Le Pic de Panestrel (3 254 m) se gravit depuis la route de Maljasset, en Haute-Ubaye (Alpes-de-Haute-Provence), par le vallon et le col des Houerts. Comptez environ 1 500 m de dénivelé positif, une douzaine de kilomètres aller-retour et 7 à 9 heures de marche. C’est une randonnée alpine exigeante, avec éboulis et passages où l’on pose les mains, réservée aux marcheurs expérimentés, de juillet à fin septembre.
- Le Pic de Panestrel culmine à 3 254 m au-dessus de la Haute-Ubaye, sur la commune de Saint-Paul-sur-Ubaye (Alpes-de-Haute-Provence).
- Le départ se fait à environ 1 720 m, sur la route de Maljasset, pour environ 1 500 m de dénivelé positif.
- L’itinéraire passe par la cabane des Houerts (vers 2 150 m) et le col des Houerts avant une dernière partie technique d’environ 600 m de dénivelé.
- La partie haute, en éboulis et blocs, demande d’utiliser les mains ; le casque est recommandé.
- La meilleure période va de mi-juillet à fin septembre, par temps stable et sans orage annoncé.
Sommaire
- Fiche pratique : Pic de Panestrel en bref
- Comment accéder au départ de la randonnée ?
- Quelles sont les étapes de l’itinéraire ?
- À quoi ressemble la montée au col des Houerts ?
- Comment se passe l’ascension finale jusqu’au sommet ?
- Que voit-on depuis le sommet du Pic de Panestrel ?
- Quelle faune et quelle flore observer en chemin ?
- Quelles précautions de sécurité prendre ?
- Le Pic de Panestrel, pour qui ?
Perché à 3 254 m d’altitude, le Pic de Panestrel domine la vallée de l’Ubaye, l’une des plus sauvages des Alpes du Sud. Ce sommet de Haute-Ubaye, peu fréquenté, attire les randonneurs en quête d’un « 3 000 » accessible sans corde mais loin d’être facile.
L’ascension demande environ 1 500 m de dénivelé positif depuis la route de Maljasset, sur une douzaine de kilomètres aller-retour. Elle traverse alpages, forêt de mélèzes, cabane pastorale et éboulis avant un final technique. Au sommet, le panorama embrasse une grande partie des Alpes du Sud.
Précision géographique : contrairement à ce qui est parfois écrit, le départ se situe dans les Alpes-de-Haute-Provence (commune de Saint-Paul-sur-Ubaye), et non dans les Hautes-Alpes, même si la crête sommitale fait face au Queyras.
Fiche pratique : Pic de Panestrel en bref
| Élément | Information |
|---|---|
| Départ | Petit parking sur la route de Maljasset (Saint-Paul-sur-Ubaye), vers 1 720 m |
| Sommet | Pic de Panestrel, 3 254 m |
| Dénivelé positif | Environ 1 500 m |
| Distance | Environ 12 km aller-retour |
| Durée | 7 à 9 h de marche (hors pauses) |
| Difficulté | Difficile : éboulis, blocs, passages en s’aidant des mains |
| Balisage | Jaune et rouge (GRP) dans la partie basse, puis cairns et traces |
| Meilleure période | Mi-juillet à fin septembre |
| Carte | Carte IGN au 1:25 000 du secteur Haute-Ubaye / Chambeyron (consultable sur Géoportail) |
Les distances et altitudes intermédiaires ci-dessous proviennent des topos disponibles et peuvent varier de quelques dizaines de mètres selon les sources : vérifiez votre itinéraire sur la carte IGN avant de partir.
Comment accéder au départ de la randonnée ?

Le départ se trouve sur la route qui remonte la Haute-Ubaye depuis Saint-Paul-sur-Ubaye vers le hameau de Maljasset. Un petit parking, environ 1,5 km après le deuxième pont, marque le début du sentier, vers 1 720 m d’altitude.
Depuis Barcelonnette, comptez environ 45 minutes à 1 heure de route de montagne. Le parking est modeste : en plein été, arriver tôt évite de se garer n’importe où sur une route étroite. Il n’existe pas de transport en commun pratique jusqu’au départ.
Quelles sont les étapes de l’itinéraire ?
L’ascension se découpe en quatre parties bien distinctes, de difficulté croissante.
| Tronçon | Altitudes approximatives | Terrain | Difficulté |
|---|---|---|---|
| Parking → vallon des Houerts | 1 720 → 1 950 m | Alpages, forêt de mélèzes, sentier balisé | Facile à modérée |
| Vallon → cabane des Houerts | 1 950 → 2 150 m | Sentier pastoral | Modérée |
| Cabane → col des Houerts | 2 150 → 2 650 m | Éboulis, dalles, cairns | Soutenue |
| Col → sommet | 2 650 → 3 254 m | Blocs, éboulis raides, courte arête | Difficile |
Du parking au vallon des Houerts
Les trois premiers kilomètres suivent un sentier bien marqué, balisé en jaune et rouge (GRP), avec une pente douce. On traverse des prairies d’alpage, souvent pâturées en été, puis une belle forêt de mélèzes qui offre de l’ombre. À la sortie de la forêt, le vallon des Houerts s’ouvre, dominé par des barres rocheuses qui annoncent la suite.
La cabane des Houerts (vers 2 150 m)
La cabane des Houerts est une construction pastorale en pierre, restaurée, qui marque la transition entre les alpages et le monde minéral. Elle peut servir d’abri sommaire en cas de mauvais temps, mais ce n’est pas un refuge gardé : aucune restauration ni couchage garanti. C’est aussi un bon objectif pour les marcheurs qui ne souhaitent pas aller plus haut.
À quoi ressemble la montée au col des Houerts ?

Au-dessus de la cabane, il faut gravir environ 500 m de dénivelé sur deux kilomètres pour rejoindre le col des Houerts, vers 2 650 m. Le terrain alterne éboulis et dalles rocheuses ; le sentier s’efface par endroits et les cairns guident la progression.
À mi-pente, le replat de la Selette offre une halte agréable, sur un sol rocailleux creusé par l’érosion. Par temps clair, les premiers grands sommets apparaissent au nord, en direction du Queyras et des Écrins.
C’est aussi l’endroit où évaluer la météo et la forme du groupe : si des nuages bourgeonnent déjà en fin de matinée, mieux vaut s’arrêter au col.
Comment se passe l’ascension finale jusqu’au sommet ?
Les 600 derniers mètres de dénivelé sont la partie technique de la randonnée. Le sentier, peu marqué, serpente entre de gros blocs et des éboulis parfois instables. Certains passages demandent de poser les mains sur un rocher par endroits friable.
À une centaine de mètres sous le sommet, une courte arête rocheuse constitue le passage le plus délicat. Elle est exposée mais peu vertigineuse pour un randonneur habitué ; les topos indiquent qu’on peut la contourner par la droite au prix d’un léger détour. En cas de doute sur la voie, faites demi-tour : ce n’est pas un terrain où improviser.
Équipement conseillé pour cette section :
- casque, en raison des chutes de pierres possibles, surtout si d’autres randonneurs sont au-dessus ;
- chaussures de randonnée à tige montante et semelle rigide ;
- gants fins pour le rocher, veste coupe-vent et imperméable, couche chaude ;
- bâtons repliables, utiles en éboulis à la descente mais à ranger dans les passages rocheux.
Ce type de sommet facile d’apparence mais exigeant est détaillé dans notre article sur les pièges des « 3 000 » accessibles aux randonneurs.
Que voit-on depuis le sommet du Pic de Panestrel ?

Le sommet offre un panorama à 360° sur les Alpes du Sud. Par temps dégagé, on repère la Font Sancte (3 385 m) toute proche, les crêtes du Queyras, le Mont Viso (3 841 m) côté italien et, plus loin au nord, les sommets des Écrins. Certains topos évoquent le Mont-Blanc par visibilité exceptionnelle ; la rédaction n’a pas pu le confirmer.
Le sommet est assez large pour s’installer et pique-niquer. Avec des jumelles, on peut observer bouquetins et chamois sur les pentes environnantes. Ne vous attardez pas si le ciel se charge : la descente dans les éboulis est longue et demande de la lucidité.
Quelle faune et quelle flore observer en chemin ?
Les parties basses sont couvertes de mélèzes et de quelques pins cembros, puis viennent les pelouses alpines. Plus haut, saxifrages, génépis et edelweiss colonisent les fissures rocheuses : la cueillette du génépi est réglementée et celle de l’edelweiss déconseillée, laissez-les en place.
Côté faune, les chamois et les bouquetins fréquentent les hauteurs, les marmottes les alpages, et l’aigle royal survole régulièrement les crêtes.
| Moment | Ce qu’on peut observer |
|---|---|
| Tôt le matin | Chamois et bouquetins en activité |
| Milieu de journée | Rapaces profitant des ascendances |
| Juillet-août | Pic de floraison alpine |
Quelles précautions de sécurité prendre ?
Ce type de sortie en haute montagne demande une préparation sérieuse :
- Météo : consultez le bulletin de Météo-France montagne la veille et le matin même. Les orages d’été éclatent souvent dès le début d’après-midi : partez à l’aube et fixez-vous une heure limite pour atteindre le sommet. Nos conseils sur l’orage en randonnée sont à relire.
- Neige : en début de saison, des névés peuvent subsister dans la partie haute ; sans crampons ni piolet, renoncez.
- Troupeaux : les alpages de l’Ubaye accueillent des troupeaux gardés par des chiens de protection. Contournez largement, ne caressez pas les chiens et restez calme, comme l’explique notre guide pour cohabiter avec les patous.
- Autonomie : au moins 2 litres d’eau par personne, de quoi manger, frontale, couverture de survie et trousse de secours. Le réseau téléphonique est aléatoire.
- Prévenir un proche de son itinéraire et de son heure de retour. En cas d’accident, composez le 112 ; les secours en montagne sont assurés par le PGHM ou la CRS.
L’altitude peut aussi provoquer maux de tête et fatigue chez les personnes peu acclimatées : une nuit ou deux dans la vallée avant l’ascension aide, comme le rappelle notre article sur l’acclimatation en altitude.
Le Pic de Panestrel, pour qui ?
Le Pic de Panestrel s’adresse aux randonneurs expérimentés, à l’aise sur les éboulis et capables d’enchaîner 1 500 m de dénivelé dans la journée. En échange de l’effort, il offre un « 3 000 » sauvage et peu fréquenté des Alpes du Sud. Pour les autres, la montée jusqu’à la cabane des Houerts ou au col constitue déjà une belle sortie en Haute-Ubaye.
Questions fréquentes
Le Pic de Panestrel est-il accessible à un randonneur débutant ?
Non. Avec environ 1 500 m de dénivelé, des éboulis instables et des passages où il faut s’aider des mains au-dessus de 2 650 m, l’ascension s’adresse à des randonneurs expérimentés, habitués au terrain alpin et en bonne condition physique. Un débutant peut se contenter de monter jusqu’à la cabane des Houerts.
Combien de temps faut-il pour monter au Pic de Panestrel ?
Il faut compter environ 4 h 30 à 5 h 30 de montée et 3 heures de descente, soit 7 à 9 heures de marche au total, pauses non comprises. Le rythme ralentit nettement dans la partie finale, en éboulis et en blocs. Un départ très matinal est indispensable en été pour éviter les orages de l’après-midi.
Où se trouve le Pic de Panestrel ?
Le Pic de Panestrel se situe en Haute-Ubaye, dans les Alpes-de-Haute-Provence, sur la commune de Saint-Paul-sur-Ubaye, au-dessus de la route qui mène au hameau de Maljasset. Il domine la frontière avec le secteur de Ceillac, dans le Queyras (Hautes-Alpes), non loin de la Font Sancte (3 385 m).
Quelle est la meilleure période pour gravir le Pic de Panestrel ?
De mi-juillet à fin septembre, une fois les névés de la partie haute fondus. En juin, des plaques de neige peuvent subsister dans les pentes exposées au nord et rendre l’ascension dangereuse sans matériel. En début d’automne, les journées plus courtes imposent un départ encore plus tôt.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
