Le mont Pelat (3 050 m), dans le parc national du Mercantour, se gravit en 6 à 7 heures aller-retour depuis le parking du Laus, au-dessus d’Allos, par le lac d’Allos : environ 13 km et 950 m de dénivelé positif. Sans passage d’escalade, il reste exigeant par sa longueur, ses pentes finales caillouteuses, l’altitude et les orages fréquents l’après-midi.
- Le mont Pelat culmine à environ 3 050 m, point culminant du secteur du lac d’Allos, dans le cœur du parc national du Mercantour.
- Depuis le parking du Laus, l’aller-retour fait environ 13 km pour 950 m de dénivelé positif, soit 6 à 7 heures de marche.
- La partie finale, sur pentes raides de pierres et de schistes, concentre la difficulté et demande de bons appuis, surtout à la descente.
- Les orages d’été éclatent souvent en début d’après-midi : un départ matinal et le demi-tour avant midi en cas de doute sont essentiels.
- Les chiens sont interdits dans le cœur du parc national du Mercantour, même tenus en laisse.
Sommaire
- Pourquoi le mont Pelat est-il plus difficile qu’il n’y paraît ?
- Quel est l’itinéraire de la voie normale du mont Pelat ?
- Comment se préparer pour gravir le mont Pelat ?
- Quels sont les risques météo sur le mont Pelat ?
- Quelles règles respecter dans le parc national du Mercantour ?
- Que voit-on depuis le sommet du mont Pelat ?
- Faut-il tenter le mont Pelat ?
Le mont Pelat, qui culmine à environ 3 050 m dans le parc national du Mercantour, a la réputation d’être l’un des 3 000 m les plus accessibles des Alpes du Sud. Sa voie normale, au départ du lac d’Allos, ne demande aucune technique d’alpinisme en été.
Cette image de sommet « facile » est pourtant trompeuse. La longueur de la sortie, la montée finale raide et caillouteuse, l’altitude et les orages fréquents surprennent chaque été des randonneurs pourtant habitués à la montagne. Ce guide détaille l’itinéraire, ses difficultés réelles et la préparation nécessaire pour gravir le Pelat en sécurité.
Pourquoi le mont Pelat est-il plus difficile qu’il n’y paraît ?

Le mont Pelat est plus difficile qu’il n’y paraît parce que l’essentiel de l’effort se concentre dans sa dernière partie, au-dessus de 2 600 m environ, sur des pentes raides de pierres et de schistes. Jusqu’au lac d’Allos puis dans les alpages, la montée reste progressive et rassurante.
Ce changement de rythme piège les randonneurs qui ont mal dosé leur effort au début. La descente sur terrain instable, alors que la fatigue s’accumule, est souvent plus délicate que la montée : c’est là que surviennent entorses et glissades.
S’y ajoutent l’altitude, qui réduit le souffle au-dessus de 2 500 m, un fort ensoleillement et une météo capricieuse. Le Pelat reste une belle course accessible, mais à condition de le préparer comme un vrai sommet de haute montagne.
Quel est l’itinéraire de la voie normale du mont Pelat ?

La voie normale part du parking du Laus, au-dessus du village d’Allos (Alpes-de-Haute-Provence), longe le lac d’Allos puis remonte les alpages et les pentes caillouteuses jusqu’au sommet. Le retour se fait par le même chemin.
| Fiche pratique | Mont Pelat par le lac d’Allos |
|---|---|
| Départ | Parking du Laus, environ 2 100 m (Allos) |
| Sommet | Mont Pelat, environ 3 050 m |
| Distance | Environ 13 km aller-retour |
| Dénivelé positif | Environ 950 m |
| Durée | 6 à 7 h de marche, pauses non comprises |
| Difficulté | Sportive, sans passage d’escalade (terrain caillouteux raide en haut) |
| Balisage | Sentier balisé jusqu’au lac, puis traces et cairns ; carte IGN indispensable |
| Meilleure période | Juillet à fin septembre |
Du Laus au lac d’Allos
Du parking, un large sentier rejoint en 45 minutes à 1 heure le lac d’Allos, à environ 2 230 m, souvent présenté comme le plus grand lac naturel d’altitude d’Europe. Cette première section, très fréquentée en été, sert d’échauffement. Pour une autre sortie autour des lacs du massif, voyez notre randonnée coup de cœur aux lacs turquoise du Mercantour.
Des alpages aux pentes supérieures
Au-delà du lac, le sentier s’élève dans les alpages où l’on croise souvent marmottes et troupeaux. Le paysage s’ouvre progressivement et le sommet, vaste dôme minéral, apparaît. La pente reste régulière, mais les distances sont plus longues qu’il n’y paraît à l’œil.
La montée finale
La dernière heure d’ascension se fait sur des pentes raides de pierres et de schistes, où les appuis roulent sous les pieds. Montez en lacets plutôt que droit dans la pente, à rythme régulier, et gardez de l’énergie pour la descente. Par brouillard, les repères sont rares sur ces grandes pentes : un GPS ou une application de cartographie avec la trace enregistrée est précieux.
Une variante plus courte part du col de la Cayolle (environ 2 326 m), sur la route entre Barcelonnette et la vallée du Var, via le lac des Garrets ; elle demande un peu moins de dénivelé. Préparez-la sur la carte IGN.
Comment se préparer pour gravir le mont Pelat ?

Entraînement physique
Avant de viser le Pelat, il faut être capable d’enchaîner sans difficulté des randonnées de 700 à 900 m de dénivelé et de 5 à 6 heures de marche. Quelques sorties préparatoires dans les semaines précédentes permettent aussi de s’habituer à l’altitude. Nos conseils pour s’acclimater à l’altitude vous aideront à mieux vivre la montée au-dessus de 2 500 m.
Équipement indispensable
| Équipement | Pourquoi |
|---|---|
| Chaussures de randonnée montantes à semelle crantée | Maintien des chevilles et adhérence sur les pierres |
| Bâtons de marche | Équilibre et soulagement des genoux à la descente |
| Vêtements en couches, coupe-vent, polaire | Températures fraîches et vent au sommet, même en été |
| Lunettes de soleil, crème solaire, chapeau | Rayonnement UV plus intense en altitude |
| Au moins 2 litres d’eau par personne | Peu de points d’eau fiables au-dessus du lac |
| Carte IGN, téléphone chargé, frontale | Orientation par brouillard et retard éventuel |
Des chaussures adaptées au terrain alpin font une vraie différence sur ces pentes : voyez notre article pour savoir si n’importe quelle chaussure de randonnée convient à la montagne.
Quels sont les risques météo sur le mont Pelat ?

Le principal risque est l’orage. En été, les matinées claires laissent souvent place à des cumulus qui se développent rapidement, avec des orages possibles dès le début de l’après-midi. Sur un sommet dégagé à 3 000 m, la foudre représente un danger sérieux.
- Consultez le bulletin montagne de Météo-France la veille et le matin même.
- Partez tôt, idéalement avant 7 h, pour être au sommet en fin de matinée.
- Faites demi-tour si des nuages bourgeonnants se forment, si le tonnerre gronde ou si le vent se renforce brusquement, même près du sommet.
- Le brouillard peut tomber vite : repérez l’itinéraire à la montée et gardez la trace GPS.
- En début de saison, des névés peuvent subsister dans les pentes supérieures : sans crampons ni expérience, renoncez.
Pour savoir comment réagir si l’orage vous surprend, lisez notre guide pour faire face à un orage en randonnée. En cas d’accident, composez le 112 : les secours en montagne sont assurés par le PGHM ou les CRS de montagne. Prévenez toujours un proche de votre itinéraire et de votre heure de retour.
Quelles règles respecter dans le parc national du Mercantour ?
Le mont Pelat se trouve dans le cœur du parc national du Mercantour, où une réglementation spécifique s’applique. Les chiens y sont interdits, même tenus en laisse ; la cueillette, les feux et le dérangement de la faune sont proscrits, et le bivouac n’est autorisé que dans des conditions précises fixées par le parc.
Les alpages accueillent des troupeaux parfois gardés par des chiens de protection (patous) : contournez-les largement, restez calme et ne cherchez pas à les caresser. L’accès routier au Laus peut être réglementé en haute saison (stationnement payant ou navette) : renseignez-vous auprès de l’office de tourisme du Val d’Allos. Pour découvrir le reste du massif, voyez notre article sur la nature sauvage du parc du Mercantour.
Que voit-on depuis le sommet du mont Pelat ?
Par temps clair, le panorama s’étend sur une grande partie du Mercantour et des Alpes du Sud, avec le lac d’Allos en contrebas et les sommets de l’Ubaye au nord. Selon la visibilité, la vue peut porter jusqu’aux Écrins et, par temps très dégagé, vers la mer.
La faune est riche : marmottes dans les alpages, chamois et bouquetins sur les pentes, aigles royaux et, avec de la chance, gypaètes barbus, réintroduits dans les Alpes et observés dans le Mercantour. Les roches sédimentaires du secteur peuvent contenir des fossiles, qu’il est interdit de prélever dans le parc.
Faut-il tenter le mont Pelat ?
Le mont Pelat est un excellent premier 3 000 m pour un randonneur entraîné, à condition de ne pas le sous-estimer. Choisissez une journée de beau temps stable entre juillet et septembre, partez très tôt, gardez des forces pour la montée finale et la descente, et n’hésitez pas à faire demi-tour si la météo se dégrade. Pour les moins entraînés, le tour du lac d’Allos offre déjà une très belle sortie de haute montagne, sans les difficultés du sommet.
Questions fréquentes
Le mont Pelat est-il facile ?
Le mont Pelat est l’un des 3 000 m les plus accessibles des Alpes du Sud, car il ne présente pas de passage d’escalade par la voie normale. Il reste une randonnée sportive : environ 950 m de dénivelé, 6 à 7 heures de marche, une montée finale raide sur terrain caillouteux et une altitude qui fatigue. Il s’adresse à des randonneurs entraînés.
Quelle est la meilleure période pour gravir le mont Pelat ?
La meilleure période va de début juillet à fin septembre, une fois les névés fondus. En juin, des plaques de neige peuvent subsister dans les pentes supérieures et rendre le terrain dangereux sans équipement. Partez tôt le matin pour éviter les orages de l’après-midi.
Peut-on monter au mont Pelat avec un chien ?
Non. Le mont Pelat se trouve dans le cœur du parc national du Mercantour, où les chiens sont interdits, même tenus en laisse, afin de protéger la faune sauvage et d’éviter les conflits avec les troupeaux.
Combien de temps pour faire le lac d’Allos et le mont Pelat ?
Comptez environ 45 minutes à 1 heure du parking du Laus au lac d’Allos, puis 2 h 30 à 3 heures supplémentaires jusqu’au sommet. L’aller-retour complet demande 6 à 7 heures de marche effective, sans les pauses.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
