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Écrins, Cévennes, Calanques : randonner dans 3 parcs nationaux français

Écrins, Cévennes, Calanques : randonner dans 3 parcs nationaux français
En bref

Trois parcs nationaux français offrent des randonnées très différentes : les Écrins (Hautes-Alpes et Isère), haute montagne glaciaire culminant à 4 102 m ; les Cévennes (Lozère et Gard), moyenne montagne habitée marquée par l’agropastoralisme ; les Calanques, aux portes de Marseille, falaises calcaires au-dessus de la Méditerranée. Chacun a sa réglementation : chiens, bivouac et accès estival sont à vérifier avant de partir.

À retenir
  • Le Parc national des Écrins, créé en 1973, compte plus de 150 sommets au-dessus de 3 000 m, dont la barre des Écrins (4 102 m).
  • La montée du Pré de Madame Carle au refuge du Glacier Blanc représente environ 700 m de dénivelé et 2 h 30 de marche ; au-delà, le glacier relève de l’alpinisme.
  • Le Parc national des Cévennes, créé en 1970, est l’un des rares parcs nationaux dont le cœur est habité en permanence ; il est traversé par le chemin de Stevenson (GR 70).
  • Le Parc national des Calanques, créé en 2012, est le premier parc national périurbain d’Europe, à la fois terrestre et marin.
  • En été, l’accès aux massifs des Calanques peut être restreint ou interdit selon le risque d’incendie : il se vérifie la veille.
Sommaire
  1. Qu’est-ce qui distingue ces trois parcs nationaux ?
  2. Quels itinéraires choisir selon son niveau ?
  3. Quelle réglementation respecter dans un parc national ?
  4. Comment préparer sa randonnée en toute sécurité ?
  5. Lequel choisir pour une première visite ?

La France compte onze parcs nationaux, dont trois offrent à eux seuls un aperçu de la diversité des randonnées possibles dans le pays : la haute montagne glaciaire des Écrins, la moyenne montagne habitée des Cévennes et les falaises méditerranéennes des Calanques.

Inutile de partir à l’autre bout du monde pour marcher sous des glaciers, dormir en refuge ou suivre d’anciennes drailles de transhumance. Ce guide de la rédaction présente, pour chacun de ces trois parcs, les chiffres clés, les itinéraires adaptés à chaque niveau et les règles à connaître avant de partir.

Qu’est-ce qui distingue ces trois parcs nationaux ?

Sommets enneigés et vallée glaciaire dans le massif des Écrins, Hautes-Alpes

Ces trois parcs se distinguent par leur relief, leur climat et leur histoire. Le tableau ci-dessous résume l’essentiel ; les superficies indiquées sont celles des cœurs de parc, en ordre de grandeur.

Parc nationalCréationCœur terrestrePoint culminantPaysageMeilleure période
Écrins1973≈ 92 000 haBarre des Écrins (4 102 m)Haute montagne, glaciersJuillet à septembre
Cévennes1970≈ 93 000 haMont Lozère, sommet de Finiels (1 699 m)Moyenne montagne, causses, valléesMai à octobre
Calanques2012≈ 8 500 haMont Puget (565 m), point haut du massif des CalanquesFalaises calcaires, littoralOctobre à mai

Les Écrins, la haute montagne des Alpes du Sud

Le Parc national des Écrins s’étend entre les Hautes-Alpes et l’Isère, autour du massif de l’Oisans. Il compte plus de 150 sommets dépassant 3 000 m, dont la barre des Écrins (4 102 m), point culminant, et la Meije (3 983 m). Les glaciers y sont nombreux, même s’ils reculent nettement depuis plusieurs décennies.

La faune y est facile à observer : chamois, bouquetins, marmottes, gypaètes et aigles royaux. La flore est tout aussi riche, avec près de 2 000 espèces végétales recensées selon le parc.

Les Cévennes, un paysage façonné par l’homme

Le Parc national des Cévennes, entre Lozère, Gard et Ardèche, est l’un des rares parcs nationaux dont le cœur est habité en permanence. Terrasses de culture, drailles de transhumance, hameaux de schiste et de granit racontent des siècles d’agropastoralisme.

Une partie de son territoire appartient au bien UNESCO « Les Causses et les Cévennes, paysage culturel de l’agropastoralisme méditerranéen », inscrit au patrimoine mondial en 2011. Pour une vue d’ensemble, consultez notre guide complet du Parc national des Cévennes.

Les Calanques, un parc aux portes de Marseille

Le Parc national des Calanques, créé en 2012 entre Marseille, Cassis et La Ciotat, est le premier parc national périurbain d’Europe, à la fois terrestre et marin. Ses falaises calcaires plongent dans une eau turquoise, à une demi-heure à peine du centre de Marseille en transports en commun pour certains accès, comme Luminy.

Cette proximité est aussi sa fragilité : la fréquentation est très forte, et certaines calanques, comme Sugiton, font l’objet de mesures de régulation en haute saison.

Quels itinéraires choisir selon son niveau ?

Randonneurs sur un sentier de montagne dominant un lac d’altitude dans un parc national

Chaque parc propose des sorties faciles d’une demi-journée comme des itinéraires de plusieurs jours. Les durées ci-dessous sont indicatives et doivent être confirmées sur les topoguides et auprès des offices de tourisme.

ItinéraireParcDépartDuréeDéniveléNiveau
Refuge du Glacier BlancÉcrinsPré de Madame Carle (1 874 m)≈ 4 h 30 aller-retour≈ 700 mMoyen
Plateau d’Emparis (lacs Lérié et Noir)Aux portes des ÉcrinsLe Chazelet ou Besse1 à 2 joursVariableMoyen
Traversée du mont Lozère (GR 70)CévennesLe Bleymard1 journée≈ 600 mMoyen
Belvédère de SugitonCalanquesLuminy (Marseille)≈ 1 h aller-retourFaibleFacile
Marseille-Cassis (GR 98-51)CalanquesCallelongue1 longue journée ou 2 joursCumulé importantSoutenu

Dans les Écrins : du Glacier Blanc à l’Oisans

La montée au refuge du Glacier Blanc (2 542 m) est la randonnée la plus emblématique du parc. Depuis le parking du Pré de Madame Carle, au-dessus d’Ailefroide, le sentier grimpe d’environ 700 m en 2 h 30 à 3 h, avec une vue rapprochée sur la langue du glacier et ses séracs.

Au-delà du refuge du Glacier Blanc, la suite vers le refuge des Écrins (3 170 m) emprunte le glacier : il s’agit d’une course d’alpinisme qui impose crampons, piolet, encordement et expérience, ou un guide de haute montagne. Ce n’est pas une randonnée.

Pour les randonneurs confirmés, le plateau d’Emparis, au-dessus de La Grave, offre en 1 à 2 jours l’un des plus beaux panoramas sur la Meije et ses glaciers. Pour un grand itinéraire, le GR 54, tour de l’Oisans et des Écrins, fait le tour du massif en une dizaine de jours environ.

Dans les Cévennes : entre histoire et nature

Le chemin de Stevenson (GR 70) relie Le Puy-en-Velay à Alès sur environ 250 km, sur les traces de l’écrivain écossais qui le parcourut avec son ânesse Modestine en 1878. Ses étapes modulables en font une bonne initiation à la randonnée itinérante, en famille ou avec un âne de bât. Notre article sur les traces de Robert Louis Stevenson détaille le parcours.

Le chemin des Camisards, lui, traverse les vallées cévenoles où se déroula, de 1702 à 1704, la révolte des protestants camisards. Le mont Aigoual (1 565 m) et les causses voisins complètent les possibilités, présentées aussi dans notre sélection des merveilles naturelles des Cévennes.

Dans les Calanques : entre terre et mer

Le belvédère de Sugiton, accessible depuis le campus de Luminy, offre en une heure aller-retour environ l’une des vues les plus célèbres sur la calanque de Sugiton et les rochers des Pierres Tombées. La descente jusqu’à l’eau ajoute une pente raide et glissante. Les calanques d’En-Vau et de Port-Pin se découvrent, elles, plutôt depuis Cassis ou le col de la Gardiole.

La traversée intégrale de Marseille à Cassis par le GR 98-51 est l’itinéraire le plus exigeant du massif : une trentaine de kilomètres environ, avec de nombreuses montées et descentes caillouteuses, à prévoir en une très longue journée ou en deux jours. Pour d’autres idées, voyez ce sentier moins fréquenté des calanques près de Marseille.

Quelle réglementation respecter dans un parc national ?

Panneau d’entrée et sentier balisé dans le cœur d’un parc national français

Le cœur d’un parc national est soumis à une réglementation spécifique, plus stricte que celle des espaces naturels ordinaires, et propre à chaque parc. Elle vise à protéger la faune, la flore et les paysages.

  • Chiens : interdits dans le cœur des Écrins, même en laisse ; admis sous conditions, en général tenus en laisse, dans d’autres parcs.
  • Bivouac : dans les Écrins, autorisé de 19 h à 9 h, à plus d’une heure de marche des limites du cœur ou d’un accès routier ; les règles diffèrent ailleurs.
  • Feux : interdits dans les cœurs de parc, et particulièrement surveillés dans les Calanques.
  • Cueillette et prélèvements : fleurs, minéraux et animaux sont protégés.
  • Drones : leur survol est réglementé, voire interdit, pour ne pas déranger la faune.

Des fermetures temporaires peuvent concerner certains secteurs en période de reproduction ou de nidification. Le site officiel de chaque parc publie la réglementation à jour.

Comment préparer sa randonnée en toute sécurité ?

La préparation dépend fortement du terrain, mais quelques réflexes valent pour les trois parcs.

  • Météo : consultez le bulletin Météo-France montagne la veille et le matin ; les orages d’été sont fréquents l’après-midi dans les Écrins et les Cévennes.
  • Accès aux Calanques : du 1er juin au 30 septembre, l’accès aux massifs est fixé chaque jour selon le risque d’incendie ; vérifiez-le la veille.
  • Eau : les Calanques n’offrent quasiment aucun point d’eau ; prévoyez au moins deux litres par personne.
  • Troupeaux : dans les alpages et sur les causses, contournez les troupeaux et restez calme face aux chiens de protection (patous).
  • Refuges : réservez à l’avance en juillet et août, notamment au Glacier Blanc.
  • Urgence : prévenez un proche de votre itinéraire ; en cas d’accident, composez le 112.

Lequel choisir pour une première visite ?

Pour découvrir la haute montagne sans faire d’alpinisme, la montée au refuge du Glacier Blanc dans les Écrins est idéale en été. Pour une randonnée itinérante paisible, avec gîtes et villages, les Cévennes s’imposent du printemps à l’automne. Pour marcher au soleil hors saison, les Calanques sont la meilleure option d’octobre à mai.

D’autres parcs nationaux méritent aussi le détour, comme le Mercantour et ses lacs d’altitude, présenté dans notre randonnée coup de cœur dans le Mercantour.

Questions fréquentes

Quel est le plus beau parc national de France pour randonner ?

Il n’existe pas de classement officiel : le choix dépend du terrain recherché. Les Écrins conviennent aux amateurs de haute montagne et de glaciers, les Cévennes aux randonneurs itinérants attirés par le patrimoine rural, les Calanques à ceux qui veulent marcher au-dessus de la mer. Les trois se prêtent à des sorties d’une journée comme à des treks.

Peut-on emmener son chien dans un parc national ?

Cela dépend du parc. Dans le cœur du Parc national des Écrins, les chiens sont interdits, même tenus en laisse. D’autres parcs, comme les Calanques ou les Cévennes, les admettent sous conditions, généralement tenus en laisse. La réglementation est détaillée sur le site officiel de chaque parc.

Le bivouac est-il autorisé dans le Parc national des Écrins ?

Oui, dans le cœur du parc, le bivouac est autorisé de 19 h à 9 h, à plus d’une heure de marche des limites du cœur ou d’un accès routier. Les feux sont interdits. Le camping (installation plusieurs jours au même endroit) reste interdit.

Quand randonner dans les Calanques ?

Les meilleures périodes sont l’automne, l’hiver doux et le printemps. Du 1er juin au 30 septembre, l’accès aux massifs est réglementé chaque jour selon le risque d’incendie et peut être interdit. Il faut aussi éviter les heures chaudes : les sentiers sont très exposés et sans eau.

Combien de temps faut-il pour faire le chemin de Stevenson ?

Le chemin de Stevenson (GR 70) relie Le Puy-en-Velay à Alès sur environ 250 km, dont une large partie dans les Cévennes. Il se parcourt généralement en 12 à 15 jours, mais on peut n’en faire que quelques étapes, par exemple la traversée du mont Lozère.

Sources et liens utiles

Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.