Le Parc national des Cévennes, créé en 1970 en Lozère et dans le Gard, se parcourt à pied par le Chemin de Stevenson (GR70), environ 220 km et une douzaine de jours du Monastier-sur-Gazeille à Saint-Jean-du-Gard, et par des boucles autour du Mont Lozère (1 699 m) et du Mont Aigoual (1 565 m). Les meilleures périodes sont mai-juin et septembre-octobre, en surveillant les épisodes cévenols d’automne.
- Créé en 1970, le Parc national des Cévennes est le seul parc national de France métropolitaine dont le cœur est habité en permanence.
- Le territoire est réserve de biosphère de l’UNESCO depuis 1985, et les Causses et les Cévennes sont inscrits au patrimoine mondial depuis 2011 au titre de l’agropastoralisme.
- Le GR70, ou Chemin de Stevenson, suit le voyage de Robert Louis Stevenson et de l’ânesse Modestine en 1878 ; le GR complet relie Le Puy-en-Velay à Alès.
- Le point culminant du parc est le sommet de Finiels, sur le Mont Lozère, à 1 699 m ; le Mont Aigoual culmine à 1 565 m et porte un observatoire météorologique.
- Dans le cœur du parc, le bivouac est encadré par la réglementation et les feux sont interdits : les règles se vérifient sur le site du parc avant le départ.
Sommaire
- Pourquoi randonner dans le Parc national des Cévennes ?
- Quels sont les grands itinéraires de randonnée des Cévennes ?
- Quelle est la meilleure période pour randonner dans les Cévennes ?
- Comment préparer son équipement ?
- Où dormir pendant un trek dans les Cévennes ?
- Comment se préparer physiquement ?
- Quelle faune et quelle flore observer ?
- Les Cévennes, un trek à la mesure de chacun
Le Parc national des Cévennes est l’un des grands territoires de randonnée du sud de la France. À cheval sur la Lozère et le Gard, il réunit des paysages très différents sur une surface restreinte : croupes granitiques du Mont Lozère, plateaux calcaires des Causses, vallées cévenoles de schiste couvertes de châtaigniers et massif de l’Aigoual.
Ce guide s’adresse aux randonneurs qui préparent un trek de plusieurs jours ou un séjour de randonnées à la journée. Il présente les grands itinéraires, dont le célèbre Chemin de Stevenson, les meilleures saisons, l’hébergement, la réglementation du parc et la préparation physique.
Les Cévennes ne sont pas un massif de haute montagne : l’altitude culmine à 1 699 m. Mais la longueur des itinéraires, l’isolement de certains secteurs et la météo parfois violente en font une vraie destination de trek.
Pourquoi randonner dans le Parc national des Cévennes ?

Créé en 1970, le Parc national des Cévennes est le seul parc national de France métropolitaine dont le cœur est habité et cultivé en permanence. Bergers, éleveurs, châtaigniculteurs et apiculteurs y entretiennent depuis des siècles des paysages de terrasses, de drailles (chemins de transhumance) et de hameaux de pierre.
Cette relation entre l’homme et la nature a valu au territoire deux reconnaissances de l’UNESCO : il est réserve de biosphère depuis 1985, et « Les Causses et les Cévennes, paysage culturel de l’agropastoralisme méditerranéen » sont inscrits au patrimoine mondial depuis 2011. Le parc est aussi labellisé réserve internationale de ciel étoilé, un atout pour les bivouacs et les nuits en gîte isolé.
Une géologie très variée
Le randonneur traverse en quelques jours trois grands types de roches : le granite du Mont Lozère et de l’Aigoual, avec ses chaos de blocs et ses tourbières, le calcaire des Causses, entaillé par les gorges du Tarn et de la Jonte, et le schiste des vallées cévenoles, aux pentes raides couvertes de châtaigniers. Chaque secteur a son ambiance et ses sentiers. Pour un aperçu plus large, voyez aussi notre article sur les merveilles naturelles des Cévennes.
Quels sont les grands itinéraires de randonnée des Cévennes ?

Le plus célèbre est le GR70, ou Chemin de Stevenson, mais le parc est quadrillé par plusieurs GR et de nombreux sentiers balisés, qui permettent aussi bien un trek de deux semaines qu’une boucle de quelques heures.
Le GR70 : sur les traces de Stevenson
En septembre-octobre 1878, l’écrivain écossais Robert Louis Stevenson a traversé le Velay, le Gévaudan et les Cévennes avec l’ânesse Modestine, du Monastier-sur-Gazeille (et non du Puy-en-Velay, comme on le lit souvent) à Saint-Jean-du-Gard. Il en a tiré le récit Voyage avec un âne dans les Cévennes, publié en 1879. Son itinéraire, d’environ 220 km, a été parcouru en une douzaine de jours.
Le GR70 actuel reprend ce trajet en le prolongeant : il part du Puy-en-Velay et se termine à Alès, pour une longueur totale d’environ 270 km. Il traverse la Haute-Loire, la Lozère, un court tronçon de l’Ardèche et le Gard. Seule sa seconde moitié, à partir du Mont Lozère, se trouve dans le parc national.
| Tronçon du GR70 | Points forts | Durée indicative |
|---|---|---|
| Le Puy-en-Velay – Le Monastier-sur-Gazeille | Plateaux volcaniques du Velay | 1 jour |
| Le Monastier – Langogne | Vallée de la Loire, Pradelles | 2 jours |
| Langogne – Le Bleymard | Gévaudan, abbaye de Notre-Dame-des-Neiges | 3 jours |
| Le Bleymard – Le Pont-de-Montvert | Traversée du Mont Lozère par le sommet de Finiels (1 699 m) | 1 jour |
| Le Pont-de-Montvert – Florac | Vallée du Tarn, montagne du Bougès | 1 à 2 jours |
| Florac – Saint-Jean-du-Gard | Vallées cévenoles, châtaigneraies, Saint-Germain-de-Calberte | 3 jours |
| Saint-Jean-du-Gard – Alès | Prolongement du GR, piémont cévenol | 1 à 2 jours |
Les distances d’étape varient selon les hébergements choisis, souvent entre 15 et 25 km avec quelques centaines de mètres de dénivelé positif par jour. Le topoguide de la FFRandonnée et le site de l’association Sur le chemin de Robert Louis Stevenson donnent le détail à jour.
Les tours du Mont Lozère et du Mont Aigoual
Pour rester au cœur du parc, deux boucles de plusieurs jours sont très appréciées. Le tour du Mont Lozère (GR68) fait le tour du massif granitique, entre hameaux de pierre, landes à genêts et tourbières. Le tour du Mont Aigoual (GR66) relie forêts de hêtres, crêtes et vallées autour du sommet (1 565 m), coiffé d’un observatoire météorologique ouvert à la fin du XIXe siècle. Comptez environ 4 à 7 jours selon la boucle et le rythme ; distances et variantes sont à vérifier sur le topoguide.
Depuis l’Aigoual, par temps très dégagé, le panorama peut s’étendre de la Méditerranée aux Alpes et aux Pyrénées. Le sommet est aussi l’un des plus ventés de France : prévoyez toujours une couche chaude, même en été.
Des randonnées à la journée
- Sommet de Finiels (1 699 m) depuis le col de Finiels : montée courte et facile vers le point culminant du parc.
- Chaos de Nîmes-le-Vieux, sur le Causse Méjean : sentier de découverte au milieu de blocs calcaires ruiniformes.
- Corniches du Causse Méjean au-dessus des gorges du Tarn et de la Jonte : points de vue et observation des vautours.
- Sentiers de l’Aigoual autour de l’observatoire : forêts, cascades et belvédères.
Quelle est la meilleure période pour randonner dans les Cévennes ?

Mai-juin et septembre-octobre sont les meilleures périodes pour un trek dans les Cévennes. Les températures y sont modérées et la fréquentation plus faible qu’en été.
- Printemps : floraison des genêts et, fin mai-juin, des narcisses sur les pelouses d’altitude ; torrents bien alimentés.
- Été : chaleur forte dans les vallées, parfois plus de 35 °C, risque d’incendie et restrictions d’accès possibles aux massifs ; privilégiez les crêtes et les départs très matinaux.
- Automne : couleurs des châtaigneraies, récolte des châtaignes et brame du cerf, surtout de mi-septembre à mi-octobre sur l’Aigoual et le Mont Lozère.
- Hiver : neige possible sur les sommets, gîtes souvent fermés ; réservé aux randonneurs équipés et aux raquettes.
Attention aux épisodes cévenols
Un épisode cévenol est un épisode de pluies méditerranéennes très intenses, qui touche surtout les Cévennes de septembre à novembre. En quelques heures, il peut tomber l’équivalent de plusieurs mois de pluie et les rivières peuvent monter brutalement. Consultez les vigilances de Météo-France avant chaque étape, ne franchissez jamais un gué ou un radier submergé et renoncez en cas d’alerte orange ou rouge.
Comment préparer son équipement ?

Le poids du sac est le premier facteur de confort sur un trek de plusieurs jours. En gîte, on vise souvent 7 à 10 kg ; en autonomie avec tente, un sac qui ne dépasse pas environ 15 à 20 % de son poids corporel est une référence courante. Savoir bien porter son sac à dos évite une bonne partie des douleurs d’épaules et de dos.
L’écart de température entre le jour et la nuit est important sur les sommets. Le système des trois couches (sous-vêtement respirant, couche chaude, veste imperméable) permet de s’adapter. Côté eau, prévoyez 1,5 à 3 litres selon la chaleur : les points d’eau existent mais sont inégalement répartis, et l’eau des ruisseaux doit être traitée. Par forte chaleur, un sac d’hydratation facilite les apports réguliers.
| Catégorie | Indispensable | Utile |
|---|---|---|
| Vêtements | Veste imperméable, polaire, chapeau, chaussures de randonnée rodées | Guêtres, gants légers |
| Sécurité | Trousse de premiers secours, sifflet, frontale, couverture de survie | Balise ou application de localisation |
| Navigation | Carte IGN au 1:25 000, boussole | Application de cartographie hors ligne |
| Eau | Gourdes (2 L minimum), pastilles ou filtre | Poche à eau |
Les bâtons de marche sont recommandés pour les descentes raides des vallées cévenoles, mais ils ne sont pas obligatoires dans le parc. Le GR70 et les autres GR sont balisés en blanc et rouge ; relisez si besoin notre guide pour bien se repérer grâce au balisage.
Où dormir pendant un trek dans les Cévennes ?
Les Cévennes offrent une large gamme d’hébergements le long des GR : gîtes d’étape, chambres d’hôtes, hôtels de village, campings et quelques hébergements insolites (yourtes, anciennes magnaneries restaurées). Sur le GR70, très fréquenté de mai à septembre, il est prudent de réserver plusieurs semaines à l’avance, surtout aux étapes où l’offre est limitée. Les tarifs varient selon la formule ; la demi-pension en gîte reste la solution la plus courante.
Le bivouac dans le cœur du parc
Dans le cœur du parc national, le camping est interdit, mais le bivouac est encadré : il est en principe toléré pour une nuit, avec une tente légère montée le soir et démontée le matin, à proximité des itinéraires de grande randonnée. Les feux sont interdits. Certaines zones sensibles peuvent faire l’objet de restrictions supplémentaires : vérifiez la réglementation en vigueur sur le site du parc avant le départ. En dehors du cœur, le bivouac dépend des règles locales et de l’accord des propriétaires.
Comment se préparer physiquement ?
Pour un trek comme le GR70, une préparation de 6 à 8 semaines est recommandée si vous n’êtes pas un marcheur régulier. L’objectif est d’habituer le corps à enchaîner plusieurs jours de marche avec un sac.
- Marchez deux à trois fois par semaine, en augmentant progressivement la durée jusqu’à 4 ou 5 heures.
- Intégrez du dénivelé (collines, escaliers) pour préparer les montées et surtout les descentes.
- Ajoutez un renforcement musculaire simple : quadriceps, mollets, fessiers, gainage.
- Réalisez un ou deux week-ends test avec le sac chargé et les chaussures du trek.
Ce week-end test permet d’ajuster le réglage du sac, de repérer les points de frottement et de vérifier la liste de matériel. En cas de problème de santé ou de reprise après une longue pause, demandez l’avis de votre médecin.
Quelle faune et quelle flore observer ?
Le parc abrite une biodiversité remarquable, avec plusieurs milliers d’espèces animales et végétales recensées, grâce à la rencontre des influences méditerranéennes, atlantiques et montagnardes.
Les vautours des gorges de la Jonte
Le vautour fauve avait disparu de la région au début du XXe siècle. Sa réintroduction dans les Grands Causses, à partir du début des années 1980, est l’une des grandes réussites de la conservation en France : la population compte aujourd’hui plusieurs centaines de couples. Le vautour moine a lui aussi été réintroduit, et le gypaète barbu fait l’objet d’un programme de retour. Les corniches des gorges de la Jonte et du Causse Méjean sont les meilleurs postes d’observation, surtout en fin de matinée quand les ascendances thermiques se forment.
Cerfs, aigles et orchidées
Le cerf élaphe, réintroduit dans les années 1970, est aujourd’hui bien présent sur l’Aigoual et le Mont Lozère ; le brame d’automne s’écoute au crépuscule, à bonne distance et en silence. Pour mettre toutes les chances de votre côté, voyez nos conseils pour observer les cerfs au lever du soleil. L’aigle royal niche dans les secteurs rocheux les plus tranquilles. Au printemps, les pelouses sèches du Causse Méjean accueillent de nombreuses espèces d’orchidées sauvages, comme l’orchis pyramidal ou l’ophrys abeille : on les photographie sans les cueillir.
Les bons réflexes dans le parc
- Restez sur les sentiers et refermez les clôtures des parcs à troupeaux.
- Contournez les troupeaux à distance et gardez votre calme face aux chiens de protection.
- Tenez votre chien en laisse et respectez la réglementation du cœur de parc.
- Remportez tous vos déchets et n’allumez aucun feu.
- En cas d’accident, appelez le 112 ; prévenez toujours un proche de votre itinéraire.
Les Cévennes, un trek à la mesure de chacun
Le Parc national des Cévennes convient aussi bien au randonneur qui vise les douze jours du Chemin de Stevenson qu’à celui qui préfère rayonner depuis Florac ou l’Aigoual. Choisissez le printemps ou le début de l’automne, réservez vos hébergements sur le GR70, surveillez la météo lors des épisodes cévenols et consultez la réglementation du parc avant de planter la tente : le reste se découvre pas à pas.
Questions fréquentes
Combien de jours faut-il pour faire le Chemin de Stevenson ?
Il faut compter environ 12 jours pour parcourir les quelque 220 km entre Le Monastier-sur-Gazeille et Saint-Jean-du-Gard, comme Stevenson en 1878. Au départ du Puy-en-Velay, ajoutez une journée ; jusqu’à Alès, terminus du GR70, une à deux journées supplémentaires. Beaucoup de randonneurs n’en font qu’une partie, par exemple la traversée du Mont Lozère jusqu’à Florac.
Quelle est la meilleure période pour randonner dans les Cévennes ?
Mai-juin et septembre-octobre sont les périodes les plus agréables : températures modérées, floraisons au printemps, couleurs et brame du cerf à l’automne. L’été est chaud dans les vallées et soumis au risque d’incendie. De septembre à novembre, il faut surveiller les épisodes cévenols, des pluies intenses qui peuvent provoquer des crues soudaines.
Le bivouac est-il autorisé dans le Parc national des Cévennes ?
Dans le cœur du parc, le bivouac est encadré : il est en principe toléré pour une nuit, avec une tente légère montée le soir et démontée le matin, à proximité des itinéraires de grande randonnée, et les feux sont interdits. Les conditions exactes peuvent évoluer. Consultez la réglementation sur le site officiel du parc avant de partir.
Le GR70 est-il difficile ?
Le GR70 est un itinéraire de difficulté moyenne, accessible à un randonneur en bonne condition physique. Les étapes font souvent 15 à 25 km avec quelques centaines de mètres de dénivelé positif ; la traversée du Mont Lozère et la dernière partie cévenole sont les plus exigeantes. Un entraînement progressif et un sac léger rendent le trek beaucoup plus agréable.
Peut-on faire le Chemin de Stevenson avec un âne ?
Oui, plusieurs loueurs proposent des ânes de bât le long du chemin, dans l’esprit du voyage de Stevenson avec Modestine. L’âne porte les bagages mais impose son rythme, souvent plus lent. Il faut réserver à l’avance et prévoir des hébergements qui acceptent les animaux.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
