Randonnée MontagneLe magazine de la randonnée en montagne
Idées rando

Les 7 meilleurs fromages de Haute-Savoie et des Savoie : AOP, IGP et recettes

Les 7 meilleurs fromages de Haute-Savoie et des Savoie : AOP, IGP et recettes
En bref

Les fromages emblématiques de Haute-Savoie sont le reblochon (AOP), l’abondance (AOP), le chevrotin (AOP, au lait de chèvre), la tome des Bauges (AOP), la tomme de Savoie (IGP) et la raclette de Savoie (IGP). Le beaufort (AOP), fabriqué dans la Savoie voisine, complète cette sélection. Tous proviennent de lait de montagne et se découvrent dans les fermes, fruitières et alpages des deux départements.

À retenir
  • Le reblochon, AOC depuis 1958, est produit en Haute-Savoie et dans le Val d’Arly ; sa pastille de caséine est verte pour le fermier et rouge pour le laitier.
  • L’abondance, AOC depuis 1990, est une pâte pressée mi-cuite originaire du Chablais, affinée au moins 100 jours.
  • Le beaufort est fabriqué en Savoie (Beaufortain, Tarentaise, Maurienne, Val d’Arly) avec le lait des seules races tarine et abondance, et affiné au moins 5 mois.
  • La tomme de Savoie (IGP) et la tome des Bauges (AOP) sont des pâtes pressées non cuites ; la seconde s’écrit avec un seul « m ».
  • La tartiflette a été popularisée dans les années 1980 pour promouvoir le reblochon, alors que la fondue savoyarde et la berthoud sont des recettes plus anciennes.
Sommaire
  1. Quels sont les fromages de Haute-Savoie à connaître ?
  2. Pourquoi les fromages savoyards ont-ils un goût si particulier ?
  3. 1. Le reblochon, emblème de la Haute-Savoie
  4. 2. L’abondance, le fromage fruité du Chablais
  5. 3. Le chevrotin, le reblochon au lait de chèvre
  6. 4. La tome des Bauges, un fromage de moyenne montagne
  7. 5. La tomme de Savoie, le fromage du quotidien
  8. 6. Le beaufort, prince des gruyères de Savoie
  9. 7. La raclette de Savoie et l’emmental de Savoie
  10. Où découvrir les fromages savoyards lors d’une randonnée ?
  11. Comment conserver et transporter des fromages de montagne ?
  12. Quel fromage choisir selon l’occasion ?
  13. L’essentiel à retenir

La Haute-Savoie et la Savoie ne sont pas seulement des terres de ski et de randonnée : ce sont aussi deux des départements les plus riches de France en fromages sous signe de qualité. Reblochon, abondance, chevrotin, tome des Bauges, beaufort, tomme et raclette de Savoie partagent une même origine : un lait de montagne produit par des troupeaux qui passent l’été en alpage.

Ce guide de la rédaction présente les sept fromages incontournables des Savoie, avec pour chacun son appellation, sa zone de production, sa fabrication, son goût et les recettes qui le mettent en valeur. Il s’adresse autant aux gourmands qu’aux randonneurs qui veulent profiter d’une sortie en montagne pour rencontrer les producteurs.

Précision utile : le beaufort, souvent associé à la Haute-Savoie, est en réalité fabriqué en Savoie. Il figure dans cette sélection parce qu’il est indissociable de la gastronomie des deux départements, en particulier de la fondue savoyarde.

Quels sont les fromages de Haute-Savoie à connaître ?

Les fromages de Haute-Savoie et de Savoie se répartissent entre appellations d’origine protégée (AOP), qui imposent un cahier des charges strict sur l’aire de production, les races et la fabrication, et indications géographiques protégées (IGP), un peu plus souples. Le tableau ci-dessous résume les sept fromages de cette sélection.

FromageSigne de qualitéLaitType de pâteBerceauRecette phare
ReblochonAOP (AOC 1958)Vache, cruPressée non cuiteAravis, Bornes, Chablais, Val d’ArlyTartiflette
AbondanceAOP (AOC 1990)Vache, cruPressée mi-cuiteChablais, vallée d’AbondanceBerthoud
ChevrotinAOPChèvre, cruPressée non cuite, croûte lavéeAravis, BaugesDégustation nature
Tome des BaugesAOPVache, cruPressée non cuiteMassif des BaugesPlateau, croûte-au-fromage
Tomme de SavoieIGP (1996)VachePressée non cuiteSavoie et Haute-SavoiePlateau, casse-croûte
BeaufortAOPVache (tarine, abondance), cruPressée cuiteBeaufortain, Tarentaise, Maurienne (Savoie)Fondue savoyarde
Raclette de SavoieIGPVachePressée non cuiteSavoie et Haute-SavoieRaclette

Les dates et les règles précises de chaque appellation sont publiées par l’INAO ; elles évoluent parfois lors des révisions des cahiers des charges. Les chiffres donnés dans cet article (durées d’affinage, poids, températures) sont des ordres de grandeur.

Pourquoi les fromages savoyards ont-ils un goût si particulier ?

Le goût des fromages savoyards vient d’abord de l’alimentation des vaches et des chèvres : herbe fraîche des prairies et des alpages en été, foin de montagne en hiver. Les cahiers des charges des AOP limitent l’usage des aliments ensilés et imposent souvent des races locales.

La saison compte beaucoup. En été, lorsque les troupeaux pâturent en altitude, la flore très variée des alpages donne au lait des arômes plus floraux et fruités ; c’est pourquoi le beaufort d’été ou l’abondance d’alpage sont particulièrement recherchés. En hiver, à l’étable, les fromages sont généralement plus doux.

Enfin, l’affinage façonne chaque fromage : durée, température, humidité et soins (retournements, frottage à la saumure ou à l’eau salée) développent la croûte et les arômes. Beaucoup de fromages sont encore fabriqués dans des fruitières, ces coopératives villageoises qui transforment le lait de plusieurs exploitations, ou directement à la ferme.

1. Le reblochon, emblème de la Haute-Savoie

Reblochon fermier de Haute-Savoie entier et coupé sur une planche en bois

Le reblochon est une pâte pressée non cuite au lait cru de vache, produite en Haute-Savoie et dans le Val d’Arly, en Savoie. Il bénéficie d’une appellation d’origine depuis 1958 et reste le fromage le plus associé à la montagne des Alpes françaises, en particulier aux massifs des Aravis, des Bornes et du Chablais. Thônes et Le Grand-Bornand sont souvent présentés comme ses capitales.

D’où vient le nom du reblochon ?

Selon la tradition, son nom vient du verbe savoyard « reblocher », qui signifie traire une seconde fois. Au Moyen Âge, les paysans auraient volontairement laissé du lait dans le pis des vaches lors du passage du propriétaire ou du collecteur de la redevance, calculée sur la quantité de lait. Ils procédaient ensuite à une seconde traite, plus riche en matière grasse, qui servait à fabriquer ce fromage pour leur propre usage.

Comment reconnaître un reblochon AOP ?

Le reblochon se présente comme un petit cylindre plat d’environ 500 g, à la croûte fine jaune orangé recouverte d’un léger duvet blanc. Sa pâte ivoire est souple et fondante, avec des notes de noisette et de crème. Le lait provient de vaches de races abondance, montbéliarde ou tarine, nourries d’herbe et de foin de la zone d’appellation.

  • Reblochon fermier : fabriqué à la ferme juste après la traite, avec le lait d’un seul troupeau ; pastille de caséine verte.
  • Reblochon laitier : fabriqué en fromagerie avec le lait de plusieurs exploitations ; pastille rouge.
  • Petit reblochon : même fromage, en format réduit.

L’affinage, en cave fraîche et humide, dure généralement de deux à quatre semaines ; le fromage est retourné et lavé régulièrement. Un reblochon se déguste à température ambiante, avec du pain de campagne ou quelques tranches de pomme, et s’accorde bien avec un vin blanc sec de Savoie comme l’apremont ou le chignin-bergeron.

La tartiflette, une recette récente

Tartiflette au reblochon gratinée dans un plat, spécialité de Haute-Savoie

La tartiflette associe pommes de terre, lardons, oignons, un peu de vin blanc et un reblochon entier coupé en deux, posé croûte vers le haut et gratiné au four. Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas une recette ancestrale : elle a été popularisée dans les années 1980 par l’interprofession du reblochon pour relancer les ventes du fromage, en s’inspirant d’un plat paysan plus ancien, la péla des Aravis.

Devenue en quelques décennies le symbole des repas en station de ski, la tartiflette se décline aujourd’hui en versions aux cèpes, aux morilles ou végétariennes. Plat très riche, elle se prévoit plutôt après une journée de ski ou de raquettes qu’avant une randonnée.

2. L’abondance, le fromage fruité du Chablais

Meule d’abondance AOP à la croûte ambrée et au talon concave dans une cave d’affinage

L’abondance est une pâte pressée mi-cuite au lait cru de vache, originaire du Chablais et de la vallée d’Abondance, en Haute-Savoie. Elle bénéficie d’une appellation d’origine depuis 1990 et tire son nom à la fois du village d’Abondance, célèbre pour son abbaye, et de la race bovine locale.

La vache abondance

La race abondance se reconnaît à sa robe acajou et à sa tête blanche, marquée de « lunettes » acajou autour des yeux. Rustique et bonne marcheuse, elle est adaptée aux pentes des alpages. Le lait destiné au fromage abondance provient de vaches abondance, montbéliarde et tarine, avec une part importante de la race abondance fixée par le cahier des charges.

Fabrication et goût

Après la traite, le lait cru est emprésuré, puis le caillé est découpé et chauffé autour de 50 °C, ce qui fait de l’abondance une pâte « mi-cuite ». Le fromage est moulé dans une toile, pressé, puis affiné au moins 100 jours sur des planches d’épicéa, avec des frottages réguliers à l’eau salée. La meule pèse en général de 7 à 12 kg et présente un talon légèrement concave.

Sa croûte est ambrée à brun-orangé, sa pâte souple et ivoire, parfois parsemée de petites ouvertures. En bouche, l’abondance est fruitée et légèrement noisettée, avec une pointe d’amertume en fin de dégustation qui fait sa signature. Comme le reblochon, elle existe en version fermière, fabriquée à la ferme ou en alpage avec le lait d’un seul troupeau, et en version fromagère, élaborée en fruitière.

La berthoud, gratin du Chablais

Berthoud du Chablais, abondance fondue et gratinée dans un plat individuel

La berthoud est une spécialité du Chablais préparée avec de l’abondance coupée en lamelles ou en dés, disposée dans un petit plat individuel frotté à l’ail, arrosée de madère (ou, selon les familles, de vin blanc de Savoie), poivrée, puis passée au four jusqu’à ce que le fromage fonde et dore. On la sert avec des pommes de terre en robe des champs, de la charcuterie locale et une salade verte.

Moins connue que la fondue ou la raclette, la berthoud se trouve surtout dans les restaurants de la vallée d’Abondance, de Morzine et de la région de Thonon-les-Bains. En dehors de ce plat, l’abondance se déguste nature, ou râpée dans un gratin de pâtes ou de crozets.

3. Le chevrotin, le reblochon au lait de chèvre

Le chevrotin est un fromage AOP au lait cru et entier de chèvre, fabriqué en Haute-Savoie et dans une partie de la Savoie, notamment dans les Aravis et le massif des Bauges. C’est une petite pâte pressée non cuite à croûte lavée, de forme cylindrique et plate, qui rappelle un reblochon par son aspect.

Sa croûte fine, jaune à rosée, est souvent recouverte d’une fine mousse blanche. Sa pâte, souple et fondante, offre un goût à la fois doux et caprin, avec des notes de crème et de sous-bois. L’affinage dure au moins trois semaines environ, en cave humide.

Produit en petites quantités par des éleveurs de chèvres de montagne, le chevrotin est l’un des fromages AOP les plus confidentiels de France. On le trouve surtout chez les producteurs, sur les marchés des Aravis et chez les fromagers de la région d’Annecy. Il se déguste de préférence nature, à température ambiante, avec un vin blanc sec de Savoie.

4. La tome des Bauges, un fromage de moyenne montagne

La tome des Bauges est un fromage AOP au lait cru de vache, fabriqué dans le massif des Bauges, entre Annecy, Chambéry et Albertville, sur un territoire à cheval entre la Haute-Savoie et la Savoie. Elle s’écrit avec un seul « m », contrairement à la tomme de Savoie.

C’est une pâte pressée non cuite, présentée en meules d’environ un kilo et demi, reconnaissable à son épaisse croûte grise, parfois tachetée de jaune ou de brun. Sa pâte souple, jaune clair, offre un goût franc, fruité et légèrement lacté, qui se renforce avec l’affinage, d’au moins cinq semaines environ.

Le massif des Bauges, classé Parc naturel régional et géoparc, se prête bien à une randonnée gourmande : de nombreuses fermes et fruitières y accueillent les visiteurs. La tome des Bauges se déguste nature, sur un plateau, ou fondue sur des pommes de terre.

5. La tomme de Savoie, le fromage du quotidien

Tomme de Savoie à la croûte grise et à la pâte crème, coupée sur une planche

La tomme de Savoie est un fromage à pâte pressée non cuite au lait de vache, produit en Savoie et en Haute-Savoie et protégé par une indication géographique protégée (IGP) depuis 1996. C’est le fromage de tous les jours des familles savoyardes, présent dans les casse-croûte comme sur les plateaux.

Origine et fabrication

Historiquement, la tomme permettait de valoriser le lait partiellement écrémé après la fabrication du beurre, ce qui explique qu’elle soit souvent moins grasse que les autres fromages de Savoie. Le lait, entier ou partiellement écrémé, est emprésuré, le caillé est découpé et brassé sans être chauffé, puis moulé et pressé. Les meules, de 1 à 2 kg environ, sont affinées au moins un mois en cave.

Aspect et goût

Sa croûte grise à brune, épaisse et parfois tachée de moisissures jaunes ou rouges, protège une pâte souple, crème à jaune pâle, parsemée de petites ouvertures. Le goût est doux, lacté et légèrement acidulé quand elle est jeune, plus corsé et noisetté après plusieurs mois d’affinage. Il en existe de nombreuses variantes selon les fermes, les fruitières et le taux de matière grasse, souvent indiqué sur l’étiquette.

La tomme de Savoie est un fromage pratique pour le sac à dos : elle voyage bien, se coupe facilement et accompagne un pique-nique en montagne avec du pain, de la charcuterie et des fruits.

6. Le beaufort, prince des gruyères de Savoie

Meules de beaufort au talon concave alignées dans une cave d’affinage en Savoie

Le beaufort est un fromage AOP à pâte pressée cuite au lait cru de vache, fabriqué en Savoie, dans le Beaufortain, la Tarentaise, la Maurienne et une partie du Val d’Arly. Surnommé le « prince des gruyères », il se reconnaît à ses grandes meules de 20 à 70 kg (souvent autour de 40 kg) et à leur talon concave, hérité des cercles de bois autrefois utilisés pour les mouler.

Une fabrication exigeante

Le lait provient exclusivement de vaches de races tarine et abondance, nourries à l’herbe en été et au foin en hiver. Il faut environ 10 à 11 litres de lait par kilo de fromage, soit de l’ordre de 400 à 500 litres pour une meule moyenne. Le caillé est chauffé vers 53-55 °C dans des cuves en cuivre, ce qui en fait une pâte « cuite », puis moulé et pressé.

L’affinage dure au moins cinq mois en cave fraîche, avec des retournements et des frottages réguliers à la saumure ; les meules les plus recherchées sont affinées douze mois ou plus. La pâte, ivoire à jaune pâle, est ferme mais fondante, avec des arômes de fleurs, de beurre et de noisette.

Beaufort d’été, d’hiver et chalet d’alpage

  • Beaufort : fabriqué toute l’année, souvent appelé « beaufort d’hiver » pour la production à l’étable, plus doux.
  • Beaufort d’été : fabriqué de juin à octobre, avec le lait des troupeaux au pâturage ; plus aromatique et plus coloré.
  • Beaufort chalet d’alpage : fabriqué en été dans des chalets d’altitude, deux fois par jour, avec le lait d’un seul troupeau en alpage ; c’est la mention la plus rare.

La fondue savoyarde

Fondue savoyarde dans un caquelon avec morceaux de pain piqués sur des fourchettes

La fondue savoyarde est un plat de fromages fondus dans du vin blanc sec, que l’on mange en y trempant des morceaux de pain. La recette la plus répandue associe beaufort, comté et emmental de Savoie, parfois avec de l’abondance ; certaines versions n’utilisent que du beaufort.

La préparation commence par frotter le caquelon avec une gousse d’ail, puis on y fait chauffer du vin blanc de Savoie, comme l’apremont, avant d’ajouter progressivement les fromages râpés ou coupés en lamelles, en remuant en huit. Une pointe de muscade ou un trait de kirsch sont facultatifs. La tradition veut que celui qui perd son pain dans le caquelon paie une tournée ou relève un gage.

En dehors de la fondue, le beaufort se déguste en fines lamelles à l’apéritif, dans une croûte au fromage ou râpé sur des crozets. Il s’accorde avec les blancs de Savoie, notamment la roussette ou le chignin.

7. La raclette de Savoie et l’emmental de Savoie

La raclette de Savoie est un fromage à pâte pressée non cuite au lait de vache, protégé par une IGP et produit en Savoie et en Haute-Savoie. Sa pâte souple et crémeuse fond de façon homogène, ce qui en fait le fromage de référence pour la raclette, servie avec des pommes de terre, de la charcuterie et des cornichons.

L’emmental de Savoie, également protégé par une IGP, est une pâte pressée cuite reconnaissable à ses grands trous, au goût doux et fruité. Moins prestigieux que le beaufort, il est pourtant indispensable dans la plupart des recettes de fondue savoyarde et dans les gratins. Ces deux fromages sont souvent fabriqués dans les mêmes fruitières que les tommes.

La raclette, d’origine valaisanne côté suisse, s’est imposée dans toutes les Alpes françaises comme plat de convivialité en station. Comptez généralement 200 à 250 g de fromage par personne pour un repas.

Où découvrir les fromages savoyards lors d’une randonnée ?

La meilleure façon de comprendre les fromages de Savoie est de monter à leur rencontre, en été, lorsque les troupeaux sont en alpage. De nombreux chalets d’alpage vendent directement leur reblochon, leur abondance ou leur beaufort aux randonneurs, et certains permettent d’assister à la fabrication du matin.

Les massifs à privilégier

  • Aravis (Le Grand-Bornand, La Clusaz, Thônes) : fermes de reblochon et de chevrotin, alpages accessibles en une à deux heures de marche.
  • Chablais (vallée d’Abondance, Morzine, Châtel) : abondance fermière et berthoud ; voyez notre sélection des plus belles randonnées autour de Morzine.
  • Bauges : tome des Bauges et chevrotin, dans un parc naturel régional de moyenne montagne.
  • Beaufortain (Savoie) : alpages de beaufort chalet d’alpage et coopérative laitière à Beaufort, à combiner avec les randonnées d’été en Savoie.

Pour une journée qui combine marche et dégustations, l’article sur l’itinéraire le plus gourmand de Savoie propose une formule clé en main. Les amateurs de sommets trouveront aussi des idées dans notre sélection des plus belles randonnées de Haute-Savoie.

Les bons gestes en alpage

Un alpage est d’abord un lieu de travail. Quelques règles simples permettent aux randonneurs d’y être bien accueillis :

  • Refermez les clôtures et les barrières après votre passage.
  • Contournez les troupeaux à distance, tenez votre chien en laisse et adoptez les bons réflexes face aux chiens de protection, détaillés dans notre article sur la cohabitation avec les patous.
  • Ne dérangez pas la traite et demandez avant d’entrer dans un chalet ou de photographier la fabrication.
  • Emportez un sac isotherme ou une boîte hermétique si vous comptez redescendre avec du fromage, surtout par forte chaleur.
  • Prévoyez des espèces : tous les chalets d’alpage ne disposent pas d’un terminal de paiement.

Quand y aller ?

La saison d’alpage va en général de juin à septembre selon l’altitude et l’enneigement. Les fêtes de la désalpe, qui marquent le retour des troupeaux en fin d’été, sont l’occasion de découvrir les producteurs et les traditions locales ; les dates se vérifient auprès des offices de tourisme. En hiver, les fruitières et les caves d’affinage de fond de vallée prennent le relais.

Comment conserver et transporter des fromages de montagne ?

Les fromages à pâte pressée se conservent au réfrigérateur, dans le bac à légumes, emballés dans leur papier d’origine ou dans un papier sulfurisé, jamais dans un film plastique serré qui les empêche de respirer. Sortez-les environ une heure avant la dégustation pour qu’ils retrouvent leurs arômes.

En randonnée, les pâtes pressées cuites comme le beaufort ou l’abondance supportent mieux la chaleur que le reblochon ou le chevrotin, plus fragiles. Pour un pique-nique de plusieurs heures en été, privilégiez donc une tomme ou un beaufort bien affiné, emballé dans un linge propre au fond du sac, à l’abri du soleil.

Pour rapporter des fromages chez soi après un séjour, un sac isotherme avec des pains de glace suffit pour quelques heures de route. Les fromagers et les coopératives proposent souvent la mise sous vide des pâtes pressées, pratique pour un trajet plus long.

Quel fromage choisir selon l’occasion ?

Chaque fromage savoyard a son usage de prédilection. Pour un plateau, associez un reblochon fermier, une abondance, un beaufort d’été et un chevrotin : vous couvrirez une palette qui va du crémeux au fruité et du vache au chèvre. Pour un repas chaud, le choix dépend du plat :

PlatFromage principalMoment idéal
TartifletteReblochonAprès une journée de ski ou de raquettes
Fondue savoyardeBeaufort, comté, emmental de SavoieSoirée entre amis en hiver
BerthoudAbondanceDécouverte du Chablais
RacletteRaclette de SavoieRepas convivial en chalet
Pique-nique en montagneTomme de Savoie, beaufortRandonnée d’été

Pour les vins, les blancs secs de Savoie issus de jacquère (apremont, abymes), d’altesse (roussette de Savoie) ou de roussanne (chignin-bergeron) sont les accords les plus naturels. Un vin rouge léger de mondeuse peut accompagner une tome des Bauges ou une tomme bien affinée.

L’essentiel à retenir

Les fromages de Haute-Savoie se résument en trois appellations majeures, reblochon, abondance et chevrotin, complétées par la tome des Bauges, partagée avec la Savoie, et par les IGP tomme et raclette de Savoie. Le beaufort, quant à lui, vient de la Savoie voisine. Pour les goûter au plus près de leur origine, rien ne vaut une randonnée estivale vers un alpage des Aravis, du Chablais, des Bauges ou du Beaufortain, en respectant le travail des éleveurs qui les fabriquent.

Questions fréquentes

Quel est le fromage le plus célèbre de Haute-Savoie ?

Le reblochon est le fromage le plus emblématique de Haute-Savoie. Cette pâte pressée non cuite au lait cru de vache bénéficie d’une appellation d’origine depuis 1958 et se fabrique principalement dans les massifs des Aravis, du Chablais et des Bornes. Il est surtout connu comme ingrédient principal de la tartiflette.

Le beaufort est-il un fromage de Haute-Savoie ?

Non, le beaufort est un fromage de Savoie. Son aire d’appellation couvre le Beaufortain, la Tarentaise, la Maurienne et une partie du Val d’Arly. Il est toutefois omniprésent sur les tables haut-savoyardes, notamment dans la fondue savoyarde.

Quelle différence entre reblochon fermier et reblochon laitier ?

Le reblochon fermier est fabriqué à la ferme, juste après la traite, avec le lait d’un seul troupeau ; il porte une pastille de caséine verte. Le reblochon laitier est élaboré en fromagerie avec le lait de plusieurs exploitations et porte une pastille rouge. Le fermier est souvent jugé plus typé.

Quels fromages pour une fondue savoyarde ?

La fondue savoyarde associe généralement beaufort, comté et emmental de Savoie, parfois de l’abondance, fondus dans du vin blanc sec de Savoie avec de l’ail. Les proportions varient selon les familles et les fromagers. Certaines versions n’utilisent que du beaufort.

Où acheter du fromage directement en alpage ?

En été, de nombreux chalets d’alpage des Aravis, du Chablais et du Beaufortain vendent reblochon, abondance ou beaufort directement aux randonneurs. Les offices de tourisme locaux recensent les fermes et coopératives qui accueillent le public. Les horaires dépendent de la traite : mieux vaut se renseigner avant de monter.

Sources et liens utiles

Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.