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Refuge d’Art : la randonnée de 150 km d’Andy Goldsworthy en Haute-Provence

Refuge d’Art : la randonnée de 150 km d’Andy Goldsworthy en Haute-Provence
En bref

Le Refuge d’Art est une randonnée d’environ 150 km en boucle au départ de Digne-les-Bains, dans l’UNESCO Géoparc de Haute-Provence. Conçue par l’artiste britannique Andy Goldsworthy avec le musée Gassendi, elle relie sept refuges d’art et trois sentinelles en pierre. Elle se parcourt en 8 à 10 jours, idéalement au printemps ou en automne, ou par tronçons à la journée.

À retenir
  • Le Refuge d’Art forme une boucle d’environ 150 km au départ et à l’arrivée du musée Gassendi de Digne-les-Bains.
  • L’itinéraire relie sept refuges d’art (anciennes fermes, chapelles, bâtiments restaurés) et trois sentinelles, cairns monumentaux des vallées de l’Asse, du Bès et du Vançon.
  • Trois refuges, dont La Forest, Ferme Belon et Vieil Esclangon, peuvent accueillir des randonneurs pour la nuit, sur réservation.
  • La première étape, de Digne à Thoard, compte plus de 18 km et environ 1 300 m de dénivelé positif.
  • Les points d’eau et les commerces sont rares : un filtre ou des pastilles de purification et un plan de ravitaillement sont indispensables.
Sommaire
  1. Fiche pratique du Refuge d’Art
  2. Qu’est-ce que le Refuge d’Art d’Andy Goldsworthy ?
  3. Quelles œuvres voir sur le parcours ?
  4. Comment se déroule l’itinéraire complet ?
  5. Peut-on découvrir le Refuge d’Art à la journée ?
  6. Où dormir sur le Refuge d’Art ?
  7. Comment gérer l’eau et le ravitaillement ?
  8. Quel équipement prévoir ?
  9. Quelles précautions de sécurité ?
  10. Un trek à part en Provence

Le Refuge d’Art est une randonnée itinérante d’environ 150 km qui relie, au fil des sentiers des Alpes-de-Haute-Provence, une série d’œuvres de l’artiste britannique Andy Goldsworthy. Elle forme une boucle au départ de Digne-les-Bains, au cœur de l’UNESCO Géoparc de Haute-Provence, l’un des territoires géologiques les plus riches d’Europe.

L’itinéraire intéresse autant les randonneurs en quête d’un trek peu fréquenté que les amateurs d’art contemporain et de land art. On y marche entre plateaux calcaires, vallées encaissées et hameaux abandonnés, et l’on peut même dormir dans certaines œuvres.

La rédaction a réuni dans ce guide les informations utiles pour préparer le parcours : le concept, les œuvres à voir, les étapes, les variantes à la journée, l’hébergement, l’eau, le matériel et la meilleure période.

Vidéo : Refuge d’Art : la randonnée de 150 km d’Andy Goldsworthy en Haute-Provence

Fiche pratique du Refuge d’Art

RubriqueInformation
Départ et arrivéeMusée Gassendi, Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence)
DistanceEnviron 150 km en boucle
Durée8 à 10 jours (itinéraire complet en 8 étapes environ)
DéniveléImportant et irrégulier ; plus de 1 300 m de montée dès la première étape
DifficultéSoutenue ; randonneurs entraînés à l’itinérance en moyenne montagne
BalisageBlanc et rouge sur les tronçons de GR, jaune sur les sentiers de petite randonnée
Meilleure périodeAvril à juin, septembre à octobre
HébergementGîtes, chambres d’hôtes, hôtels et trois refuges d’art sur réservation

Ces données sont indicatives : vérifiez le tracé et les conditions auprès du musée Gassendi ou de l’office de tourisme de Digne-les-Bains avant le départ.

Qu’est-ce que le Refuge d’Art d’Andy Goldsworthy ?

Sentier de randonnée menant à un ancien bâtiment en pierre restauré dans les montagnes de Haute-Provence

Le Refuge d’Art est une œuvre d’art à parcourir à pied : un itinéraire de randonnée conçu par Andy Goldsworthy, figure majeure du land art, qui intègre des interventions artistiques dans d’anciens bâtiments ruraux et dans le paysage. Le projet est né à la fin des années 1990 d’une collaboration entre l’artiste et Nadine Gomez, alors conservatrice du musée Gassendi de Digne-les-Bains.

Goldsworthy est connu pour ses œuvres réalisées avec des matériaux trouvés sur place – pierre, argile, bois, feuilles, glace. En Haute-Provence, il a travaillé avec la pierre sèche et les argiles locales pour créer des œuvres qui dialoguent avec la géologie du territoire.

Une œuvre qui se mérite

Le principe est de sortir l’art du musée : les œuvres ne se découvrent qu’au terme d’une marche, parfois longue. L’effort, la lumière, la météo et la fatigue font partie de l’expérience. C’est ce qui rend le Refuge d’Art unique en France, à la frontière entre trek et parcours artistique.

Le cadre : l’UNESCO Géoparc de Haute-Provence

Le territoire traversé appartient à l’UNESCO Géoparc de Haute-Provence, qui prolonge l’ancienne Réserve naturelle géologique de Haute-Provence, créée en 1984. Membre fondateur du réseau européen des géoparcs en 2000, il porte le label de géoparc mondial UNESCO depuis 2015. Plissements calcaires, marnes noires, fossiles et la célèbre dalle aux ammonites, près de Digne, témoignent de centaines de millions d’années d’histoire de la Terre. Ce territoire prolonge vers les Alpes la Provence intérieure, dont le Vaucluse, cœur battant de la Provence, est l’autre visage.

Quelles œuvres voir sur le parcours ?

Ancienne chapelle en pierre au milieu des collines boisées, étape du Refuge d’Art près de Digne-les-Bains

Le parcours relie sept refuges d’art et trois sentinelles. Les refuges sont d’anciens bâtiments – fermes abandonnées, chapelles, maisons de hameau – restaurés selon des techniques traditionnelles, dans lesquels Goldsworthy a installé une œuvre conçue pour le lieu.

Les refuges d’art

  • Chapelle Sainte-Madeleine, près de Thoard : une œuvre en pierre intégrée au bâtiment, au terme de la première étape.
  • Vieil Esclangon : hameau abandonné où une œuvre en argile rouge fait écho à la géologie locale ; le refuge peut accueillir des randonneurs pour la nuit.
  • La Forest et Ferme Belon : anciennes fermes restaurées, également ouvertes à la nuitée sur réservation.
  • Les Bains thermaux, à Digne-les-Bains : l’œuvre la plus facile d’accès, à environ une heure aller-retour.

La liste complète et la localisation exacte des sept refuges figurent dans la documentation du musée Gassendi.

Les trois sentinelles

Les sentinelles sont de grands cairns coniques en pierre sèche, édifiés dans trois vallées qui marquent les limites du territoire parcouru : la vallée de l’Asse, celle du Bès et celle du Vançon. La sentinelle de la vallée du Bès se dresse sur un promontoire d’où l’on embrasse les plissements calcaires alentour. Certaines imposent un détour par rapport à l’itinéraire principal, qu’il est utile d’anticiper dans le calcul des étapes.

Comment se déroule l’itinéraire complet ?

Randonneur sur une crête calcaire dominant une vallée des Alpes-de-Haute-Provence

L’itinéraire complet se découpe en huit étapes environ, en boucle au départ et à l’arrivée du musée Gassendi, ce qui permet de rentrer à Digne sans logistique de retour. Les journées alternent longues montées, passages en crête et traversées de vallées isolées.

ÉtapeRepèresCaractéristiques
1. Digne-les-Bains – ThoardVia la chapelle Sainte-MadeleinePlus de 18 km, environ 1 300 m de dénivelé positif : une entrée en matière exigeante
2 à 4Plateaux et vallées vers le nord et l’est du géoparcHameaux isolés, refuges de La Forest et de Ferme Belon selon le sens choisi
5. Plateau de Chine – Vieil EsclangonVia la sentinelle de la vallée du BèsPassages en crête puis descente dans une vallée encaissée
6 à 8Retour vers Digne par les valléesÉtapes plus variées, possibilité de raccourcir

Le découpage exact varie selon les hébergements disponibles ; un topoguide à jour est indispensable pour caler distances et dénivelés jour par jour.

Un balisage à compléter par une carte

Le parcours emprunte des sentiers balisés en blanc et rouge sur les tronçons de GR et en jaune sur les sentiers de petite randonnée. Mais la couverture téléphonique est souvent inexistante dans ces vallées : une carte papier (documentation de l’itinéraire ou cartes IGN au 1:25 000) et une boussole restent indispensables.

Peut-on découvrir le Refuge d’Art à la journée ?

Oui : des sentiers courts mènent directement à plusieurs œuvres, ce qui permet de goûter au projet sans s’engager dans un trek de dix jours. Ces boucles ou allers-retours mesurent de 1,5 à un peu plus de 5 km.

  • Les Bains thermaux : environ une heure aller-retour depuis Digne, pour une soixantaine de mètres de dénivelé, accessible aux marcheurs occasionnels et aux familles.
  • Une sentinelle : une demi-journée de marche, combinable avec la découverte des villages des vallées.
  • Un week-end : deux étapes avec une nuit dans un refuge d’art, sur réservation.

Les amateurs de sentiers provençaux moins fréquentés pourront prolonger le séjour dans une vallée méconnue du Verdon, à environ une heure de route au sud.

Où dormir sur le Refuge d’Art ?

Intérieur sobre d’un ancien bâtiment de ferme restauré servant de refuge aux randonneurs en Haute-Provence

Trois refuges d’art – La Forest, Ferme Belon et Vieil Esclangon – proposent un aménagement sommaire pour passer la nuit au cœur même d’une œuvre. La réservation se fait auprès du musée Gassendi, idéalement un à deux mois avant le départ, surtout au printemps et en automne.

Ces refuges ne sont pas gardés : il faut prévoir son sac de couchage, sa nourriture et de quoi cuisiner, et laisser les lieux impeccables. Les autres nuits se passent en gîte d’étape, chambre d’hôtes ou hôtel dans les villages traversés, parfois espacés. Pour comparer les types d’hébergement en montagne, le guide pour bien choisir son refuge donne les repères essentiels.

Comment gérer l’eau et le ravitaillement ?

L’eau est le point le plus délicat du Refuge d’Art : les points de ravitaillement sont espacés et certaines sources tarissent en été. Il faut partir chaque matin avec au moins 2 litres et un moyen de traiter l’eau des sources et des torrents : filtre à membrane, pastilles de purification ou purificateur UV.

Côté nourriture, quelques villages disposent d’une épicerie ou d’un petit commerce, mais avec des horaires restreints, surtout hors saison. Mieux vaut établir un plan de ravitaillement avant le départ et prévoir un à deux jours d’autonomie alimentaire, en particulier avant les nuits en refuge d’art non gardé.

Quel équipement prévoir ?

L’équipement correspond à celui d’une randonnée itinérante en moyenne montagne, avec une attention particulière au poids, car il faut porter nourriture et couchage certains jours. Les conseils pour partir avec un sac léger sont précieux ici.

  • Chaussures de randonnée rodées, avec un bon maintien pour les pierriers et les sentiers caillouteux.
  • Sac de 35 à 45 litres, sac de couchage léger pour les nuits en refuge.
  • Couches adaptées au climat, entre influences méditerranéennes et alpines : vêtements chauds et imperméables, mais aussi chapeau et crème solaire.
  • Système de traitement de l’eau et gourdes pour 2 à 3 litres.
  • Carte, boussole, lampe frontale, sifflet, couteau et trousse de premiers secours.

Quelles précautions de sécurité ?

La Haute-Provence est un territoire isolé où les secours peuvent mettre du temps à arriver. Consultez Météo-France montagne avant chaque étape : en été, les orages éclatent souvent l’après-midi et imposent de partir tôt ; le guide pour réagir face à un orage en randonnée rappelle les bons gestes. Laissez votre itinéraire à un proche, gardez une batterie de secours et, en cas d’accident, composez le 112. En période de risque d’incendie, l’accès à certains massifs peut aussi être réglementé : renseignez-vous auprès de la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence.

Un trek à part en Provence

Le Refuge d’Art n’est ni le plus long ni le plus haut des treks français, mais c’est l’un des plus singuliers : un itinéraire où la géologie, le patrimoine rural et l’art contemporain se découvrent au rythme de la marche. Pour une première approche, une journée vers les Bains thermaux ou une sentinelle suffit ; pour vivre pleinement l’expérience, comptez 8 à 10 jours au printemps ou en automne, en réservant tôt les nuits en refuge d’art.

Questions fréquentes

Combien de jours faut-il pour faire le Refuge d’Art ?

La boucle complète d’environ 150 km se parcourt en 8 à 10 jours, avec des étapes de 15 à 20 km et des dénivelés parfois supérieurs à 1 000 m. Il est aussi possible de n’en faire qu’une partie ou de rejoindre les œuvres par de courts sentiers à la journée, de 1,5 à 5 km environ.

Peut-on dormir dans les Refuges d’Art ?

Oui, trois refuges – La Forest, Ferme Belon et Vieil Esclangon – sont aménagés sommairement pour accueillir des randonneurs. Il faut réserver à l’avance auprès du musée Gassendi de Digne-les-Bains, idéalement un à deux mois avant. Les autres nuits se passent en gîte, chambre d’hôtes ou hôtel dans les villages.

Quelle est la meilleure période pour faire le Refuge d’Art ?

Le printemps (avril à juin) et l’automne (septembre à octobre) sont les meilleures saisons. L’été est chaud dans les vallées, avec des orages fréquents en fin de journée et des sources parfois taries. En hiver, la neige et le gel peuvent rendre les crêtes délicates.

Qu’est-ce que le géoparc de Haute-Provence ?

L’UNESCO Géoparc de Haute-Provence est un territoire des Alpes-de-Haute-Provence centré sur Digne-les-Bains, reconnu pour son patrimoine géologique exceptionnel, comme la dalle aux ammonites. Il a fait partie des membres fondateurs du réseau européen des géoparcs en 2000 et porte le label mondial de l’UNESCO depuis 2015.

Faut-il une carte pour randonner sur le Refuge d’Art ?

Oui, une carte est vivement conseillée car le réseau téléphonique est souvent absent. Le musée Gassendi et l’office de tourisme de Digne-les-Bains diffusent la documentation de l’itinéraire ; les cartes IGN au 1:25 000 de la zone complètent utilement le balisage.

Sources et liens utiles

Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.