En juin 2025, selon la presse américaine, un adolescent de 14 ans a fait une grave chute au mont Whitney (4 421 m, Californie) alors qu’il souffrait d’un mal des montagnes sévère avec hallucinations. Au-dessus de 3 000 m, il est recommandé de monter progressivement, de ne pas augmenter l’altitude de nuit de plus de 300 à 500 m par jour et de redescendre dès l’apparition de confusion.
- Le mont Whitney culmine à 4 421 m ; c’est le plus haut sommet des États-Unis contigus, dans la Sierra Nevada californienne.
- Le sentier principal part de Whitney Portal, vers 2 550 m, et représente environ 35 km aller-retour pour quelque 1 900 m de dénivelé positif.
- Le mal aigu des montagnes peut toucher n’importe qui, quels que soient l’âge et la condition physique.
- Confusion, troubles de l’équilibre ou hallucinations évoquent un œdème cérébral de haute altitude : la descente immédiate s’impose.
- La prévention repose sur une montée progressive, des nuits intermédiaires en altitude et un avis médical avant un séjour au-delà de 3 000 m.
Sommaire
- Que s’est-il passé au mont Whitney en juin 2025 ?
- Le mont Whitney, un sommet accessible mais exigeant
- Qu’est-ce que le mal aigu des montagnes ?
- Les adolescents sont-ils plus exposés ?
- Comment s’acclimater avant un sommet de plus de 4 000 m ?
- Comment réagir face à un compagnon qui délire en altitude ?
- Quel équipement de sécurité emporter en haute altitude ?
- Ce qu’il faut retenir
En juin 2025, un accident survenu au mont Whitney, en Californie, a été largement relayé par la presse américaine : un adolescent de 14 ans, parti avec son père pour une première ascension, a fait une grave chute après avoir développé un mal des montagnes sévère, accompagné d’hallucinations. Selon ces récits, le jeune garçon a été hospitalisé dans un état grave et placé en coma artificiel.
Au-delà du drame familial, cet accident illustre un risque souvent sous-estimé : le mal aigu des montagnes peut frapper des personnes jeunes et sportives, et ses formes graves altèrent le jugement au point de provoquer des chutes.
La rédaction revient sur les faits tels qu’ils ont été rapportés, puis sur ce qu’il faut savoir pour gravir un sommet de plus de 4 000 m en sécurité, en particulier avec des adolescents. Les détails de l’accident reposent sur des sources de presse et n’ont pas été établis par une enquête publique.
Que s’est-il passé au mont Whitney en juin 2025 ?

D’après les récits publiés en juin 2025, un père expérimenté avait prévu deux jours pour gravir le mont Whitney avec son fils de 14 ans, décrit comme très sportif. Pendant l’ascension, l’adolescent a présenté des signes de mal des montagnes : vertiges, nausées, maux de tête, puis des hallucinations.
Le père a décidé de faire demi-tour et de redescendre par un itinéraire plus facile, ce qui est la bonne réaction face à ces symptômes. Mais l’état de confusion de l’adolescent rendait la descente très difficile à gérer. Il se serait approché d’un bord rocheux, aurait perdu l’équilibre et chuté de plusieurs dizaines de mètres.
Les secours ont été alertés et l’adolescent a été évacué vers un hôpital avec de graves blessures à la tête. La rédaction n’a pas connaissance, à la date de mise à jour de cet article (septembre 2026), d’informations officielles sur son état de santé actuel.
Le mont Whitney, un sommet accessible mais exigeant
Le mont Whitney est, avec 4 421 m, le plus haut sommet des États-Unis contigus (hors Alaska). Il se dresse dans la Sierra Nevada, à la limite entre le parc national de Sequoia et l’Inyo National Forest, au-dessus de la petite ville de Lone Pine.
Sa voie normale ne demande pas de technique d’alpinisme en été : c’est un long sentier de randonnée. C’est justement ce qui en fait un piège, car de nombreux marcheurs tentent de le gravir en une seule journée, sans acclimatation.
| Mount Whitney Trail | Données indicatives |
|---|---|
| Départ | Whitney Portal, environ 2 550 m |
| Sommet | 4 421 m |
| Distance | Environ 35 km aller-retour |
| Dénivelé positif | Environ 1 900 m |
| Durée | 12 à 18 h à la journée, ou 2 à 3 jours avec bivouac |
| Accès | Permis obligatoire (Inyo National Forest), en partie attribué par tirage au sort |
| Saison | Généralement de juillet à septembre sans neige ; neige et glace possibles en juin |
Pour d’autres itinéraires exigeants outre-Atlantique, voir notre dossier sur les sentiers de randonnée les plus dangereux des États-Unis et notre sélection des meilleures destinations de randonnée en Amérique du Nord.
Qu’est-ce que le mal aigu des montagnes ?

Le mal aigu des montagnes (MAM) est un ensemble de symptômes provoqués par une montée trop rapide en altitude, lorsque l’organisme n’a pas le temps de s’adapter au manque d’oxygène. Il apparaît généralement au-dessus de 2 500 à 3 000 m.
Pourquoi l’altitude manque-t-elle d’oxygène ?
La proportion d’oxygène dans l’air reste la même en altitude, mais la pression atmosphérique diminue. À 4 000 m, la pression partielle d’oxygène ne représente qu’environ 60 % de sa valeur au niveau de la mer. Le corps compense en accélérant la respiration et le rythme cardiaque ; quand cette adaptation est dépassée, les symptômes apparaissent.
Les trois formes à connaître
| Forme | Symptômes | Conduite à tenir |
|---|---|---|
| Mal aigu des montagnes (bénin) | Maux de tête, nausées, fatigue, vertiges, mauvais sommeil | Ne plus monter, se reposer, s’hydrater ; redescendre si pas d’amélioration |
| Œdème cérébral de haute altitude | Confusion, démarche instable, comportement anormal, hallucinations, somnolence | Urgence : descente immédiate, accompagnée, et alerte des secours |
| Œdème pulmonaire de haute altitude | Essoufflement au repos, toux, grande faiblesse, lèvres bleutées | Urgence : descente immédiate et alerte des secours |
Les hallucinations rapportées dans le cas du mont Whitney correspondent à un signe de gravité. À ce stade, la personne perd sa capacité de jugement et peut se mettre en danger, comme l’a montré cet accident.
Les adolescents sont-ils plus exposés ?
L’âge et une excellente condition physique ne protègent pas du mal des montagnes. La sensibilité à l’altitude est surtout individuelle et dépend de la vitesse de montée ; les jeunes ne sont pas réputés plus sensibles que les adultes.
La difficulté, avec des enfants et des adolescents, tient à la communication. Un jeune peut minimiser ses symptômes pour ne pas décevoir, ou ne pas savoir les décrire. Le sportif qui avance vite peut aussi monter plus haut, plus vite, que ce que son organisme tolère.
Pour initier des jeunes à la montagne, mieux vaut commencer par des sorties en moyenne montagne, comme le proposent nos conseils pour randonner avec des enfants, avant d’envisager la haute altitude.
Comment s’acclimater avant un sommet de plus de 4 000 m ?

L’acclimatation consiste à monter progressivement pour laisser au corps le temps de s’adapter. Les recommandations courantes des spécialistes de médecine de montagne sont les suivantes :
- Au-dessus de 3 000 m, ne pas augmenter l’altitude à laquelle on dort de plus de 300 à 500 m par jour.
- Prévoir une journée de repos tous les trois ou quatre jours lors d’un séjour prolongé.
- Appliquer le principe « monter haut, dormir bas » : faire une sortie en altitude puis redescendre pour la nuit.
- Passer une ou deux nuits à une altitude intermédiaire avant l’ascension (pour le Whitney, par exemple dans les campings proches de Whitney Portal).
- Bien s’hydrater, éviter l’alcool et manger suffisamment.
Notre guide sur la randonnée en altitude et l’acclimatation détaille ces étapes. Certaines techniques respiratoires, présentées dans notre article sur les exercices respiratoires contre le mal des montagnes, peuvent aider au confort, mais ne remplacent jamais une montée progressive.
Avant tout séjour au-delà de 3 000 m, en particulier avec un mineur ou en cas de problème de santé, demandez l’avis de votre médecin ou d’une consultation de médecine de montagne. Seul un médecin peut prescrire un éventuel traitement préventif.
Comment réagir face à un compagnon qui délire en altitude ?
Face à un randonneur confus ou qui hallucine, la priorité est d’empêcher toute chute et d’organiser la descente. Le cas du mont Whitney montre qu’il est très difficile de gérer seul une personne désorientée sur un terrain accidenté.
- Arrêter toute progression vers le haut et éloigner la personne des bords et des zones exposées.
- Alerter immédiatement les secours, sans attendre une aggravation (112 en Europe, 911 aux États-Unis).
- Commencer la descente dès qu’elle est possible en sécurité, en restant physiquement au contact de la personne, voire en l’assurant avec une corde courte si l’on sait le faire.
- Couvrir la personne, la faire boire si elle est consciente, et noter l’heure d’apparition des symptômes pour les secours.
Quel équipement de sécurité emporter en haute altitude ?

Un sommet comme le Whitney se prépare comme une course de haute montagne, même si le sentier est facile techniquement.
- Un moyen d’alerte fiable hors réseau : balise de détresse personnelle ou messager satellite, le réseau mobile étant absent sur une grande partie du parcours.
- Une trousse de premiers secours, une couverture de survie et une lampe frontale.
- Des vêtements chauds et coupe-vent : il peut geler au sommet même en été, et les orages y sont fréquents l’après-midi.
- Des chaussures adaptées au terrain rocheux ; notre guide des chaussures pour la haute montagne aide à choisir.
- Un plan de repli : heure limite de demi-tour, points de descente identifiés et itinéraire communiqué à un proche.
Ce qu’il faut retenir
L’accident du mont Whitney rappelle que la haute altitude ne se juge pas à la difficulté technique d’un sentier. Une montée trop rapide au-delà de 4 000 m expose chacun au mal des montagnes, et ses formes graves transforment un terrain facile en terrain dangereux. Monter progressivement, surveiller de près les jeunes, faire demi-tour dès les premiers signes neurologiques et disposer d’un moyen d’alerte sont les meilleures protections.
Questions fréquentes
À quelle altitude apparaît le mal des montagnes ?
Le mal aigu des montagnes apparaît le plus souvent au-dessus de 2 500 à 3 000 m, mais sa survenue dépend surtout de la vitesse de montée et de la sensibilité individuelle. Monter rapidement à plus de 4 000 m dans la journée, comme lors de l’ascension du mont Whitney en un jour, expose particulièrement à ce risque.
Quels sont les symptômes du mal aigu des montagnes ?
Les symptômes classiques sont les maux de tête, les nausées, la fatigue, les vertiges et les troubles du sommeil. Une confusion, une démarche instable, des propos incohérents ou des hallucinations signalent une forme grave, l’œdème cérébral de haute altitude, qui impose une descente immédiate et l’appel des secours.
Les enfants et adolescents sont-ils plus sensibles à l’altitude ?
Les enfants et adolescents ne semblent pas plus sensibles que les adultes, mais ils expriment moins bien leurs symptômes ou les cachent pour ne pas freiner le groupe. L’adulte accompagnant doit donc surveiller attentivement leur comportement et consulter un médecin avant tout séjour en haute altitude.
Faut-il un permis pour gravir le mont Whitney ?
Oui. L’accès à la zone du mont Whitney par le sentier principal est soumis à un permis délivré par l’Inyo National Forest, attribué en grande partie par tirage au sort pour la saison estivale. Les modalités se vérifient chaque année sur le site officiel de la forêt nationale.
Que faire si un randonneur a le mal des montagnes ?
Il faut arrêter de monter dès les premiers symptômes, se reposer et s’hydrater. Si les symptômes persistent ou s’aggravent, redescendre de quelques centaines de mètres est le traitement le plus efficace. En présence de confusion, de difficultés respiratoires au repos ou de troubles de l’équilibre, il faut descendre sans attendre et alerter les secours.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
