Sept sentiers mythiques se prêtent bien à une retraite active : les chemins de Compostelle (GR65 et Camino francés), le Tour du Mont-Blanc (≈ 170 km), le GR20 en Corse (≈ 180 km, par tronçons), le GR34 en Bretagne (≈ 2 000 km), la West Highland Way en Écosse (154 km), le chemin de l’Inca au Pérou (≈ 43 km) et le sentier des Appalaches (≈ 3 500 km) par sections. Tous se parcourent à son rythme, en choisissant les tronçons adaptés.
- Le chemin du Puy (GR65) relie Le Puy-en-Velay à Saint-Jean-Pied-de-Port sur environ 750 km ; il faut encore près de 800 km par le Camino francés pour atteindre Saint-Jacques-de-Compostelle.
- Le Tour du Mont-Blanc fait environ 170 km pour 10 000 m de dénivelé positif ; ses refuges sont gardés en général de mi-juin à mi-septembre.
- Le GR34 longe le littoral breton sur environ 2 000 km, du Mont-Saint-Michel à Saint-Nazaire, et se découpe facilement en étapes courtes.
- Le chemin de l’Inca classique (≈ 43 km, 4 jours) culmine à 4 215 m et exige un permis nominatif et une agence agréée ; il est fermé en février.
- Un avis médical avant un projet en altitude ou de plusieurs semaines, un entraînement progressif et un sac léger sont les trois clés d’une itinérance réussie après 60 ans.
Sommaire
- Quels sont les sentiers mythiques accessibles à la retraite ?
- Les chemins de Compostelle : le grand classique de l’itinérance
- Le Tour du Mont-Blanc : la grande boucle alpine
- Le GR20 : la Corse par tronçons
- Le GR34 : le littoral breton à son rythme
- La West Highland Way : les Highlands écossais
- Le chemin de l’Inca : vers le Machu Picchu
- Le sentier des Appalaches : l’Amérique par sections
- Comment bien se préparer à la randonnée après 60 ans ?
- Quel sentier choisir selon son profil ?
La retraite libère ce qui manque le plus aux randonneurs actifs : du temps. C’est souvent le moment de réaliser un projet longtemps repoussé, marcher plusieurs semaines vers Saint-Jacques-de-Compostelle, faire le tour du Mont-Blanc ou traverser les Highlands écossais.
La rédaction a sélectionné sept sentiers mythiques, en France et dans le monde, qui peuvent se parcourir en entier ou par tronçons. Pour chacun, vous trouverez la distance, le niveau, la meilleure période et les points d’attention propres aux randonneurs de plus de 60 ans, qu’ils soient marcheurs aguerris ou qu’ils reprennent la randonnée.
Aucun de ces itinéraires n’exige d’être un athlète, mais tous demandent une préparation adaptée. Avant un projet de plusieurs semaines ou en altitude, demandez l’avis de votre médecin.
Quels sont les sentiers mythiques accessibles à la retraite ?

Les sept sentiers de cette sélection vont de la balade côtière sans difficulté technique au trek d’altitude. Le tableau ci-dessous compare leurs principales caractéristiques ; les chiffres sont des ordres de grandeur qui varient selon les variantes et les sources.
| Sentier | Pays | Distance totale | Durée intégrale | Niveau | Meilleure période |
|---|---|---|---|---|---|
| Chemins de Compostelle (GR65 + Camino francés) | France, Espagne | ≈ 1 500 km depuis Le Puy | 2 à 3 mois | Facile à moyen | Avril-juin, septembre-octobre |
| Tour du Mont-Blanc | France, Italie, Suisse | ≈ 170 km | 7 à 11 jours | Soutenu | Mi-juin à mi-septembre |
| GR20 | France (Corse) | ≈ 180 km | ≈ 15 jours | Difficile | Juin et septembre |
| GR34 (sentier des douaniers) | France (Bretagne) | ≈ 2 000 km | Plusieurs mois | Facile à moyen | Avril à octobre |
| West Highland Way | Royaume-Uni (Écosse) | 154 km | 6 à 8 jours | Moyen | Mai et septembre |
| Chemin de l’Inca | Pérou | ≈ 43 km | 4 jours | Moyen, en altitude | Mai à septembre |
| Sentier des Appalaches | États-Unis | ≈ 3 500 km | 5 à 7 mois | Moyen à soutenu | Printemps et automne selon la section |
Les chemins de Compostelle : le grand classique de l’itinérance

Les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle forment un réseau d’itinéraires de pèlerinage qui convergent vers la cathédrale de Saint-Jacques, en Galice. Les chemins en France et le Camino francés en Espagne sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. On peut les parcourir dans un esprit spirituel, culturel ou simplement sportif.
En France, la voie la plus fréquentée est le chemin du Puy (GR65), qui relie Le Puy-en-Velay à Saint-Jean-Pied-de-Port sur environ 750 km, par l’Aubrac, Conques, Figeac et Moissac. Elle n’est pas plate : l’Aubrac et le Quercy imposent des montées régulières. Depuis Saint-Jean-Pied-de-Port, le Camino francés ajoute près de 800 km jusqu’à Saint-Jacques, soit environ 1 500 km au total depuis Le Puy.
Le premier jour sur le Camino francés est l’un des plus durs : la route Napoléon franchit les Pyrénées jusqu’à Roncevaux, avec environ 1 200 m de dénivelé positif. Les pèlerins moins entraînés peuvent le couper en deux avec une nuit à Orisson. Les étapes suivantes vers Pampelune puis Logroño, dans les vignobles de La Rioja, sont plus régulières.
Pour les seniors, l’intérêt du chemin tient à sa logistique simple : balisage abondant, gîtes et albergues tous les 5 à 15 km, et services de transport de bagages sur les tronçons les plus fréquentés. Des étapes de 15 à 20 km conviennent à la plupart des marcheurs entraînés, 10 à 15 km pour une reprise. Pour éviter les abandons des premiers jours, lisez nos conseils pour réussir Compostelle sans souffrir.
| Fiche pratique | Chemin du Puy + Camino francés |
|---|---|
| Départ | Le Puy-en-Velay (ou Saint-Jean-Pied-de-Port) |
| Distance | ≈ 750 km (GR65) + ≈ 800 km (Camino francés) |
| Balisage | Blanc et rouge (GR65), flèches jaunes et coquilles en Espagne |
| Hébergement | Gîtes d’étape, chambres d’hôtes, albergues |
| Meilleure période | Avril-juin, septembre-octobre |
| Bon à savoir | La Compostela est délivrée aux pèlerins ayant parcouru au moins les 100 derniers kilomètres à pied |
Le Tour du Mont-Blanc : la grande boucle alpine
Le Tour du Mont-Blanc (TMB) est une boucle d’environ 170 km et 10 000 m de dénivelé positif autour du massif du Mont-Blanc, qui traverse la France, l’Italie et la Suisse. C’est l’itinéraire de montagne le plus célèbre d’Europe, avec des vues permanentes sur les glaciers et des nuits en refuge, en gîte ou à l’hôtel.
Le TMB est exigeant : les journées enchaînent souvent 800 à 1 200 m de montée et autant de descente, et plusieurs cols dépassent 2 500 m. Pour un senior, l’intérêt tient à sa modularité. Les remontées mécaniques et les bus permettent de raccourcir certaines étapes, des services de portage de bagages existent entre les hébergements, et l’on peut n’en faire qu’une partie. Notre itinéraire du Tour du Mont-Blanc en 5 jours propose une version condensée.
La saison va de mi-juin à mi-septembre, quand les refuges sont gardés. En juin, des névés peuvent encore couvrir les cols : renseignez-vous avant de partir. Les variantes alpines, comme la Fenêtre d’Arpette (environ 2 665 m) côté suisse, sont plus raides et caillouteuses ; elles se réservent aux randonneurs à l’aise en terrain accidenté et par beau temps. Réservez les refuges plusieurs mois à l’avance pour juillet et août.
Le GR20 : la Corse par tronçons
Le GR20 est un sentier de grande randonnée d’environ 180 km qui traverse la Corse du nord au sud, de Calenzana à Conca, avec plus de 10 000 m de dénivelé positif. Il est réputé comme l’un des GR les plus difficiles d’Europe, avec des passages rocheux équipés de chaînes, surtout dans sa moitié nord.
Le village de Vizzavona, accessible en train, partage le parcours en deux. La partie sud, de Vizzavona à Conca, se parcourt en 5 à 7 jours ; elle est un peu moins technique que le nord, mais reste longue et physique. Les célèbres lacs de Nino et de Capitello se trouvent en revanche dans la partie nord, à combiner avec d’autres sentiers pour ceux qui veulent les voir sans faire le GR20 en entier.
Pour un randonneur senior, le GR20 n’est envisageable qu’avec une très bonne condition physique et une expérience de la montagne. Un accompagnateur en montagne apporte sécurité et confort, et certaines agences organisent le portage des affaires. Évitez juillet et août, chauds et fréquentés ; juin et septembre sont plus agréables, mais les orages d’après-midi restent fréquents. Pour évaluer votre niveau, consultez notre article sur le niveau nécessaire pour le GR20. Les nuits en refuge se réservent en ligne auprès du Parc naturel régional de Corse.
Le GR34 : le littoral breton à son rythme
Le GR34, surnommé « sentier des douaniers », longe le littoral breton sur environ 2 000 km, du Mont-Saint-Michel à Saint-Nazaire. Il suit l’ancien chemin de ronde des douaniers qui surveillaient la côte contre la contrebande, et passe par la côte d’Émeraude, la côte de Granit rose, la presqu’île de Crozon et le golfe du Morbihan.
C’est l’un des sentiers les plus adaptés à la retraite : pas d’altitude, des villes et des bus réguliers, des hébergements nombreux et des étapes modulables. Il ne faut pas pour autant le croire plat : sur certaines portions, notamment dans le Finistère et en Côtes-d’Armor, les montées et descentes vers les criques s’enchaînent et le dénivelé cumulé devient important.
La côte de Granit rose, autour de Ploumanac’h et de Perros-Guirec, est une bonne entrée en matière, avec ses chaos rocheux et son phare. Des chaussures à semelle bien crantée sont indispensables, car les sentiers sont souvent humides et exposés au vent. Pour d’autres idées, voyez notre sélection des merveilles de la Bretagne à pied.
La West Highland Way : les Highlands écossais

La West Highland Way est le premier sentier de grande randonnée officiel d’Écosse, ouvert en 1980. Elle relie Milngavie, au nord de Glasgow, à Fort William, au pied du Ben Nevis, sur 154 km (96 miles), généralement parcourus en 6 à 8 jours.
Le parcours longe la rive est du Loch Lomond, traverse la tourbière de Rannoch Moor puis la vallée de Glencoe, avant de franchir le Devil’s Staircase vers Kinlochleven. Le niveau est moyen : peu de passages techniques, mais des journées de 15 à 25 km et un terrain parfois boueux ou caillouteux, notamment le long du Loch Lomond.
Il n’y a pas de refuges de montagne comme dans les Alpes : on dort en bed and breakfast, en hôtel, en auberge de jeunesse ou en camping, et plusieurs sociétés transportent les bagages d’une étape à l’autre, une option appréciée des seniors. Mai et septembre offrent un bon compromis ; de juin à août, les moucherons écossais (midges) peuvent être très pénibles. Un équipement de pluie complet est indispensable en toute saison.
Le chemin de l’Inca : vers le Machu Picchu
Le chemin de l’Inca classique est un trek d’environ 43 km sur 4 jours, qui rejoint le Machu Picchu par d’anciens sentiers incas, au cœur des Andes péruviennes. Il ne part pas de Cuzco, mais du « kilomètre 82 », dans la vallée sacrée, accessible en bus ou en train depuis Cuzco.
Le principal défi est l’altitude : le col de Warmiwañusca culmine à environ 4 215 m. Le sentier est jalonné de sites incas, de forêts de nuages et de marches de pierre parfois hautes, exigeantes pour les genoux. L’arrivée par la Porte du Soleil, au-dessus du Machu Picchu, reste un moment fort.
L’accès est réglementé : il faut un permis nominatif, en nombre limité chaque jour, et passer par une agence agréée avec guide et porteurs. Le chemin est fermé chaque année en février. Une version courte d’environ 12 km en une journée existe pour ceux qui ne souhaitent pas bivouaquer. Pour les seniors, un séjour de deux à trois jours à Cuzco (environ 3 400 m) avant le départ aide à l’acclimatation, et un avis médical préalable est vivement recommandé. La saison sèche, de mai à septembre, est la plus favorable.
Le sentier des Appalaches : l’Amérique par sections
Le sentier des Appalaches (Appalachian Trail) est un sentier d’environ 3 500 km qui traverse quatorze États de l’est des États-Unis, du mont Springer, en Géorgie, au mont Katahdin, dans le Maine. Seule une minorité de randonneurs le parcourt d’une traite, en cinq à sept mois ; la plupart le découvrent par sections de quelques jours.
Les sections des parcs nationaux des Great Smoky Mountains, entre Tennessee et Caroline du Nord, et de Shenandoah, en Virginie, sont parmi les plus prisées. Le sentier y traverse des forêts de feuillus et des crêtes panoramiques, avec des abris rudimentaires (shelters) et des campings. Les ours noirs sont présents : la nourriture doit être suspendue ou rangée dans des conteneurs prévus à cet effet.
Le printemps est la saison des floraisons, et l’automne, en particulier octobre, celle des célèbres couleurs des forêts. L’été est chaud et humide dans le sud. Pour en savoir plus, lisez notre article sur l’aventure du sentier des Appalaches. Aux États-Unis, les soins médicaux sont très coûteux : une assurance voyage adaptée est indispensable.
Comment bien se préparer à la randonnée après 60 ans ?

Une itinérance réussie après 60 ans repose sur une préparation progressive, un matériel léger et une bonne organisation. Notre dossier sur la randonnée pour les seniors complète ces conseils.
Préparation physique et santé
- Consultez votre médecin avant un projet de plusieurs semaines ou en altitude, surtout en cas de traitement en cours.
- Entraînez-vous deux à trois mois avant le départ, en augmentant progressivement la distance et le dénivelé, idéalement avec le sac que vous porterez.
- Prévoyez une journée de repos tous les quatre à six jours sur une longue itinérance.
Équipement
- Des chaussures déjà rodées, avec un bon maintien et une semelle crantée.
- Des bâtons de marche, qui soulagent les genoux en descente ; apprenez à bien les régler grâce à notre article sur les erreurs à éviter avec les bâtons après 65 ans.
- Un sac le plus léger possible : en itinérance d’hébergement en hébergement, visez environ 7 à 10 kg eau comprise, ou faites transporter vos bagages.
- Des vêtements en couches, adaptés au climat : polaire et veste chaude en montagne, équipement de pluie complet en Écosse et en Bretagne.
Organisation et sécurité
- Réservez tôt les hébergements sur les itinéraires fréquentés (TMB, GR20, chemin de l’Inca).
- Vérifiez votre couverture : la carte européenne d’assurance maladie en Europe, une assurance assistance incluant secours et rapatriement pour la montagne et hors d’Europe.
- Consultez la météo montagne avant chaque étape et prévenez un proche de votre itinéraire.
- En Europe, le 112 joint les secours ; en France, en montagne, ils sont assurés par le PGHM ou les CRS de montagne.
- Emportez une trousse de premiers secours, une couverture de survie, un téléphone chargé et une batterie de secours.
Quel sentier choisir selon son profil ?
Pour une première itinérance, un tronçon de Compostelle ou du GR34 est le choix le plus sûr : logistique simple, pas d’altitude, possibilité d’arrêter à tout moment. La West Highland Way est une bonne deuxième étape, dépaysante mais sans difficulté technique. Les randonneurs habitués à la montagne pourront viser le Tour du Mont-Blanc, puis, s’ils sont très bien entraînés, la partie sud du GR20. Le chemin de l’Inca et les Appalaches demandent surtout une organisation de voyage plus lourde.
Quel que soit le choix, le bon sentier est celui que l’on peut parcourir avec plaisir, à son rythme, en se laissant le droit de raccourcir une étape. La retraite offre justement ce luxe : prendre le temps.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure randonnée pour un retraité débutant ?
Les tronçons de Compostelle et du GR34 sont les plus accessibles : balisage clair, hébergements nombreux, étapes modulables et possibilité de faire transporter ses bagages. On peut commencer par trois à cinq jours de 10 à 15 km. Les itinéraires de montagne comme le Tour du Mont-Blanc ou le GR20 demandent davantage d’entraînement.
Peut-on faire le Tour du Mont-Blanc à 65 ans ?
Oui, de nombreux randonneurs de plus de 65 ans bouclent le Tour du Mont-Blanc, à condition d’être entraînés au dénivelé et en bonne santé. Il est possible de raccourcir certaines étapes grâce aux remontées mécaniques et aux bus, et de faire porter ses bagages. Un avis médical est conseillé avant de partir.
Faut-il un guide pour le chemin de l’Inca ?
Oui, le chemin de l’Inca classique ne peut se parcourir qu’avec une agence agréée et un guide, grâce à un permis nominatif dont le nombre est limité chaque jour. Les permis de la haute saison, de mai à septembre, se réservent souvent plusieurs mois à l’avance. Le sentier est fermé chaque année en février pour entretien.
Combien de kilomètres par jour marcher après 60 ans ?
Il n’existe pas de règle universelle : tout dépend de la condition physique, du dénivelé et du poids du sac. Beaucoup de randonneurs seniors en itinérance visent 10 à 20 km par jour sur terrain peu accidenté, moins en montagne. Mieux vaut commencer prudemment et prévoir une journée de repos tous les quatre ou cinq jours.
Quelle assurance prendre pour randonner à l’étranger ?
En Europe, la carte européenne d’assurance maladie couvre les soins médicalement nécessaires, mais pas le secours ni le rapatriement. Pour la montagne, le Pérou ou les États-Unis, une assurance assistance incluant la recherche, le secours et le rapatriement est indispensable. Vérifiez les limites d’âge et d’altitude du contrat.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
