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GR20 en 5 jours : préparation, découpage des étapes et sécurité

GR20 en 5 jours : préparation, découpage des étapes et sécurité
En bref

Faire le GR20 en 5 jours signifie parcourir environ 180 km et 10 000 à 12 000 m de dénivelé positif en enchaînant trois étapes classiques par jour, soit 30 à 45 km et 12 à 16 heures d’effort quotidien. Ce format d’ultra-trek est réservé aux traileurs et montagnards très entraînés, idéalement de fin juin à mi-septembre, avec réservations en refuge et sac allégé.

À retenir
  • Le GR20 relie Calenzana à Conca sur environ 180 km, habituellement parcourus en 15 ou 16 étapes.
  • En 5 jours, il faut regrouper environ trois étapes classiques par jour, avec des journées de 12 à 16 heures de marche.
  • Le cirque de la Solitude est fermé depuis l’éboulement meurtrier de juin 2015 ; une variante par la pointe des Éboulis relie Haut-Asco à Tighjettu.
  • Vizzavona, à mi-parcours, est desservi par le train Ajaccio–Bastia et constitue la principale porte de sortie du sentier.
  • Les nuits en refuge et sur les aires de bivouac se réservent auprès du Parc naturel régional de Corse, le bivouac sauvage étant interdit.
Sommaire
  1. Le GR20 en 5 jours, pour qui ?
  2. Comment s’entraîner pour un GR20 express ?
  3. Quelle est la meilleure période pour faire le GR20 en 5 jours ?
  4. Comment organiser la logistique d’un GR20 express ?
  5. Comment découper le GR20 en 5 jours ?
  6. Quelles règles de sécurité respecter sur un GR20 rapide ?
  7. Faut-il vraiment faire le GR20 en 5 jours ?

Le GR20 est un sentier de grande randonnée d’environ 180 km qui traverse la Corse du nord au sud, de Calenzana (Haute-Corse) à Conca (Corse-du-Sud). Réputé comme l’un des GR les plus exigeants d’Europe, il se parcourt habituellement en 15 ou 16 étapes, pour un dénivelé positif cumulé de l’ordre de 10 000 à 12 000 m selon les sources et les variantes.

Le boucler en 5 jours revient à transformer un trek en ultra-trail de plusieurs jours : environ trois étapes classiques par jour, des départs à la frontale et des journées de 12 à 16 heures. Ce format existe et certains randonneurs rapides le réussissent, mais il n’a rien de « facile ».

Ce guide s’adresse aux marcheurs très entraînés qui envisagent ce défi. Il détaille le niveau requis, la préparation, la logistique, un découpage indicatif en cinq journées et les règles de sécurité. Si vous découvrez le GR20, commencez plutôt par nos conseils pour faire le GR20 dans son format classique.

Le GR20 en 5 jours, pour qui ?

Randonneur progressant sur une crête rocheuse du GR20 au-dessus des vallées corses

Le GR20 en 5 jours s’adresse aux traileurs et montagnards capables d’enchaîner plusieurs journées de plus de 30 km et 2 000 m de dénivelé positif sur terrain technique. C’est une épreuve d’ultra-endurance qui sollicite fortement muscles, tendons, articulations et mental.

La difficulté ne tient pas seulement à la distance. Le terrain du GR20 est fait de granite, de pierriers, de dalles lisses et de passages où l’on pose les mains, parfois équipés de chaînes. La vitesse de progression y est bien inférieure à celle d’un sentier de moyenne montagne, surtout dans la partie nord.

L’expérience préalable indispensable

Avant d’envisager ce format, il est prudent d’avoir :

  • réalisé au moins un ou deux treks de plusieurs jours avec dénivelé important, idéalement le GR20 classique ou un tour comme le Tour du Mont-Blanc en 5 jours ;
  • pratiqué des passages équipés (chaînes, échelles) et des terrains rocheux instables ;
  • couru ou marché au moins une épreuve de type ultra-trail en montagne ;
  • testé sa capacité à repartir le lendemain d’une journée de plus de 12 heures d’effort.

Une excellente condition physique ne suffit pas : des sportifs très endurants renoncent régulièrement faute d’aisance sur le rocher. Notre article sur le niveau nécessaire pour réussir le GR20 aide à s’évaluer honnêtement.

Comment s’entraîner pour un GR20 express ?

La préparation d’un GR20 en 5 jours commence au moins trois à six mois avant le départ et repose sur des sorties longues avec dénivelé, répétées sur plusieurs jours. L’endurance cardiovasculaire est fondamentale, mais un renforcement musculaire ciblé est tout aussi important.

La vidéo ci-dessous donne un aperçu du terrain et du rythme d’un GR20 parcouru rapidement.

Vidéo : GR20 en 5 jours : préparation, découpage des étapes et sécurité

Un programme progressif en blocs

Le cœur de l’entraînement consiste à enchaîner des sorties longues en montagne, puis des week-ends « back-to-back » qui simulent la succession des journées sur le GR20. À titre indicatif :

  1. Premier bloc : sorties de 15 à 20 km avec 800 à 1 000 m de dénivelé positif, une à deux fois par semaine.
  2. Deuxième bloc : sorties de 25 à 30 km avec 1 500 m de dénivelé, puis deux jours consécutifs à ce niveau.
  3. Troisième bloc : trois jours consécutifs de 30 km ou plus avec 2 000 m de dénivelé, sac chargé comme sur le GR20.
  4. Affûtage : réduction du volume les deux dernières semaines pour arriver reposé.

Ces charges sont à adapter à votre niveau et à votre historique. Si vous avez des antécédents de blessures ou un doute sur votre santé, demandez l’avis de votre médecin avant de vous lancer dans un tel volume.

Renforcement et proprioception

Complétez les sorties par deux séances hebdomadaires de renforcement :

  • quadriceps, ischio-jambiers et mollets, pour encaisser les longues descentes ;
  • travail proprioceptif sur surface instable, pour protéger les chevilles sur les pierriers ;
  • gainage complet, pour soulager le dos sous le sac.

Nos conseils pour se préparer à une randonnée détaillent les bases d’une préparation physique progressive.

Préparer son mental

Randonneur faisant une pause face aux sommets granitiques du GR20 en Corse

Sur un GR20 en 5 jours, la fatigue accumulée, le manque de sommeil et les éventuelles intempéries pèsent autant que les jambes. Découper chaque journée en segments d’un refuge à l’autre aide à ne pas se laisser écraser par l’ampleur du défi.

Les techniques de respiration contrôlée peuvent aider dans les moments difficiles. Si vous emportez de la musique, préférez des écouteurs à conduction osseuse, qui laissent entendre l’environnement, et gardez-les rangés dans les passages techniques où la concentration doit être totale.

Quelle est la meilleure période pour faire le GR20 en 5 jours ?

La fenêtre la plus favorable va de fin juin à mi-septembre, quand les refuges sont gardés et que la neige a fondu sur les crêtes. Pour un format rapide, la seconde quinzaine de juin présente plusieurs atouts :

  • des journées parmi les plus longues de l’année, précieuses quand on marche 12 à 16 heures ;
  • une fréquentation des refuges encore modérée par rapport à juillet-août ;
  • des sources et points d’eau généralement mieux alimentés qu’en fin d’été.

En début de saison, des névés peuvent persister sur les secteurs d’altitude du nord. En juillet et août, les orages de fin de journée sont fréquents et la chaleur est forte dans les parties basses. Consultez chaque jour le bulletin de Météo-France montagne et adaptez votre programme : sur un planning aussi serré, mieux vaut raccourcir une journée que s’engager sur une crête sous l’orage.

Comment organiser la logistique d’un GR20 express ?

Refuge et aire de bivouac du GR20 au pied des montagnes corses

La logistique d’un GR20 en 5 jours se résume à trois mots : réserver, alléger, ravitailler. Un imprévu logistique coûte beaucoup plus cher en temps sur un format rapide que sur un GR20 classique.

Réserver les refuges du Parc

Les refuges du GR20 sont gérés par le Parc naturel régional de Corse, qui ouvre chaque saison la réservation en ligne des nuitées en dortoir, des tentes louées et des emplacements de bivouac. Le bivouac sauvage est interdit dans le Parc : on ne plante la tente que sur les aires prévues près des refuges.

Pour un format en 5 jours, identifiez vos quatre nuits (par exemple Haut-Asco, Castel di Vergio, Vizzavona et Usciolu dans le découpage ci-dessous) et réservez dès l’ouverture de la saison. Certains hébergements privés situés sur les cols routiers (Haut-Asco, Castel di Vergio, Vizzavona) proposent aussi chambres et repas.

Alléger le sac et planifier le ravitaillement

En dormant et en dînant dans les refuges, on peut viser un sac de 6 à 8 kg eau comprise, proche d’un sac de trail long. Les refuges gardés vendent en général des produits de base, et plusieurs points du parcours permettent un ravitaillement plus complet : Haut-Asco, Castel di Vergio, Vizzavona, col de Verde et Bavella. Les produits disponibles varient selon les arrivages : emportez toujours une marge de nourriture.

Prévoyez des espèces, la carte bancaire n’étant pas acceptée partout et la connexion étant aléatoire. Notre guide du budget à prévoir pour le GR20 aide à chiffrer ces dépenses.

Rejoindre Calenzana et revenir de Conca

On rejoint la Corse en avion (Bastia, Calvi, Ajaccio, Figari) ou en ferry depuis Marseille, Toulon ou Nice, avec notamment Corsica Linea, La Méridionale et Corsica Ferries. Nos conseils pour rejoindre la Corse en ferry comparent les options.

Calenzana se trouve à une douzaine de kilomètres de Calvi, accessible en bus ou en taxi. À l’arrivée, Conca est reliée à Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio, d’où partent des bus vers Porto-Vecchio et Bastia ; les horaires et navettes varient chaque saison et se vérifient sur place. Prévoyez une nuit à Calenzana avant le départ et une nuit de récupération à l’arrivée.

Comment découper le GR20 en 5 jours ?

Sentier du GR20 serpentant entre les massifs granitiques du centre de la Corse

Le découpage le plus logique regroupe environ trois étapes classiques par jour, avec des fins de journée sur des points accessibles (cols routiers ou refuges importants). Le tableau suivant donne un ordre de grandeur : les distances et les temps varient selon les sources, les variantes et votre allure, et doivent être recalculés sur la carte IGN ou le topoguide officiel.

JourTrajetÉtapes classiques regroupéesDistance indicativePrincipales difficultés
1Calenzana (275 m) – Haut-Asco (1 422 m)3 (via Ortu di u Piobbu et Carrozzu)environ 25 kmlongue montée initiale, dalles rocheuses, passerelle de Spasimata
2Haut-Asco – Castel di Vergio (1 404 m)3 (via Tighjettu et Ciottulu di i Mori)environ 30 kmvariante de la pointe des Éboulis (vers 2 600 m), terrain très minéral
3Castel di Vergio – Vizzavona (environ 900 m)4 (via Manganu, Petra Piana et l’Onda)environ 45 kmbrèche de Capitello (vers 2 225 m), crêtes, longue descente vers Vizzavona
4Vizzavona – Usciolu (1 750 m)3 (via Capanelle et Prati)environ 40 kmlongue distance, crête entre Prati et Usciolu
5Usciolu – Conca (environ 250 m)3 (via Asinau et Paliri)environ 40 kmvariante alpine de Bavella possible, chaleur dans la descente finale

Jour 1 : Calenzana – Haut-Asco

La première journée démarre par une longue montée depuis Calenzana vers le refuge d’Ortu di u Piobbu (environ 1 570 m). Partir très tôt, à la frontale, permet de passer les premières heures dans la fraîcheur.

Le tronçon vers le refuge de Carrozzu (environ 1 270 m) alterne crêtes et passages rocheux, avant la traversée de la passerelle suspendue de Spasimata et la remontée vers Haut-Asco. Haut-Asco, accessible par la route, offre hébergement, repas et ravitaillement.

Jour 2 : Haut-Asco – Castel di Vergio

Depuis la fermeture du cirque de la Solitude après l’éboulement meurtrier de juin 2015, le GR20 relie Haut-Asco au refuge de Tighjettu par une variante d’altitude qui passe par la pointe des Éboulis, point culminant du parcours vers 2 600 m. C’est une section longue, très minérale et exposée par mauvais temps.

Après Tighjettu, le sentier rejoint le refuge de Ciottulu di i Mori, au pied de la Paglia Orba, puis descend vers Castel di Vergio, station routière avec hôtel et ravitaillement. Cette journée est souvent la plus éprouvante techniquement.

Jour 3 : Castel di Vergio – Vizzavona

C’est la journée la plus longue du découpage. Le sentier passe par le lac de Ninu et les bergeries de Vaccaghja, rejoint le refuge de Manganu (environ 1 600 m), puis franchit la brèche de Capitello, avec vue sur les lacs de Melo et de Capitellu.

Suivent le refuge de Petra Piana, la descente vers l’Onda, puis la montée et la longue descente vers Vizzavona. Les bâtons soulagent les genoux sur ces milliers de mètres de dénivelé négatif. Vizzavona, desservi par le train Ajaccio–Bastia, offre hébergement et ravitaillement, et constitue la meilleure porte de sortie en cas de problème.

Jour 4 : Vizzavona – Usciolu

Le GR20 Sud commence par une montée en forêt de pins laricio et de hêtres, puis rejoint les bergeries et la station de Capanelle. Le sentier, plus roulant, reste long jusqu’au col de Verde, point de ravitaillement routier.

La montée vers le refuge de Prati (environ 1 820 m) puis la crête jusqu’au refuge d’Usciolu (environ 1 750 m) demandent de la vigilance sur les dalles, glissantes par temps humide. La fatigue accumulée rend cette fin de journée mentalement difficile.

Jour 5 : Usciolu – Conca

La dernière journée conduit au refuge d’Asinau, puis vers le massif de Bavella, où l’on choisit entre l’itinéraire principal et la variante alpine plus technique. Le passage à Bavella permet un dernier ravitaillement.

Après le refuge de Paliri, le sentier descend dans le maquis jusqu’à Conca. Les points d’eau se raréfient et la chaleur peut être forte en fin de parcours : remplissez vos gourdes à chaque occasion.

Quelles règles de sécurité respecter sur un GR20 rapide ?

Sur un format aussi engagé, la sécurité passe avant le chronomètre. Quelques règles s’imposent :

  • Météo : consultez le bulletin montagne chaque matin et renoncez aux sections d’altitude en cas d’orage annoncé.
  • Itinéraire : suivez le balisage blanc et rouge, emportez une trace GPS et une carte, et laissez votre programme à un proche.
  • Matériel : frontale avec piles de rechange, couche chaude, veste imperméable, couverture de survie, trousse de secours et chaussures à semelle adhérente, comme détaillé dans notre liste des indispensables pour un trek en autonomie.
  • Hydratation : l’effort prolongé par forte chaleur expose à la déshydratation ; buvez régulièrement et pensez aux sels minéraux.
  • Urgence : composez le 112. En Corse, les secours en montagne sont assurés par le PGHM et la sécurité civile, souvent par hélicoptère.
  • Renoncement : Haut-Asco, Castel di Vergio, Vizzavona, le col de Verde et Bavella sont accessibles par la route et permettent de quitter le sentier.

Enfin, respectez les troupeaux et les bergeries, ainsi que la réglementation du Parc : pas de feu, pas de bivouac hors des aires prévues, déchets redescendus.

Faut-il vraiment faire le GR20 en 5 jours ?

Le GR20 en 5 jours est un défi sportif réel, à réserver à ceux qui ont déjà l’expérience de l’ultra-trail et du terrain corse. Pour la majorité des randonneurs, un format de 10 à 14 jours offre un meilleur équilibre entre effort, sécurité et plaisir de profiter des paysages.

Si vous tentez l’aventure, gardez de la marge dans votre planning : une journée de réserve permet d’absorber un orage ou une fatigue excessive. Pour comprendre ce qui fait renoncer tant de marcheurs, lisez aussi notre analyse sur les raisons des abandons sur le GR20.

Questions fréquentes

Est-il possible de faire le GR20 en 5 jours ?

Oui, mais c’est un défi d’ultra-endurance réservé à des randonneurs rapides et très expérimentés, souvent issus du trail. Il faut tenir 30 à 45 km et plus de 2 000 m de dénivelé positif par jour sur un terrain rocheux et technique. La plupart des randonneurs mettent 12 à 16 jours.

Combien de temps faut-il normalement pour faire le GR20 ?

Le GR20 se parcourt classiquement en 15 ou 16 étapes. Les marcheurs en bonne forme le bouclent souvent en 12 à 14 jours en doublant quelques étapes faciles, surtout dans le sud. Les formats de 5 à 8 jours sont des approches sportives, proches du trail.

Quelle est la partie la plus difficile du GR20 ?

Le nord, entre Calenzana et Vizzavona, est le plus technique : pierriers, dalles rocheuses, passages équipés de chaînes et variante de la pointe des Éboulis, point culminant du parcours vers 2 600 m. Le sud est plus roulant mais reste exigeant par sa longueur et sa chaleur.

Peut-on faire uniquement la moitié du GR20 ?

Oui. Vizzavona, desservi par le train entre Ajaccio et Bastia, sépare le GR20 Nord du GR20 Sud. Beaucoup de randonneurs parcourent une seule moitié, en 6 à 8 jours environ pour le nord et un peu moins pour le sud.

Quelle est la meilleure période pour faire le GR20 rapidement ?

La période la plus favorable va de fin juin à mi-septembre, quand les refuges sont gardés et la neige a fondu. Fin juin offre les journées les plus longues, précieuses pour un format en 5 jours, mais des névés peuvent persister en début de saison sur les secteurs d’altitude.

Sources et liens utiles

Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.