Pour randonner avec peu de déchets, remplacez les emballages jetables par des sachets et boîtes réutilisables, préparez vos repas déshydratés à partir de produits en vrac, remplissez une gourde (avec filtre si besoin) plutôt que d’acheter des bouteilles, et redescendez tout ce que vous avez monté, y compris les restes alimentaires et le papier toilette.
- La règle de base en montagne est simple : tout ce qui est monté doit redescendre, y compris les épluchures et trognons, qui se décomposent lentement en altitude.
- Des sachets zippés réutilisables en silicone ou en tissu enduit remplacent les sacs plastique jetables pour les collations et les repas.
- Des repas déshydratés maison, à base de céréales, légumineuses et légumes secs achetés en vrac, évitent les sachets lyophilisés à usage unique.
- Une gourde ou une poche à eau associée à un filtre ou à des pastilles de purification évite l’achat de bouteilles plastique.
- Les excréments s’enterrent dans un trou d’une quinzaine de centimètres, à bonne distance des sources, des cours d’eau et des sentiers.
Sommaire
- Pourquoi réduire ses déchets en randonnée ?
- Comment remplacer les emballages jetables ?
- Comment organiser ses repas sans suremballage ?
- Comment préparer ses propres repas déshydratés ?
- Que faire de ses déchets pendant la randonnée ?
- Et au-delà du sac : matériel et transport
- Commencer petit, progresser à chaque sortie
La randonnée zéro déchet est un objectif ambitieux qui peut sembler contraignant. Selon votre situation, il n’est pas toujours réaliste de préparer un sac sans le moindre emballage, faute de magasins de vrac à proximité ou de temps pour tout préparer soi-même. En revanche, la randonnée à faible déchet est accessible à tous, à condition d’avancer par petites étapes.
Inutile d’appliquer tous les conseils de ce guide dès la prochaine sortie : choisissez ceux qui vous conviennent, puis ajoutez-en d’autres au fil des randonnées. La rédaction a réuni ici les gestes les plus efficaces, de la préparation du sac jusqu’au retour à la maison, pour limiter votre empreinte sur les sentiers.
Pourquoi réduire ses déchets en randonnée ?
Parce que les déchets abandonnés en montagne restent visibles et nocifs pendant très longtemps. Le froid, la sécheresse et la faible activité biologique en altitude ralentissent fortement leur décomposition : même un déchet dit « naturel » comme une peau de banane peut persister des mois.
Les déchets attirent aussi la faune vers les zones fréquentées, modifient son alimentation et peuvent être ingérés par les animaux ou le bétail en estive. Les associations de protection de la montagne organisent régulièrement des opérations de ramassage sur les sites les plus fréquentés. Pour replacer ces gestes dans une démarche plus large, lisez nos conseils pour une randonnée responsable.
Comment remplacer les emballages jetables ?
Le moyen le plus simple de réduire ses déchets est de remplacer les sachets plastique jetables par des contenants réutilisables. Si vous les utilisez déjà au quotidien, vous connaissez leur intérêt ; sinon, c’est souvent la première étape vers une démarche zéro déchet.
Voici une vidéo de conseils pratiques pour préparer sa randonnée :

Les sachets zippés en silicone ou en tissu enduit sont parfaits pour les collations : fruits secs, noix, biscuits maison, fromage. Ils résistent au congélateur : un aliment que vous souhaitez garder frais peut y passer la nuit précédant le départ et jouer le rôle de pain de glace le matin.
| Jetable | Alternative réutilisable | Remarque |
|---|---|---|
| Sachet plastique de congélation | Sachet zippé en silicone | Lavable, résistant au froid et à l’eau chaude |
| Film étirable, papier aluminium | Emballage en tissu enduit de cire d’abeille | Idéal pour sandwichs et fromage |
| Bouteille d’eau en plastique | Gourde ou poche à eau | Avec filtre ou pastilles si l’eau n’est pas sûre |
| Couverts en plastique | Cuillère-fourchette en titane ou en bambou | Quelques grammes seulement |
| Lingettes jetables | Petite serviette microfibre | Sèche vite, se lave au retour |
Pour l’eau, une gourde de randonnée se remplit aux fontaines des villages ou aux refuges. En pleine nature, l’eau des torrents peut être contaminée, notamment par les troupeaux : utilisez un filtre, des pastilles de purification ou faites-la bouillir.
Comment organiser ses repas sans suremballage ?
Pour rester organisé sur plusieurs jours, beaucoup de randonneurs regroupent les ingrédients de chaque repas dans un même sac. Plutôt qu’un sac plastique par repas, optez pour des sacs à vrac en tissu léger ou des boîtes souples réutilisables : ils pèsent à peine plus lourd et servent pendant des années.
Un code couleur (petit-déjeuner, déjeuner, dîner) ou des étiquettes lavables facilitent le rangement dans le sac et évitent de tout déballer au bivouac.
Comment préparer ses propres repas déshydratés ?
Préparer ses repas soi-même permet d’éviter les sachets lyophilisés individuels, généralement composés de plusieurs couches de plastique et d’aluminium non recyclables. Deux méthodes existent.
Sans déshydrateur
Les épiceries vrac proposent de nombreux produits déjà secs : semoule, flocons d’avoine, lentilles corail, purée en flocons, nouilles de riz, légumes déshydratés, lait en poudre, épices. Mélanger une céréale, une légumineuse et des légumes secs donne un repas complet, riche en énergie et rapide à réhydrater. Pour les condiments comme la sauce soja ou l’huile d’olive, achetez-les en grand format et transvasez la quantité nécessaire dans de petits flacons réutilisables, plutôt que d’utiliser des dosettes individuelles.
Avec un déshydrateur
Un déshydrateur permet de sécher des fruits, des légumes, de la sauce tomate ou même des plats cuisinés, qui se réhydratent ensuite avec de l’eau chaude. Il ouvre un large éventail de recettes pour se régaler au bivouac. Pour composer des menus équilibrés, inspirez-vous de nos idées de repas pour bien s’alimenter en randonnée et de nos conseils pour bien manger lors d’une randonnée de plusieurs jours.
Que faire de ses déchets pendant la randonnée ?
En montagne, la règle est simple : tout ce qui monte redescend. Emportez un petit sac dédié, étanche et réutilisable, pour y regrouper vos déchets, y compris :
- les épluchures, trognons, coquilles et restes de repas ;
- les emballages de barres et de gels, souvent perdus en route : glissez-les dans une poche fermée ;
- les mégots, très polluants pour l’eau ;
- le papier toilette et les protections hygiéniques, dans un sachet opaque hermétique.
Pour les besoins naturels, éloignez-vous des sentiers, des sources et des cours d’eau, et enterrez les excréments dans un trou d’une quinzaine de centimètres. Si vous faites votre vaisselle ou votre toilette, utilisez très peu de savon, même biodégradable, et jamais directement dans un lac ou un torrent. Enfin, ramasser un ou deux déchets trouvés sur le chemin est un geste simple qui contribue à garder les sentiers propres.
Et au-delà du sac : matériel et transport
La réduction des déchets passe aussi par le choix du matériel. Réparer un vêtement ou une tente, acheter d’occasion ou louer un équipement utilisé rarement prolonge la durée de vie des produits. Privilégiez les piles rechargeables pour la lampe frontale et un réchaud à cartouche à valve, qui peut être démonté puis remonté tant qu’il reste du gaz. Une cartouche vide se dépose en déchetterie.
Le trajet jusqu’au départ représente souvent la plus grande part de l’impact d’une randonnée : train, car ou covoiturage réduisent nettement l’empreinte de la sortie.
Commencer petit, progresser à chaque sortie
Un sachet réutilisable pour les collations, une gourde remplie à la maison et un sac à déchets dans la poche : ces trois gestes suffisent pour une première randonnée à faible déchet. Les repas maison, le vrac et le matériel réparé viendront ensuite, au rythme de chacun, avec à la clé un sac plus léger et des sentiers plus propres.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la randonnée zéro déchet ?
La randonnée zéro déchet consiste à produire le moins de déchets possible pendant une sortie et à ne rien laisser dans la nature. On privilégie les contenants réutilisables, les achats en vrac et le matériel durable. Dans la pratique, on parle plutôt de randonnée à faible déchet, car le zéro absolu est rarement atteignable.
Peut-on jeter ses épluchures de fruits dans la nature ?
Non. Les peaux de banane, d’orange ou les trognons de pomme mettent des mois à se décomposer, surtout en altitude où il fait froid et sec. Ils attirent aussi la faune vers les sentiers et modifient son alimentation. Il faut les rapporter avec ses autres déchets.
Que faire du papier toilette en randonnée ?
L’idéal est de le rapporter dans un petit sachet opaque et hermétique, car il se dégrade lentement et reste visible longtemps. Les excréments peuvent être enterrés dans un trou d’une quinzaine de centimètres, loin des points d’eau et des sentiers. Dans certains espaces très fréquentés ou protégés, des règles spécifiques s’appliquent.
Comment recycler une cartouche de gaz de randonnée ?
Une cartouche de gaz doit être totalement vide avant d’être jetée. Elle ne va pas dans la poubelle classique : déposez-la en déchetterie, où elle rejoint une filière adaptée. Certaines cartouches à valve peuvent être réutilisées tant qu’il reste du gaz, ce qui limite le nombre de cartouches entamées.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
