Une semaine de randonnée dans les Dolomites peut enchaîner le lac de Sorapis, le tour des Tre Cime di Lavaredo, le Val di Funes, le Piz Boè (3 152 m), l’Alpe di Siusi, la crête de la Seceda et le lac de Carezza. Comptez 3 à 6 heures de marche par jour et 300 à 700 m de dénivelé, de mi-juin à fin septembre, avec deux bases : Cortina d’Ampezzo puis le Val Gardena.
- Les Dolomites, dans le nord-est de l’Italie, sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2009.
- La saison de randonnée va de mi-juin à fin septembre, période où la plupart des refuges sont gardés et les remontées mécaniques ouvertes.
- Le tour des Tre Cime di Lavaredo fait environ 10 km pour 400 m de dénivelé depuis le refuge Auronzo (2 320 m), accessible par une route à péage.
- Le Piz Boè (3 152 m), sommet du groupe du Sella, s’atteint sans via ferrata depuis le téléphérique du Sass Pordoi.
- Un niveau de randonneur intermédiaire suffit pour cet itinéraire, qui se fait en étoile depuis deux bases plutôt qu’en itinérance.
- Les refuges les plus demandés (Vandelli, secteur des Tre Cime) se réservent plusieurs semaines, voire plusieurs mois, à l’avance.
Sommaire
- Comment se préparer pour randonner dans les Dolomites ?
- Quel itinéraire suivre en 7 jours dans les Dolomites ?
- Quelles variantes selon votre profil ?
- Combien coûte une semaine de randonnée dans les Dolomites ?
- Quelles règles de sécurité respecter dans les Dolomites ?
- Pourquoi les Dolomites valent une semaine entière ?
Les Dolomites sont un massif calcaire du nord-est de l’Italie, à cheval sur la Vénétie, le Trentin et le Tyrol du Sud, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2009. Leurs tours rocheuses, leurs alpages et leurs lacs d’altitude en font l’une des destinations de randonnée les plus prisées d’Europe.
Une semaine ne suffit pas à tout voir, mais elle permet de parcourir les sites les plus emblématiques : le lac de Sorapis, les Tre Cime di Lavaredo, le Val di Funes, le Piz Boè, l’Alpe di Siusi, la Seceda et le lac de Carezza. La rédaction propose ici un itinéraire en étoile, jour par jour, avec distances, dénivelés, durées, bases conseillées et points de vigilance.
Cet itinéraire s’adresse aux randonneurs de niveau intermédiaire, à l’aise sur 4 à 6 heures de marche quotidienne, qui préfèrent dormir au même endroit plusieurs nuits plutôt que de porter leur sac de refuge en refuge.
Comment se préparer pour randonner dans les Dolomites ?

Quelle est la meilleure période ?
La saison de randonnée dans les Dolomites s’étend de mi-juin à fin septembre. Avant, des névés peuvent encore barrer les sentiers au-dessus de 2 000 m ; après, les refuges et une partie des remontées mécaniques ferment.
Juillet et août offrent des journées longues et des refuges tous gardés, mais aussi une fréquentation très forte sur les sites célèbres et des orages fréquents en fin de journée. Fin juin (floraison des alpages) et septembre (lumière rasante, moins de monde) sont souvent préférés par les randonneurs qui peuvent choisir leurs dates.
Quel niveau faut-il ?
Aucune compétence d’alpiniste n’est nécessaire pour cet itinéraire. Les étapes alternent sentiers larges et montées plus raides, avec 300 à 700 m de dénivelé par jour. Il faut toutefois un pied sûr pour quelques passages équipés de câbles (lac de Sorapis, sommet du Piz Boè) et pour les crêtes de la Seceda par vent fort.
Les via ferrata restent une option réservée aux personnes formées et équipées (baudrier, longe spécifique, casque). Si vous découvrez cette pratique, consultez notre article pour comprendre ce qu’est une via ferrata et faites-vous accompagner par un guide.
Quel équipement emporter pour 7 jours ?
Le terrain dolomitique est souvent caillouteux : des chaussures de randonnée adaptées à la montagne, déjà rodées et à semelle accrocheuse, sont indispensables. Pour des sorties à la journée, un sac de 25 à 35 litres suffit.
- veste imperméable et coupe-vent, polaire ou doudoune légère (il peut geler au-dessus de 2 500 m même en été) ;
- casquette, lunettes de soleil et crème solaire à indice élevé ;
- 1,5 à 2 litres d’eau par personne, les points d’eau étant irréguliers sur le calcaire ;
- carte topographique (Tabacco au 1:25 000 par exemple) et application GPS avec les traces téléchargées ;
- petite trousse de secours, frontale et espèces (certains refuges n’acceptent pas la carte bancaire).
Comment s’organiser sur place ?
L’itinéraire se fait depuis deux bases : Cortina d’Ampezzo (jours 1 et 2), puis le Val Gardena, par exemple Ortisei ou Santa Cristina (jours 3 à 7). Les aéroports les plus proches sont Venise (environ 2 heures de route de Cortina), Bolzano, Innsbruck et Vérone.
Une voiture simplifie les liaisons entre les vallées, mais les bus régionaux (Dolomiti Bus en Vénétie, réseau SAD au Tyrol du Sud) desservent la plupart des départs en été. Les refuges les plus demandés, comme le refuge Vandelli ou ceux du secteur des Tre Cime, se réservent plusieurs semaines à plusieurs mois à l’avance. Une assurance couvrant les frais de recherche et de secours en montagne est vivement recommandée, car l’hélicoptère peut être facturé en Italie.
Quel itinéraire suivre en 7 jours dans les Dolomites ?

Le tableau ci-dessous résume les sept étapes. Les distances et dénivelés sont indicatifs et varient selon la variante choisie et l’usage des remontées mécaniques.
| Jour | Randonnée | Distance | Dénivelé + | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Lac de Sorapis depuis le Passo Tre Croci | 12-13 km A/R | 500-600 m | 4 h 30-5 h | Moyenne (câbles) |
| 2 | Tour des Tre Cime di Lavaredo | 10 km | 400 m | 3 h 30-4 h | Facile à moyenne |
| 3 | Val di Funes, sentier Adolf Munkel | 9-12 km | 500-600 m | 4-5 h | Moyenne |
| 4 | Piz Boè depuis le Sass Pordoi | 6-7 km A/R | 300 m | 3 h | Moyenne (passages équipés) |
| 5 | Boucle sur l’Alpe di Siusi | 12-15 km | 400-500 m | 4-5 h | Facile |
| 6 | Crête de la Seceda et descente par le Col Raiser | 10-13 km | 300-700 m | 4-5 h | Moyenne |
| 7 | Lac de Carezza et forêt du Latemar | 2-6 km | 50-200 m | 1-2 h | Très facile |
Jour 1 : le lac de Sorapis, joyau turquoise au-dessus de Cortina
Le lac de Sorapis (environ 1 925 m) est un petit lac glaciaire d’un bleu laiteux, blotti sous les parois du Sorapiss. On y accède non pas depuis Cortina même, mais depuis le Passo Tre Croci (1 805 m), à une quinzaine de minutes en voiture ou en bus, par le sentier 215.
Le chemin traverse d’abord une forêt de pins, puis longe des vires équipées de câbles et quelques marches métalliques : sans difficulté technique, mais déconseillé aux personnes sujettes au vertige. Le refuge Vandelli (1 928 m), au bord du lac, permet d’y passer la nuit ; il affiche souvent complet en été.
Le site est victime de son succès : partez tôt le matin et renseignez-vous sur d’éventuelles mesures de régulation de la fréquentation, régulièrement évoquées par les communes concernées.
Jour 2 : le tour des Tre Cime di Lavaredo
Les Tre Cime di Lavaredo sont trois tours calcaires dont la plus haute, la Cima Grande, culmine à 2 999 m. Le tour classique part du refuge Auronzo (2 320 m), accessible par une route à péage depuis Misurina ou en bus en été.
La boucle d’environ 10 km passe par le refuge Lavaredo, la Forcella Lavaredo puis le refuge Locatelli (Dreizinnenhütte, 2 405 m), d’où l’on découvre les célèbres faces nord. Le sentier est large et bien balisé, avec environ 400 m de dénivelé cumulé. Pour éviter la foule, commencez avant 8 heures ou faites la boucle dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.
Jour 3 : le Val di Funes et le massif des Odle
Le Val di Funes (Villnöss) est une vallée pastorale du Tyrol du Sud dominée par le groupe des Odle (Geisler en allemand), des aiguilles qui culminent au Sass Rigais (3 025 m). Son image la plus connue est la petite église Saint-Jean de Ranui, isolée dans un pré devant les sommets.
Le sentier Adolf Munkel part du parking de Zannes et longe le pied des Odle à travers alpages et forêts de mélèzes. La boucle la plus courante passe par la Geisleralm (1 996 m) et la Gschnagenhardt Alm, deux chalets d’alpage où l’on peut déjeuner. Depuis le Val Gardena, comptez environ 45 minutes de route.
Jour 4 : le col Pordoi et le Piz Boè (3 152 m)
Le Passo Pordoi (2 239 m) relie le val di Fassa à Arabba, au pied du groupe du Sella. Un téléphérique monte au Sass Pordoi (2 950 m), d’où un sentier balisé rejoint le sommet du Piz Boè (3 152 m), point culminant du Sella, en 1 h 15 à 1 h 30.
Cette voie normale ne demande pas de via ferrata : seuls quelques passages rocheux sous le sommet sont équipés de câbles. Contrairement à ce qu’on lit parfois, la via ferrata Cesare Piazzetta, qui monte directement depuis le col, est l’une des plus difficiles de la région et ne s’adresse qu’aux pratiquants confirmés. Sans téléphérique, la montée à pied depuis le col par la Forcella Pordoi représente près de 900 m de dénivelé sur un pierrier raide.
Depuis le sommet, la vue embrasse la Marmolada (3 343 m), point culminant des Dolomites, et son glacier en net recul. Évitez cette étape en cas de risque d’orage : le plateau sommital est très exposé.
Jour 5 : l’Alpe di Siusi, le plus grand alpage d’Europe
L’Alpe di Siusi (Seiser Alm) est souvent présentée comme le plus vaste alpage d’altitude d’Europe, avec environ 56 km² de prairies entre 1 700 et 2 300 m. On y monte en télécabine depuis Siusi jusqu’à Compatsch, ou depuis Ortisei, dans le Val Gardena.
Les chemins, larges et peu pentus, permettent une boucle de 12 à 15 km face au Sassolungo (3 181 m) et au Sciliar (2 563 m). C’est l’étape de récupération de la semaine, idéale pour déjeuner dans une des nombreuses fermes d’alpage. La circulation automobile y est réglementée en journée : privilégiez les remontées mécaniques.
Jour 6 : la crête de la Seceda
La Seceda (2 519 m) est un sommet herbeux au-dessus d’Ortisei, célèbre pour son arête qui plonge d’un côté en falaises verticales vers le Val di Funes. On y accède par la télécabine Ortisei-Furnes puis le téléphérique Furnes-Seceda.
Une belle traversée suit la crête puis redescend vers le refuge Firenze (Regensburger Hütte, 2 037 m) et le Col Raiser, d’où une télécabine ramène à Santa Cristina. Les sections de crête peuvent être ventées : gardez vos distances avec le bord des falaises. À l’été 2025, des agriculteurs propriétaires de prés ont installé un tourniquet payant sur un sentier très fréquenté de la Seceda ; vérifiez la situation sur place avant de partir.
Jour 7 : le lac de Carezza, avant le retour
Le lac de Carezza (Karersee, environ 1 520 m) est un petit lac entouré de sapins, dans lequel se reflètent les tours du Latemar. Le chemin qui en fait le tour ne demande qu’une vingtaine de minutes ; on peut le prolonger par les sentiers forestiers voisins pour une sortie de 1 à 2 heures.
Situé à une quarantaine de minutes de Bolzano, le lac est une dernière étape pratique avant de rejoindre l’aéroport. La baignade y est interdite et la rive est clôturée pour protéger le site.
Quelles variantes selon votre profil ?

L’itinéraire s’adapte facilement. Voici quelques alternatives courantes, décrites dans les topos locaux :
- Randonneurs sportifs : remplacer l’Alpe di Siusi par la montée au Sassolungo par la Forcella del Sassolungo, ou ajouter le lac de Braies (Pragser Wildsee) et le tour du lac.
- Familles : raccourcir le jour 1 et privilégier les Tre Cime, l’Alpe di Siusi et Carezza, les plus accessibles ; le secteur de la Seceda se découvre aussi par de courtes balades autour de l’arrivée du téléphérique.
- Adeptes de l’itinérance : l’Alta Via 1, entre le lac de Braies et Belluno, fait environ 120 km et se parcourt en 9 à 12 jours de refuge en refuge.
- Pratiquants de via ferrata : les secteurs de Cortina (Averau, Lagazuoi) et du Sella offrent de nombreuses voies de tous niveaux, à faire avec un guide si vous débutez.
Pour d’autres idées dans le massif, consultez notre sélection des plus beaux sentiers de randonnée des Dolomites et notre guide des plus beaux lacs d’Italie.
Combien coûte une semaine de randonnée dans les Dolomites ?
Le budget dépend surtout de l’hébergement et de l’usage des remontées mécaniques. Les Dolomites comptent parmi les régions les plus chères des Alpes en haute saison, notamment à Cortina d’Ampezzo et dans le Val Gardena.
- Hébergement : les refuges proposent généralement la demi-pension, en dortoir ou en chambre ; les hôtels et pensions de vallée affichent des tarifs nettement plus élevés en juillet-août.
- Remontées mécaniques : un aller simple ou un aller-retour coûte de quelques euros à plusieurs dizaines d’euros ; des forfaits multi-jours existent dans le Val Gardena et sur l’Alpe di Siusi.
- Transports : péage de la route des Tre Cime, parkings payants au Passo Tre Croci et dans le Val di Funes, ou tickets de bus régionaux.
Les tarifs changent chaque saison : vérifiez-les sur les sites des offices de tourisme et des sociétés de remontées avant de fixer votre budget.
Quelles règles de sécurité respecter dans les Dolomites ?
La principale menace estivale dans les Dolomites est l’orage, fréquent dès le début d’après-midi en juillet et août. Partez tôt, visez un retour ou un abri vers 14 heures et renoncez aux crêtes et sommets si des cumulus se développent. Nos conseils pour réagir face à un orage en randonnée s’appliquent pleinement ici.
- Consultez la météo de montagne locale la veille et le matin (services météo de la Vénétie et du Tyrol du Sud).
- Laissez votre itinéraire à votre hébergement ou à un proche.
- En cas d’urgence, composez le 112, numéro unique européen valable en Italie ; les secours sont assurés par le Corpo Nazionale Soccorso Alpino e Speleologico (CNSAS) et, au Tyrol du Sud, par la Bergrettung.
- Restez sur les sentiers balisés (numéros blancs et rouges du CAI) et ne coupez pas les lacets, pour limiter l’érosion et les chutes de pierres.
- Respectez les troupeaux et refermez les clôtures des alpages.
Le recul des glaciers et les cycles de gel-dégel rendent certains secteurs plus instables : des sentiers peuvent être fermés temporairement après un éboulement. Renseignez-vous auprès des refuges ou des offices de tourisme avant de partir.
Pourquoi les Dolomites valent une semaine entière ?
En sept jours, cet itinéraire fait découvrir la diversité du massif : lacs glaciaires, tours calcaires, alpages pâturés, sommet à plus de 3 000 m et vallées de culture ladine et germanophone. Chaque journée reste accessible à un randonneur régulier, sans porter de gros sac, tout en offrant des panoramas parmi les plus spectaculaires des Alpes.
Pour en profiter pleinement, réservez tôt vos hébergements, privilégiez juin ou septembre si vous le pouvez, commencez chaque étape à la première heure et gardez une journée de marge pour la météo. Si les Dolomites vous plaisent, d’autres massifs italiens méritent le détour : notre guide des meilleurs endroits pour randonner en Italie vous donnera des idées pour le prochain voyage.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure période pour randonner dans les Dolomites ?
La meilleure période va de mi-juin à fin septembre. Juillet et août offrent les journées les plus longues mais aussi la plus forte fréquentation et des orages fréquents l’après-midi. Fin juin et septembre sont plus calmes ; certains refuges et remontées ferment toutefois vers la fin septembre.
Faut-il un bon niveau pour randonner une semaine dans les Dolomites ?
Un niveau intermédiaire suffit pour les grands classiques comme les Tre Cime, l’Alpe di Siusi ou le Val di Funes. Il faut être capable d’enchaîner 4 à 6 heures de marche et 500 à 700 m de dénivelé plusieurs jours de suite. Les via ferrata et certaines crêtes exposées demandent une vraie expérience et un matériel adapté.
Où loger pour randonner dans les Dolomites ?
Pour une semaine en étoile, deux bases suffisent : Cortina d’Ampezzo pour le lac de Sorapis et les Tre Cime, puis Ortisei ou Santa Cristina dans le Val Gardena pour le Val di Funes, la Seceda, l’Alpe di Siusi et le col Pordoi. Une nuit en refuge, par exemple au refuge Vandelli, enrichit l’expérience.
La route des Tre Cime di Lavaredo est-elle payante ?
Oui, la route qui monte de Misurina au refuge Auronzo est à péage pour les voitures et les motos, avec un tarif qui évolue chaque saison. Des bus de ligne desservent aussi le refuge en été. Il est conseillé de vérifier les tarifs et les éventuelles modalités de réservation avant de partir.
Peut-on faire l’Alta Via 1 en 7 jours ?
L’Alta Via 1, qui relie le lac de Braies à Belluno sur environ 120 km, se parcourt généralement en 9 à 12 jours. En 7 jours, il faut soit en faire une partie, soit avoir un très bon niveau. L’itinéraire en étoile proposé ici est une alternative plus souple, sans porter son sac d’un refuge à l’autre.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
