude ou sur un itinéraire enneigé où il faut faire fondre de la neige, un repas ou une boisson chaude devient un élément de confort et de sécurité. Notre dossier randonnée sans réchaud : que manger ? détaille des menus complets et les apports énergétiques à viser.
Combien de vêtements de rechange emporter ?

Une seule tenue de marche, portée tous les jours, suffit pour la plupart des itinérances. Emporter trois t-shirts, deux pantalons et plusieurs paires de chaussettes peut facilement représenter près d’un kilo et beaucoup de volume dans le sac.
Les textiles techniques rendent ce choix confortable. La laine mérinos, proposée par des marques comme Icebreaker ou Patagonia, limite les odeurs sur plusieurs jours ; les fibres synthétiques sèchent très vite après un lavage sommaire à l’étape. Pour aller plus loin sur ce matériau, lisez notre article sur les avantages des vêtements en laine mérinos en montagne.
Un équipement minimal type comprend un t-shirt, un pantalon (éventuellement convertible), deux paires de chaussettes en alternance et un sous-vêtement de rechange. En revanche, il ne faut jamais supprimer la couche sèche du soir (haut chaud, collant, chaussettes), ni la veste imperméable et la doudoune ou polaire : en montagne, une nuit humide et froide peut mener à l’hypothermie, même en été.
Une tente lourde est-elle nécessaire pour bivouaquer ?

Pas forcément : un tarp ou une tente ultralégère remplace avantageusement une tente classique pour qui accepte un confort plus spartiate. Une tente deux places autoportante et double toit, comme la Big Agnes Copper Spur, pèse de l’ordre de 1,2 à 1,5 kg selon la version, et bien davantage pour des modèles d’entrée de gamme.
Un tarp en silnylon, simple bâche tendue entre deux arbres ou sur un bâton de marche, pèse souvent entre 300 et 500 g. Il se monte vite une fois la technique maîtrisée et offre une vraie sensation de liberté, comme l’explique notre guide du tarp en randonnée, alternative minimaliste à la tente.
Le tarp convient surtout en forêt et par temps stable. En zone exposée au vent, au-dessus de la limite des arbres ou par risque d’orage, une tente fermée protège beaucoup mieux. Avant de bivouaquer, vérifiez aussi la réglementation locale : dans les cœurs de parcs nationaux, le bivouac est généralement limité à certaines zones et à certains horaires. Pour choisir un abri adapté, voyez comment choisir une tente de randonnée.
Peut-on remplacer un reflex par un smartphone en randonnée ?

Oui, pour la plupart des usages, un smartphone récent suffit à rapporter de belles images de randonnée. Un reflex comme le Canon EOS 90D pèse environ 700 g boîtier seul, auquel s’ajoutent objectifs et batteries de rechange.
Sur le terrain, un appareil lourd reste souvent au fond du sac parce qu’il est long à sortir, et la crainte des chocs ou de l’humidité le rend encombrant. Un smartphone, toujours accessible, permet des photos spontanées sans casser le rythme de marche ; les modes HDR et les capteurs actuels gèrent bien les paysages contrastés.
Le compromis n’est pas neutre : le téléphone sert aussi de GPS, de moyen d’alerte et de lampe d’appoint. Il faut donc surveiller sa batterie et emporter une batterie externe. Les passionnés d’image peuvent opter pour un hybride compact, plus léger qu’un reflex. Nos conseils pour réussir ses photos en randonnée s’appliquent à tous les appareils.
Quels équipements ne faut-il jamais supprimer ?
La recherche de légèreté ne doit jamais toucher au matériel de sécurité. Quel que soit le poids visé, gardez dans le sac :
- une veste imperméable et une couche chaude (polaire ou doudoune) ;
- une trousse de premiers secours et une couverture de survie ;
- une lampe frontale ;
- de quoi s’orienter (carte, application hors ligne) et un téléphone chargé ;
- assez d’eau et de nourriture pour la journée, avec une marge.
Avant chaque étape en montagne, consultez le bulletin de Météo-France montagne et indiquez votre itinéraire à un proche. En cas d’accident, composez le 112 : les secours en montagne sont assurés en France par le PGHM ou la CRS selon les secteurs.
Comment alléger son sac progressivement ?
La méthode la plus sûre consiste à peser chaque objet et à noter, au retour de chaque sortie, ce qui n’a pas servi. Un objet inutilisé sur plusieurs randonnées, et qui ne relève pas de la sécurité, est un bon candidat à la suppression.
- Pesez votre sac à vide puis chargé, et listez le poids de chaque élément.
- Supprimez d’abord les doublons (vêtements, gadgets, contenants).
- Remplacez ensuite les « trois gros » : sac, abri et couchage, qui concentrent l’essentiel du poids.
- Testez chaque changement sur une sortie courte avant une longue itinérance.
Alléger son sac est un apprentissage : les quatre accessoires présentés ici sont de bons premiers candidats, à condition d’adapter chaque choix à la météo, à l’altitude et à son propre niveau d’expérience.
Questions fréquentes
Peut-on randonner plusieurs jours sans réchaud ?
Oui, en misant sur une alimentation froide et dense : fruits secs, oléagineux, fromages à pâte dure, pain, barres, flocons réhydratés à l’eau froide. Cette option convient surtout en été et à basse altitude. En montagne par temps froid, ou lorsqu’il faut faire fondre de la neige, un réchaud reste utile.
Combien de tenues emporter pour un trek de plusieurs jours ?
Une tenue de marche portée, plus une couche sèche pour le soir et la nuit, suffit dans la plupart des cas. La laine mérinos limite les odeurs et les textiles synthétiques sèchent vite après un lavage à l’étape. Deux paires de chaussettes en alternance sont un minimum raisonnable.
Un tarp peut-il remplacer une tente en montagne ?
Un tarp convient bien en forêt ou dans des zones abritées, par temps stable. Au-dessus de la limite des arbres, face au vent, à la pluie battante ou aux orages, une tente ultralégère fermée offre une protection nettement supérieure. Le tarp demande aussi de l’entraînement pour le monter correctement.
Quel poids de sac viser pour une randonnée légère ?
On parle souvent de randonnée légère lorsque le poids de base (sac sans eau ni nourriture) descend sous 7 à 9 kg, et d’ultraléger en dessous d’environ 4 à 5 kg. Ces seuils sont indicatifs : la priorité reste d’emporter ce que la saison et l’altitude exigent.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
