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Patou en randonnée : les 5 bons gestes face à un chien de protection

Patou en randonnée : les 5 bons gestes face à un chien de protection
En bref

Face à un patou, il faut s’arrêter, rester calme et parler d’une voix posée, ne pas le fixer ni le menacer avec un bâton, puis contourner largement le troupeau à allure normale. Le chien vient souvent vérifier l’intrus : on le laisse renifler sans le caresser. À vélo, on descend et on pousse ; un chien de compagnie se tient en laisse ou reste à la maison.

À retenir
  • Le patou (montagne des Pyrénées) est un chien de protection qui vit en permanence avec le troupeau et le défend contre les loups, les chiens errants et tout ce qu’il perçoit comme une menace.
  • Le premier geste est de s’arrêter et de se signaler calmement : courir ou crier déclenche une poursuite.
  • Le troupeau se contourne largement, sans jamais le traverser ni s’approcher des agneaux.
  • Il ne faut ni caresser, ni nourrir, ni menacer le chien, même avec un bâton de marche levé.
  • Un chien de compagnie, même tenu en laisse, augmente fortement le risque de conflit avec les chiens de protection.
Sommaire
  1. Qu’est-ce qu’un patou et pourquoi peut-il être dangereux ?
  2. Comment reconnaître un chien de protection à distance ?
  3. Quels sont les 5 bons gestes face à un patou ?
  4. Que faire si le patou reste menaçant ?
  5. Randonner avec son chien en zone pastorale : quelles précautions ?
  6. Comment la cohabitation évolue-t-elle sur les alpages ?
  7. L’essentiel avant de partir sur une estive

Sur les estives des Alpes, des Pyrénées ou du Massif central, il est de plus en plus fréquent de croiser un grand chien blanc au milieu des brebis. Ce patou, chien de protection des troupeaux, n’est pas un chien de berger qui rassemble les bêtes : il vit avec elles et les défend contre le loup, les chiens errants et tout intrus qu’il juge suspect.

La plupart des rencontres se passent sans problème, mais des incidents, parfois des morsures, sont signalés chaque été, souvent à la suite de gestes inadaptés. Cet article de la rédaction explique comment reconnaître un chien de protection, les cinq gestes qui désamorcent une rencontre et les précautions à prendre si l’on randonne avec son propre chien.

Qu’est-ce qu’un patou et pourquoi peut-il être dangereux ?

Patou blanc couché au milieu d’un troupeau de brebis sur une estive de montagne

Le patou, ou montagne des Pyrénées, est une race de chien de protection originaire des Pyrénées, au pelage blanc et épais. Un mâle adulte mesure de 70 à 80 cm au garrot et pèse couramment de 45 à 60 kg. Le mot « patou » désigne aussi, par extension, tous les chiens de protection des troupeaux, dont d’autres races comme le berger d’Anatolie ou le berger des Abruzzes.

Ces chiens sont élevés dès le plus jeune âge au contact des brebis : ils les considèrent comme leur groupe et vivent avec elles jour et nuit, souvent sans la présence permanente du berger. Leur rôle s’est renforcé avec le retour du loup dans les massifs français, et leur nombre a nettement augmenté sur les alpages depuis les années 2000.

Un patou n’est donc pas agressif par nature, mais il est dissuasif par fonction. Face à une personne inconnue, il aboie, s’approche et « contrôle ». S’il perçoit une menace (quelqu’un qui court, crie, lève un bâton, s’approche des agneaux ou arrive avec un chien), il peut charger, pincer ou mordre.

Comment reconnaître un chien de protection à distance ?

Grand chien de protection blanc surveillant des moutons sur un alpage

On reconnaît un chien de protection à sa présence au sein même du troupeau, à sa grande taille et, le plus souvent, à son pelage clair qui se confond avec la laine des brebis. De loin, il peut être difficile à distinguer : c’est pourquoi il faut considérer que tout troupeau d’ovins en estive peut être gardé.

Plusieurs signaux doivent alerter :

  • des panneaux à l’entrée du sentier ou sur les clôtures indiquant la présence de chiens de protection ;
  • un aboiement grave et profond qui porte loin, émis avant même que le chien soit visible ;
  • un chien qui se lève et se place entre le troupeau et le randonneur ;
  • un troupeau couché ou regroupé près du sentier, notamment en début ou en fin de journée.

La vigilance des chiens est plus forte au printemps et au début de l’été, quand le troupeau compte de jeunes agneaux, ainsi que lorsque les bêtes se reposent. Consulter la carte des estives auprès de l’office de tourisme ou du parc permet parfois d’anticiper.

La vidéo ci-dessous montre le comportement type d’un chien de protection lors d’une rencontre avec des randonneurs.

Vidéo : Patou en randonnée : les 5 bons gestes face à un chien de protection

Quels sont les 5 bons gestes face à un patou ?

Randonneur immobile laissant approcher un patou sur un sentier de montagne

Face à un patou, il faut s’arrêter, se calmer et laisser le chien identifier la personne avant de contourner le troupeau. Ces cinq gestes reprennent les recommandations diffusées par les parcs nationaux et les services pastoraux.

1. S’arrêter et se signaler calmement

Dès que le chien aboie ou s’approche, on s’arrête. Il ne faut surtout pas courir : la fuite déclenche l’instinct de poursuite. Parler d’une voix posée et régulière permet au chien de comprendre qu’il a affaire à un humain et non à un prédateur.

2. Adopter une attitude neutre

Les bras restent le long du corps, les bâtons de marche près de soi, pointe vers le sol. On évite de fixer le chien dans les yeux, ce qui est perçu comme un défi, sans pour autant lui tourner complètement le dos. Il est inutile de lui lancer des pierres ou de le menacer : cela aggrave la situation.

3. Laisser le chien venir identifier

Le patou s’approche souvent jusqu’à quelques mètres, voire vient renifler. Il faut le laisser faire sans le caresser ni lui donner à manger. Une fois rassuré, il se calme, repart vers le troupeau ou reste à distance en observant.

4. Contourner largement le troupeau

On ne traverse jamais un troupeau. Il faut le contourner en gardant une large marge, plusieurs dizaines de mètres au minimum, et davantage si le relief le permet, quitte à quitter le sentier. On repart à allure normale, sans se précipiter. Il est fréquent que le chien raccompagne le randonneur sur une centaine de mètres : c’est un comportement normal.

5. Ne jamais interagir avec les brebis

Approcher les agneaux pour une photo, nourrir les bêtes ou tenter de caresser le chien sont les erreurs qui provoquent le plus d’incidents. Les photos se prennent de loin, au téléobjectif ou au zoom du téléphone.

À faireÀ éviter
S’arrêter et parler calmementCourir, crier ou siffler
Garder les bâtons près du corpsLever un bâton ou lancer des pierres
Laisser le chien reniflerLe caresser ou le nourrir
Contourner largement le troupeauTraverser le troupeau
Descendre du vélo et le pousserPasser vite à VTT ou en trail

Que faire si le patou reste menaçant ?

Si le chien continue d’aboyer en s’approchant, montre les dents ou refuse de laisser passer, il faut reculer lentement dans la direction d’où l’on vient, face au chien, jusqu’à ce qu’il se calme. Dans certains cas, le plus prudent est de renoncer à ce passage et de prendre un itinéraire de contournement.

Le vélo ou le trail augmentent le risque : la vitesse et le mouvement ressemblent à une fuite. Les vététistes descendent de leur vélo et le placent entre eux et le chien ; les traileurs repassent au pas bien avant le troupeau.

En cas de morsure, on appelle le 112 si la blessure le justifie, puis on consulte un médecin même pour une plaie superficielle. Il est utile de relever le lieu précis et de signaler l’incident au berger, à la mairie ou à l’office de tourisme. Pour aller plus loin sur les réflexes de sécurité en altitude, la rédaction a aussi publié un guide pour réagir face à un orage en randonnée.

Randonner avec son chien en zone pastorale : quelles précautions ?

Randonneuse tenant son chien en laisse à distance d’un troupeau de brebis en montagne

Venir avec son chien est la situation la plus à risque : le patou considère tout autre chien comme un prédateur potentiel, même un animal sociable tenu en laisse. Pendant la saison d’estive, de juin à septembre environ, la meilleure précaution est de choisir un itinéraire sans troupeau ou de laisser son chien à la maison.

Si la rencontre est inévitable, le chien est tenu en laisse courte, et l’on fait un détour beaucoup plus large qu’à pied seul. Il ne faut jamais détacher son chien pour qu’il « se défende » : un chien de compagnie n’a aucune chance face à un chien de protection de 50 kg.

En cas de bagarre, tirer sur le collier peut aggraver les morsures ; mieux vaut ne pas s’interposer à mains nues et appeler à l’aide. Après l’incident, un examen vétérinaire s’impose, car certaines blessures ne se voient pas tout de suite. Rappel utile : les chiens sont interdits dans les cœurs des parcs nationaux, même tenus en laisse (Vanoise, Écrins, Mercantour, Pyrénées…).

Comment la cohabitation évolue-t-elle sur les alpages ?

La cohabitation entre randonneurs, éleveurs et chiens de protection est devenue un sujet important dans les massifs où le loup est présent. Parcs, communes et services pastoraux multiplient la signalétique à l’entrée des estives et les campagnes d’information estivales.

Des outils numériques commencent aussi à signaler la présence de troupeaux gardés, comme le montre notre article sur l’application qui aide à cohabiter avec les patous. Les récits d’incidents graves, comme celui d’une randonneuse attaquée par des patous, rappellent l’importance de connaître ces règles avant de partir.

Le travail des bergers se découvre aussi sur les sentiers patrimoniaux, par exemple dans ce village pyrénéen des bergers d’autrefois.

L’essentiel avant de partir sur une estive

Un patou n’attaque presque jamais un randonneur qui s’arrête, reste calme et contourne le troupeau. Avant une sortie en été, renseignez-vous sur la présence de troupeaux, prévoyez un itinéraire de repli et, si vous partez avec votre chien, choisissez un secteur sans estive. Ces précautions protègent à la fois les randonneurs, les chiens et le travail des éleveurs.

Questions fréquentes

Un patou peut-il mordre un randonneur ?

Oui, des morsures surviennent chaque année dans les zones pastorales, le plus souvent quand un randonneur traverse le troupeau, court, menace le chien ou passe avec son propre chien. Dans la grande majorité des rencontres, le patou se contente d’aboyer et de s’approcher pour identifier la personne. Adopter les bons gestes réduit fortement le risque.

Faut-il frapper un patou avec son bâton pour se défendre ?

Non. Lever ou agiter un bâton est perçu comme une agression et fait monter la tension. Il vaut mieux tenir les bâtons près du corps, pointe vers le sol, et reculer lentement en gardant le chien dans son champ de vision, sans le fixer dans les yeux.

Que faire à vélo ou en VTT face à un patou ?

Il faut descendre du vélo le plus tôt possible et le pousser entre soi et le chien, en marchant calmement. La vitesse et le bruit d’un vélo réveillent l’instinct de poursuite du chien. On remonte en selle seulement une fois le troupeau largement dépassé.

Peut-on randonner avec son chien dans une zone de patous ?

C’est déconseillé en période d’estive, de juin à septembre environ, car le patou voit un autre chien comme un prédateur potentiel. Si l’on ne peut pas l’éviter, le chien est tenu en laisse courte et l’on fait un très large détour. Dans les cœurs de parcs nationaux, les chiens sont de toute façon interdits, même en laisse.

Qui prévenir après un incident avec un patou ?

En cas de blessure, on appelle le 112. Pour un incident sans gravité, il est utile de signaler les faits au berger, à la mairie de la commune ou à l’office de tourisme, qui transmettent aux services pastoraux. Ces signalements aident à ajuster l’information des randonneurs sur les estives concernées.

Sources et liens utiles

Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.