En 2025, une joggeuse enceinte de cinq mois a été mordue à la jambe et au bras par des chiens de protection de troupeau à Saint-Dalmas-le-Selvage, dans les Alpes-Maritimes. Face à des patous, il faut ralentir puis s’arrêter, ne jamais courir, contourner largement le troupeau, parler calmement, tenir son chien en laisse et descendre de vélo. En cas de morsure, consultez un médecin et signalez l’incident à la mairie.
- Selon les informations relayées par la presse, une femme enceinte de cinq mois a été mordue par des chiens de protection alors qu’elle courait près d’un troupeau à Saint-Dalmas-le-Selvage, en haute Tinée.
- Les patous (chiens de montagne des Pyrénées) sont des chiens de protection élevés au sein du troupeau pour le défendre contre les prédateurs, notamment le loup.
- La course, le vélo, un chien non tenu en laisse ou une approche rapide et silencieuse du troupeau sont perçus comme une menace.
- Face à un patou, il faut s’arrêter, rester calme, parler d’une voix posée, ne pas menacer avec un bâton et contourner largement le troupeau.
- Toute morsure doit être vue par un médecin et signalée à la mairie de la commune, qui transmet l’information aux services compétents.
Sommaire
- Que s’est-il passé à Saint-Dalmas-le-Selvage ?
- Qu’est-ce qu’un patou et pourquoi protège-t-il le troupeau ?
- Pourquoi les coureurs sont-ils plus exposés ?
- Les incidents avec les chiens de protection sont-ils en hausse ?
- Comment réagir face à un patou en randonnée ?
- Quelles précautions pour les femmes enceintes et les enfants ?
- Ce qu’il faut retenir
Dans les Alpes-Maritimes, un footing matinal a mal tourné pour une coureuse enceinte de cinq mois, mordue par des chiens de protection de troupeau à Saint-Dalmas-le-Selvage, village de la haute vallée de la Tinée. L’incident, relayé par la presse régionale en 2025, relance le débat sur la cohabitation entre pastoralisme et activités de pleine nature.
Ces chiens, appelés patous, sont indispensables aux éleveurs dans les territoires où le loup est présent. Mais ils sont mal connus de nombreux randonneurs, traileurs et cyclistes, qui ne savent pas toujours comment réagir en les croisant.
La rédaction fait le point sur ce que l’on sait de cet accident, sur le rôle des chiens de protection et sur les gestes qui réduisent le risque de morsure en montagne.
Que s’est-il passé à Saint-Dalmas-le-Selvage ?

Selon les informations publiées, une femme enceinte de cinq mois courait tôt le matin sur un itinéraire qu’elle connaissait lorsqu’elle s’est approchée d’un troupeau de moutons gardé par des patous. Les chiens l’ont mordue à la jambe et au bras.
La victime a dû interrompre son activité professionnelle pendant environ quinze jours. Au-delà des blessures, elle a surtout décrit la peur ressentie pour sa grossesse pendant l’attaque, un traumatisme que connaissent d’autres personnes mordues par des chiens de protection.
Saint-Dalmas-le-Selvage se situe aux portes du Parc national du Mercantour, un territoire où l’élevage ovin est très présent en été et où les troupeaux sont presque systématiquement protégés par des chiens. Pour découvrir le secteur, voyez notre présentation du Parc du Mercantour et de sa nature sauvage.
Qu’est-ce qu’un patou et pourquoi protège-t-il le troupeau ?

Le patou, ou chien de montagne des Pyrénées, est un grand chien blanc de protection des troupeaux. Le terme désigne aussi, par extension, les autres races de chiens de protection utilisées en France (berger d’Anatolie, maremme-abruzzes…).
Ces chiens sont élevés dès leur plus jeune âge au milieu des brebis, avec lesquelles ils vivent en permanence. Ils ne rassemblent pas le troupeau comme un chien de berger : leur rôle est de dissuader les prédateurs, en premier lieu le loup, revenu naturellement dans les Alpes-Maritimes au début des années 1990.
Un patou n’est pas un chien d’attaque. Il aboie, s’approche pour identifier l’intrus et s’interpose entre lui et le troupeau. Dans la grande majorité des cas, la rencontre s’arrête là si le randonneur adopte la bonne attitude. Notre article sur la cohabitation avec les patous en montagne détaille ce fonctionnement.
Pourquoi les coureurs sont-ils plus exposés ?
La course à pied fait partie des situations qui déclenchent le plus souvent une réaction défensive. Un coureur arrive vite, souvent en silence, parfois de face ou par surprise derrière un virage : le chien n’a pas le temps de l’identifier et le perçoit comme une menace.
- La vitesse : un déplacement rapide évoque une poursuite ou une attaque.
- La surprise : un coureur qui débouche près du troupeau sans s’être signalé ne laisse pas au chien le temps de l’évaluer.
- La traversée du troupeau : passer entre les bêtes est l’erreur la plus risquée.
- Un chien de compagnie : il est perçu comme un prédateur potentiel, surtout s’il n’est pas tenu en laisse.
- Les déplacements du troupeau : tôt le matin et en fin de journée, lors des montées et descentes vers les pâturages, les chiens sont particulièrement vigilants.
Les traileurs sont donc directement concernés. Parmi les erreurs que font souvent les traileurs en montagne, ne pas ralentir à l’approche d’un troupeau figure parmi les plus courantes.
Les incidents avec les chiens de protection sont-ils en hausse ?

La fréquentation des sentiers de montagne a nettement augmenté ces dernières années, avec l’essor de la randonnée, du trail et du VTT. Dans le même temps, le nombre de chiens de protection a progressé avec l’extension de la présence du loup. Les rencontres sont donc plus nombreuses, dans les Alpes comme dans le Massif central ou les Pyrénées.
Il n’existe pas de statistique nationale simple et publique sur les morsures, mais éleveurs, communes et parcs signalent régulièrement des incidents chaque été. Des panneaux d’information sont installés à l’entrée de nombreux alpages, et des outils numériques se développent pour signaler la présence de troupeaux, comme l’application dédiée à la cohabitation avec les patous.
Reste que beaucoup de visiteurs occasionnels ignorent les consignes. L’information préventive, dans les offices de tourisme, les gîtes et sur les sentiers, demeure le meilleur levier pour éviter les accidents.
La vidéo ci-dessous revient sur les enjeux de cette cohabitation en montagne.

Comment réagir face à un patou en randonnée ?

La règle de base est simple : ralentir, s’arrêter, rester calme et contourner largement le troupeau. Ces consignes, diffusées par les parcs nationaux et les organisations pastorales, suffisent dans l’immense majorité des cas.
- Anticiper : repérez les troupeaux de loin et cherchez un passage qui les contourne largement, quitte à faire un détour.
- Ralentir : passez au pas bien avant d’arriver à proximité ; descendez de vélo et poussez-le.
- S’arrêter si un chien arrive : restez debout, immobile, et parlez d’une voix calme pour qu’il vous identifie.
- Ne pas menacer : ne criez pas, ne jetez rien, ne levez pas vos bâtons ; gardez-les pointe vers le sol.
- Ne pas fixer le chien ni chercher à le caresser ou à le nourrir.
- Repartir lentement une fois le chien calmé, sans lui tourner brusquement le dos ni courir.
- Tenir son chien en laisse, voire éviter de randonner avec lui dans les secteurs d’alpage.
Que faire en cas d’attaque ou de morsure ?
Si un chien mord, protégez en priorité le visage, le cou et le ventre, et interposez votre sac à dos entre vous et l’animal sans gestes brusques. Ne fuyez pas en courant : cela entretient la poursuite. Appelez le berger s’il est à proximité.
Après une morsure, nettoyez la plaie et consultez un médecin, même si la blessure paraît superficielle. En cas de blessure grave, composez le 112. Signalez ensuite l’incident à la mairie de la commune. Pour un exemple concret de bonne réaction, lisez le récit de ce randonneur qui a évité l’attaque d’un patou grâce à cinq gestes.
| Situation | Comportement recommandé | À éviter |
|---|---|---|
| Troupeau en vue | Ralentir, contourner largement | Traverser le troupeau |
| Chien qui aboie et approche | S’arrêter, parler calmement | Courir, crier, lever un bâton |
| Chien calmé | Repartir lentement en s’éloignant | Le caresser ou le nourrir |
| Morsure | Protéger visage et ventre, sac en écran | Fuir en courant |
Quelles précautions pour les femmes enceintes et les enfants ?
Les femmes enceintes, les enfants et les personnes âgées sont plus vulnérables en cas de chute ou de bousculade. Pour elles, la meilleure prévention consiste à éviter de passer à proximité des troupeaux et à choisir des itinéraires hors alpages pâturés pendant l’été.
Renseignez-vous auprès de l’office de tourisme ou du parc national sur la présence de troupeaux avant de partir, et gardez les enfants près de vous. Pour la pratique de la marche pendant la grossesse, notre dossier sur la randonnée pendant la grossesse rassemble les principales recommandations, à valider avec votre médecin ou votre sage-femme.
Ce qu’il faut retenir
L’accident de Saint-Dalmas-le-Selvage rappelle que les alpages sont des espaces de travail partagés. Les patous protègent les troupeaux contre le loup ; ils ne sont pas dangereux par nature, mais réagissent à ce qu’ils perçoivent comme une menace. Ralentir, s’arrêter, parler calmement et contourner le troupeau restent les meilleurs moyens de passer sans encombre.
Questions fréquentes
Que faire si un patou vient vers moi ?
Arrêtez-vous, restez debout et calme, et parlez d’une voix posée pour que le chien vous identifie. Ne courez pas, ne le fixez pas longuement et ne levez pas votre bâton de façon menaçante. Une fois le chien calmé, éloignez-vous lentement en contournant largement le troupeau.
Pourquoi les patous attaquent-ils les randonneurs ?
Les patous ne sont pas dressés pour attaquer les humains : ils protègent le troupeau contre tout ce qu’ils perçoivent comme une menace. Un coureur, un cycliste, un chien ou une personne qui traverse le troupeau peut déclencher une réaction défensive. La plupart des rencontres se limitent à des aboiements et à une approche d’intimidation.
Peut-on courir ou faire du trail près d’un troupeau ?
Non. À l’approche d’un troupeau, les traileurs doivent passer au pas bien avant d’arriver à proximité, puis marcher calmement en le contournant. La course est l’un des principaux déclencheurs de réaction des chiens de protection.
Que faire après une morsure de chien de protection ?
Nettoyez la plaie, consultez un médecin rapidement et appelez le 112 si la blessure est grave. Signalez ensuite l’incident à la mairie de la commune et, si possible, à l’éleveur ou au berger. Ces signalements permettent d’identifier les chiens à problème et d’améliorer l’information sur place.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
