Dans le parc national du Mercantour, la randonnée de la haute Gordolasque part du Pont du Countet (1 692 m), au-dessus de Belvédère, et monte au lac Autier (2 275 m), au refuge de Nice (2 232 m) puis à la Baisse du Basto (2 693 m). Comptez environ 1 200 m de dénivelé positif et 7 à 9 heures de marche : c’est une sortie sportive, à faire de juillet à fin septembre.
- Départ : parking du Pont du Countet, à 1 692 m, au bout de la route de la Gordolasque (commune de Belvédère, Alpes-Maritimes).
- Le lac Autier (2 275 m) et le lac de la Fous, au pied du refuge de Nice (2 232 m), sont les deux grands lacs de l’itinéraire.
- La Baisse du Basto, à 2 693 m, est le point culminant et ouvre sur le versant de la Vallée des Merveilles.
- Le circuit complet cumule environ 1 200 m de dénivelé positif, avec des passages en éboulis qui demandent le pied sûr.
- La haute Gordolasque est dans le cœur du parc national : chiens interdits, cueillette interdite, bivouac strictement encadré.
Sommaire
- Fiche pratique de la randonnée
- Comment accéder au Pont du Countet ?
- Du Pont du Countet au Mur des Italiens
- La cascade de l’Estrech : un détour de quelques minutes
- Le vallon de l’Autier : la section la plus raide
- Le lac Autier : la première récompense
- Du lac Autier au refuge de Nice
- L’ascension finale vers la Baisse du Basto
- Peut-on rejoindre la Vallée des Merveilles ?
- La descente : prudence et variantes
- Quelles règles et quelle sécurité dans le cœur du parc ?
- Que retenir avant de partir ?
Le parc national du Mercantour, à cheval sur les Alpes-Maritimes et les Alpes-de-Haute-Provence, compte plusieurs vallées de haute montagne à une heure et demie de Nice. La vallée de la Gordolasque, affluent de la Vésubie, en est l’une des plus spectaculaires : cascades, lacs d’altitude et cirques de granite dominés par des sommets de plus de 3 000 m.
L’itinéraire présenté ici relie le Pont du Countet (1 692 m) au lac Autier (2 275 m), au refuge de Nice (2 232 m) puis à la Baisse du Basto (2 693 m). Il cumule environ 1 200 m de dénivelé positif et s’adresse à des randonneurs en bonne condition physique, habitués aux sentiers de montagne.
La rédaction détaille l’accès, les étapes, la meilleure période, les variantes plus courtes et les règles à respecter dans le cœur du parc.

Fiche pratique de la randonnée
Les chiffres ci-dessous sont des ordres de grandeur pour le circuit complet ; vérifiez le tracé sur la carte IGN TOP 25 de la Vésubie ou sur Géoportail avant de partir.
| Information | Détail |
|---|---|
| Départ | Parking du Pont du Countet (1 692 m), fin de la route de la Gordolasque, commune de Belvédère |
| Point culminant | Baisse du Basto, 2 693 m |
| Dénivelé positif | environ 1 200 m |
| Distance | environ 15 à 18 km aller-retour selon la variante de descente |
| Durée | 7 à 9 h de marche effective, pauses non comprises |
| Difficulté | Difficile : pentes raides, éboulis, sentier peu marqué sous le col |
| Balisage | Balisage jaune et poteaux numérotés du réseau départemental |
| Meilleure période | Début juillet à fin septembre |
| Hébergement | Refuge de Nice (gardé en été, réservation conseillée) |
Comment accéder au Pont du Countet ?
Le Pont du Countet se trouve au bout de la route de la Gordolasque, qui part du village de Belvédère, dans la vallée de la Vésubie. Depuis Nice, comptez environ 1 h 30 de route par la vallée du Var puis la Vésubie et Roquebillière.
La route est étroite et sinueuse sur sa dernière partie. En plein été, le parking se remplit tôt : arrivez avant 8 heures, ce qui permet aussi de monter à la fraîche et de redescendre avant les orages de l’après-midi. Aucun transport en commun ne dessert le départ de façon régulière.
Du Pont du Countet au Mur des Italiens

Le sentier démarre sur la rive gauche du torrent de la Gordolasque, dont le grondement accompagne la première heure de marche. La pente reste modérée : c’est le moment de trouver son rythme avant les sections plus raides.
Le chemin alterne passages ombragés et clairières d’où l’on aperçoit les premiers sommets du cirque. Après un peu moins d’un kilomètre, un abri de pierre sert de repère et de première halte possible.
Le Mur des Italiens
Environ 2,5 km après le départ, on atteint le Mur des Italiens, un grand ouvrage de pierre qui barre la vallée et forme un belvédère naturel sur le vallon parcouru. Son nom rappelle l’histoire du secteur : jusqu’au traité de Paris de 1947, une partie des hautes vallées de la Vésubie et de la Roya appartenait à l’Italie, héritage des anciennes chasses royales de la maison de Savoie.
Plus largement, les cols de ces montagnes ont longtemps servi de passages entre le comté de Nice et le Piémont. Le lieu se prête à une pause photo, surtout avec la lumière rasante du matin sur les parois rocheuses.
La cascade de l’Estrech : un détour de quelques minutes
Environ 3,7 km après le départ, un embranchement balisé permet de rejoindre en quelques centaines de mètres la cascade de l’Estrech. Ce court aller-retour vaut le détour, en particulier au début de l’été.
Une cascade qui change selon la saison
En juin et début juillet, à la fonte des neiges, la chute est puissante et projette des embruns où se forment souvent des arcs-en-ciel. En fin d’été, le débit baisse et l’eau glisse en voiles plus fins sur la roche polie. La fraîcheur des lieux est bienvenue lors des journées chaudes.
Restez sur le sentier et à distance du bord : les rochers mouillés sont très glissants, et la baignade dans les vasques au pied des cascades est dangereuse à cause du courant et de l’eau glacée.
Le vallon de l’Autier : la section la plus raide

Après le carrefour de l’Estrech, le sentier quitte le fond de vallée et s’engage dans le vallon de l’Autier. La pente devient nettement plus forte sur environ 2,5 km : c’est la partie la plus physique de la montée vers le lac.
Un terrain qui demande de l’attention
Le sol alterne dalles rocheuses, parfois glissantes après la pluie, et zones d’éboulis instables. Les bâtons de marche aident à garder l’équilibre et soulagent les genoux à la descente ; encore faut-il bien les régler, comme l’explique notre article sur les erreurs courantes avec les bâtons de marche.
Des chaussures de randonnée à semelle rigide et bien crantée sont indispensables. En début de saison, des névés peuvent couvrir le sentier : sans expérience ni équipement adapté, mieux vaut faire demi-tour que traverser une pente de neige dure.
Flore et faune de l’étage alpin
En prenant de l’altitude, les arbres disparaissent et laissent place aux pelouses alpines et aux pierriers. La flore y est discrète mais riche : edelweiss, gentiane de Koch, saxifrages. Dans le cœur du parc, la cueillette est interdite.
Les sifflements des marmottes signalent souvent la présence des randonneurs bien avant qu’on ne les aperçoive. Chamois et bouquetins fréquentent les pentes au-dessus des lacs ; des jumelles permettent de les observer sans les déranger. Le loup est présent dans le massif, mais reste très discret.
Le lac Autier : la première récompense

Le lac Autier, à 2 275 m d’altitude, apparaît au terme de la montée dans le vallon. Ses eaux turquoise, dans un cadre de granite et d’éboulis, en font l’un des lacs les plus photogéniques de la Gordolasque. Par temps calme, la surface reflète les sommets environnants.
Une halte pour reprendre des forces
Les replats herbeux autour du lac se prêtent au pique-nique. Tremper les pieds dans l’eau glacée est tentant, mais la baignade dans un lac d’altitude présente des risques réels de choc thermique : notre article sur les dangers des lacs d’altitude fait le point.
Remportez tous vos déchets, y compris les épluchures et les mouchoirs : à cette altitude, rien ne se dégrade rapidement. Ne nourrissez pas les marmottes, dont l’alimentation naturelle est perturbée par les restes laissés par les visiteurs.
Du lac Autier au refuge de Nice

Pour poursuivre le circuit, un sentier relie le lac Autier au refuge de Nice, à 2 232 m, sur environ 2 km. Il alterne passages rocheux et traversées plus tranquilles, avec quelques pas où les mains peuvent aider. Le balisage est présent mais demande de l’attention dans les zones de blocs, surtout par mauvaise visibilité.
Le refuge de Nice, camp de base de la haute Gordolasque
Le refuge de Nice domine le lac de la Fous, dans un cirque minéral au pied du mont Clapier (3 045 m), dont il est le point de départ classique. Plus au nord se dresse la cime du Gélas (3 143 m), point culminant des Alpes-Maritimes.
Gardé en été, il permet de couper la randonnée en deux jours : montée au refuge et au lac Autier le premier jour, Baisse du Basto le lendemain matin, avant les orages. La réservation est vivement conseillée en juillet et en août. Vérifiez les dates de gardiennage et les tarifs auprès du refuge avant de partir.
Pour ceux qui cherchent d’autres idées dans le département, notre sélection des plus beaux sentiers de randonnée des Alpes-Maritimes propose des sorties de tous niveaux.
L’ascension finale vers la Baisse du Basto
Depuis le refuge, il reste environ 2,5 km et près de 460 m de dénivelé pour atteindre la Baisse du Basto, à 2 693 m, point culminant de l’itinéraire. C’est la partie la plus sauvage : le sentier, parfois à peine visible, se faufile entre blocs de granite et pierriers.
Un effort soutenu en altitude
Au-dessus de 2 500 m, l’effort se fait sentir chez la plupart des randonneurs : le souffle raccourcit et le rythme ralentit. Marchez à allure régulière, buvez souvent et mangez un peu à chaque pause. Par brouillard, le repérage devient délicat : si les cairns et les marques disparaissent, faites demi-tour.
Le panorama depuis le col
La Baisse du Basto marque la limite entre la Gordolasque et le versant de la Vallée des Merveilles. Le regard plonge sur le lac du Basto et les vallons qui mènent vers le mont Bégo (2 872 m), tandis que se déploient derrière soi le cirque du refuge de Nice et les sommets frontaliers avec l’Italie.
Peut-on rejoindre la Vallée des Merveilles ?
Oui. Depuis la Baisse du Basto, un sentier descend vers le lac du Basto puis le refuge des Merveilles ; on peut aussi passer par le pas de l’Arpette. Cette traversée se fait plutôt sur deux jours, avec une nuit en refuge.
La Vallée des Merveilles abrite plusieurs dizaines de milliers de gravures rupestres de l’âge du bronze. Le site est protégé par une réglementation stricte : on reste sur les sentiers balisés, les bâtons à pointe métallique sont interdits et certains secteurs ne se visitent qu’accompagné d’un guide agréé. Renseignez-vous auprès du parc national avant de programmer la traversée.
La descente : prudence et variantes
La descente sollicite moins le souffle mais davantage les genoux et les chevilles. La fatigue accumulée augmente le risque de chute dans les éboulis : raccourcissez le pas, gardez les bâtons et faites des pauses régulières.
Le plus simple est de redescendre au refuge de Nice puis de suivre le sentier direct qui rejoint le fond de la vallée et le Pont du Countet, sans repasser par le lac Autier. Comptez au moins 3 heures de descente depuis le col.
| Variante | Dénivelé positif | Durée aller-retour | Niveau |
|---|---|---|---|
| Pont du Countet – refuge de Nice – lac de la Fous | environ 550 m | 4 h 30 à 5 h | Moyen |
| Pont du Countet – lac Autier | environ 600 m | 5 à 6 h | Moyen à difficile |
| Circuit complet par la Baisse du Basto | environ 1 200 m | 7 à 9 h | Difficile |
| Traversée vers la Vallée des Merveilles | environ 1 000 m le premier jour | 2 jours | Difficile, avec nuit en refuge |
Quelles règles et quelle sécurité dans le cœur du parc ?
La haute Gordolasque se trouve dans le cœur du parc national du Mercantour, où une réglementation protège la faune, la flore et le calme des lieux.
- Chiens interdits, même tenus en laisse.
- Cueillette de fleurs, de minéraux et de végétaux interdite ; feux interdits.
- Bivouac toléré uniquement selon les règles du parc (en général pour une nuit, entre le soir et le matin, à distance des routes) : vérifiez les conditions à jour sur le site du parc.
- Drones interdits sans autorisation.
Côté sécurité, consultez le bulletin Météo-France montagne la veille et le matin même : les orages se forment fréquemment en début d’après-midi en été, et il faut avoir quitté les crêtes avant. Notre guide sur la conduite à tenir en cas d’orage en randonnée résume les bons réflexes.
Prévenez un proche de votre itinéraire et de votre heure de retour, emportez au moins 2 litres d’eau, une veste chaude et imperméable et une trousse de secours. Le réseau mobile est très irrégulier dans la vallée. En cas d’accident, composez le 112 : les secours en montagne sont assurés dans les Alpes-Maritimes par le PGHM et les CRS montagne.
Des troupeaux pâturent en été dans les alpages : contournez-les largement et adoptez les bons gestes face aux chiens de protection, détaillés dans notre article comment cohabiter avec les patous en montagne.
Que retenir avant de partir ?
La randonnée du lac Autier et de la Baisse du Basto concentre en une journée ce que le Mercantour a de plus beau : cascade, lacs d’altitude, faune alpine et vue sur la Vallée des Merveilles. Son dénivelé et ses éboulis la réservent toutefois à des marcheurs entraînés.
Pour la savourer pleinement, partez tôt, prévoyez une nuit au refuge de Nice si vous le pouvez et gardez toujours une marge pour faire demi-tour. Les randonneurs moins aguerris profiteront déjà pleinement de l’aller-retour au refuge et au lac de la Fous.
Questions fréquentes
Quelle est la plus belle randonnée de la vallée de la Gordolasque ?
La montée du Pont du Countet au lac Autier, au refuge de Nice et à la Baisse du Basto est l’une des plus complètes de la vallée : cascades, lacs d’altitude et col à 2 693 m. Pour une sortie plus courte, l’aller-retour au refuge de Nice et au lac de la Fous, avec environ 550 m de dénivelé, offre déjà une belle immersion en haute montagne.
Combien de temps faut-il pour monter au refuge de Nice ?
Depuis le Pont du Countet, il faut compter environ 2 h 30 à 3 heures de montée pour atteindre le refuge de Nice, à 2 232 m, et environ 2 heures pour redescendre. Le refuge est gardé en été ; la réservation est conseillée pour y passer la nuit.
Peut-on aller de la Gordolasque à la Vallée des Merveilles ?
Oui, la Baisse du Basto et le pas de l’Arpette permettent de passer de la haute Gordolasque au versant des Merveilles, vers le lac du Basto et le refuge des Merveilles. La traversée se fait plutôt sur deux jours. Dans le site des gravures rupestres, des règles spécifiques s’appliquent, notamment l’interdiction des bâtons à pointe métallique.
Les chiens sont-ils autorisés dans la Gordolasque ?
Non, pas dans la partie haute de la vallée, qui fait partie du cœur du parc national du Mercantour. Les chiens y sont interdits, même tenus en laisse, pour ne pas déranger la faune sauvage et les troupeaux. La règle s’applique aussi au lac Autier, au refuge de Nice et à la Baisse du Basto.
Quand faire la randonnée du lac Autier ?
La meilleure période va de début juillet à fin septembre. En juin, des névés persistent souvent dans le vallon de l’Autier et sous la Baisse du Basto. Partez tôt le matin en été : les orages sont fréquents l’après-midi sur les crêtes du Mercantour.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
