Cinq randonnées conviennent particulièrement aux marcheurs de plus de 50 ans : les calanques de Marseille (sections à la journée), le Tour du Mont-Blanc (environ 170 km, fractionnable), le chemin de Stevenson GR70 (environ 250 à 270 km au profil modéré), le Kungsleden en Laponie suédoise (section Abisko-Nikkaluokta d’environ 105 km) et le Sentiero Azzurro des Cinque Terre (environ 12 km).
- Le Tour du Mont-Blanc fait environ 170 km pour près de 10 000 m de dénivelé positif ; il se découpe facilement en tronçons de quelques jours.
- Le GR70, ou chemin de Stevenson, relie Le Puy-en-Velay à Saint-Jean-du-Gard, avec un prolongement jusqu’à Alès, sur un profil de moyenne montagne.
- La section nord du Kungsleden, entre Abisko et Nikkaluokta, compte environ 105 km et des refuges espacés de 10 à 20 km.
- Le Sentiero Azzurro des Cinque Terre ne mesure qu’environ 12 km mais comporte de nombreuses marches ; son accès est payant.
- Au printemps et à l’automne, les calanques et les Cinque Terre sont plus agréables qu’en été, où la chaleur et la foule dominent.
Sommaire
- Quelles randonnées choisir après 50 ans ? Le comparatif
- Les calanques de Marseille : des sections à la carte au bord de la Méditerranée
- Le Tour du Mont-Blanc : le grand classique alpin, à découper
- Le chemin de Stevenson (GR70) : un trek de moyenne montagne dans les Cévennes
- Le Kungsleden : la Laponie suédoise de refuge en refuge
- Les Cinque Terre : une randonnée courte entre villages et vignes en terrasses
- Comment bien préparer une randonnée après 50 ans ?
- Quelle randonnée pour quel profil ?
Passé 50 ans, beaucoup de randonneurs disposent de plus de temps, d’une solide expérience du terrain et d’une vraie envie de grands itinéraires. Le corps, lui, demande davantage d’attention : genoux, récupération, gestion de la chaleur. Le bon itinéraire n’est donc pas forcément le plus facile, mais celui qui se découpe, offre des hébergements réguliers et laisse choisir son rythme.
La rédaction a retenu cinq randonnées qui réunissent ces qualités, de la Méditerranée à la Laponie : les calanques de Marseille, le Tour du Mont-Blanc, le chemin de Stevenson dans les Cévennes, le Kungsleden suédois et les Cinque Terre italiennes. Pour chacune, vous trouverez la distance, le niveau, la meilleure période et les points de vigilance.
Avant de partir, gardez en tête qu’aucune de ces randonnées ne remplace un minimum de préparation. Pour les principes de base (rythme, pauses, hydratation), consultez notre guide de la randonnée pour les seniors à son rythme.
Quelles randonnées choisir après 50 ans ? Le comparatif
Les cinq itinéraires se distinguent surtout par leur durée et leur dénivelé : deux se font à la journée ou en courts tronçons, trois sont de vrais treks de plusieurs jours.
| Itinéraire | Pays | Distance | Durée | Difficulté | Meilleure période |
|---|---|---|---|---|---|
| Calanques de Marseille | France | Sections de 5 à 15 km | À la journée | Facile à difficile selon la section | Mars-juin, septembre-novembre |
| Tour du Mont-Blanc | France, Italie, Suisse | Environ 170 km | 7 à 11 jours (ou tronçons) | Soutenue (environ 10 000 m D+) | Mi-juin à mi-septembre |
| Chemin de Stevenson (GR70) | France | Environ 250 à 270 km | 10 à 15 jours | Modérée | Mai-juin, septembre-octobre |
| Kungsleden (Abisko-Nikkaluokta) | Suède | Environ 105 km | 5 à 7 jours | Modérée | Fin juin à mi-septembre |
| Sentiero Azzurro (Cinque Terre) | Italie | Environ 12 km | 1 à 2 jours | Modérée (nombreuses marches) | Avril-mai, septembre-octobre |
Les calanques de Marseille : des sections à la carte au bord de la Méditerranée

Les calanques forment un massif calcaire d’une vingtaine de kilomètres entre Marseille et Cassis, protégé depuis 2012 par le parc national des Calanques. Leur principal atout pour les marcheurs de plus de 50 ans : le sentier littoral se découpe en sections indépendantes, accessibles en bus ou en voiture, qui permettent d’adapter l’effort à sa forme du jour.

Les calanques de Sormiou et de Morgiou se rejoignent depuis les quartiers sud de Marseille ; Port-Pin et En-Vau se découvrent plus facilement depuis Port-Miou, à Cassis. Certains passages sont caillouteux et raides : de bonnes chaussures à semelle adhérente et des bâtons sont utiles dans les descentes. Pour choisir vos criques, voyez notre sélection des calanques incontournables à découvrir à Marseille.
Privilégiez le printemps (avril-mai) et l’automne (septembre-octobre). En été, la chaleur est forte et l’accès aux massifs peut être restreint ou interdit selon le risque d’incendie, décidé chaque jour par la préfecture des Bouches-du-Rhône ; la calanque de Sugiton est en outre soumise à réservation certains étés. Vérifiez la carte d’accès la veille, partez tôt et emportez au moins 1,5 à 2 litres d’eau par personne.
Le Tour du Mont-Blanc : le grand classique alpin, à découper

Le Tour du Mont-Blanc (TMB) est une boucle d’environ 170 km et près de 10 000 m de dénivelé positif autour du massif du Mont-Blanc (4 805 m), à travers la France, l’Italie et la Suisse. Il se parcourt d’ordinaire en 7 à 11 jours, mais rien n’oblige à le faire d’une traite : de nombreux marcheurs le divisent en deux séjours ou n’en retiennent que les plus beaux tronçons.
Son grand avantage est le réseau de refuges, gîtes et hôtels qui jalonnent l’itinéraire : pas besoin de porter tente ni réchaud, un sac de 30 à 40 litres suffit. Des agences proposent aussi le transfert des bagages entre vallées. La contrepartie : les refuges se réservent plusieurs mois à l’avance pour juillet et août.
Le passage du col de la Seigne (2 516 m), frontière franco-italienne, est l’un des temps forts : il ouvre sur la face sud du Mont-Blanc et le val Veny, puis le val Ferret italien. Les journées comptent souvent 800 à 1 000 m de montée, avec des descentes longues qui sollicitent les genoux. Pour un format court, voyez notre programme du Tour du Mont-Blanc en 5 jours.
En altitude, la météo change vite : consultez le bulletin Météo-France montagne chaque matin, renoncez en cas d’orage annoncé et gardez en mémoire le 112, numéro d’urgence valable dans les trois pays.
Le chemin de Stevenson (GR70) : un trek de moyenne montagne dans les Cévennes

Le GR70, dit chemin de Stevenson, suit le voyage que l’écrivain écossais Robert Louis Stevenson fit à pied avec l’ânesse Modestine en 1878, raconté dans Voyage avec un âne dans les Cévennes. Il relie Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) à Saint-Jean-du-Gard (Gard), terme du voyage de l’écrivain, puis se prolonge jusqu’à Alès : comptez environ 250 à 270 km selon le point d’arrivée.
Le profil est celui de la moyenne montagne : plateaux du Velay et du Gévaudan, mont Lozère (le GR70 passe près du sommet de Finiels, 1 699 m), puis vallées cévenoles. Il n’y a ni passage vertigineux ni haute altitude, mais des journées de 15 à 25 km qui restent sportives. Le parcours traverse en partie le parc national des Cévennes.
L’infrastructure d’accueil est un vrai atout : gîtes d’étape, chambres d’hôtes et petits hôtels se succèdent, et plusieurs services de transport des bagages circulent entre les étapes. Il est même possible de louer un âne de bât. Notre récit sur les traces de Robert Louis Stevenson dans les Cévennes détaille les étapes.
La meilleure période va de mai à juin et de septembre à octobre ; en été, les vallées du Gard peuvent être très chaudes. Pensez à réserver les hébergements en haute saison, l’itinéraire étant très fréquenté.
Le Kungsleden : la Laponie suédoise de refuge en refuge

Le Kungsleden, ou « chemin du Roi », est un sentier d’environ 440 km qui traverse la Laponie suédoise entre Abisko, au nord, et Hemavan, au sud. Son relief est globalement doux pour un itinéraire de montagne : longues vallées glaciaires, toundra, bouleaux nains et lacs, avec peu de fortes pentes.
Le tronçon le plus fréquenté, et le plus adapté à une première expérience, est la section nord entre Abisko et Nikkaluokta, longue d’environ 105 km. Elle passe au pied du Kebnekaise, point culminant de la Suède, et se parcourt en 5 à 7 jours. Le sentier est balisé et des passerelles franchissent les principaux torrents.
Les refuges de l’association touristique suédoise (STF) sont espacés d’environ 10 à 20 km. Ils offrent des couchettes et une cuisine, parfois une petite épicerie, ce qui limite le poids du sac ; il faut toutefois porter son sac de couchage léger et une partie de sa nourriture. Les moustiques sont nombreux en juillet : un répulsif et une moustiquaire de tête sont conseillés.
De fin juin à fin juillet, le soleil ne se couche quasiment pas au-delà du cercle polaire, ce qui permet de marcher sans contrainte horaire. La saison est courte (refuges gardés en général de fin juin à mi-septembre) et la météo peut rester fraîche : prévoyez des couches chaudes et imperméables. Pour comparer avec la Scandinavie voisine, voyez aussi notre guide de la randonnée en Norvège.
Les Cinque Terre : une randonnée courte entre villages et vignes en terrasses

Les Cinque Terre sont cinq villages de la côte ligure, en Italie — Monterosso, Vernazza, Corniglia, Manarola et Riomaggiore — reliés par le Sentiero Azzurro, un sentier littoral d’environ 12 km inscrit dans le parc national des Cinque Terre. C’est la randonnée la plus courte de la sélection, mais pas la plus facile.
Le terrain alterne marches taillées dans la roche, passages étroits et montées raides, qui sollicitent fortement les genoux, surtout en descente. L’avantage : chaque village sert de point de départ ou d’arrivée, et le train régional relie les cinq en quelques minutes, ce qui permet de ne marcher qu’un tronçon. L’accès au Sentiero Azzurro est payant (Cinque Terre Card) et certains tronçons peuvent être fermés après des éboulements ; vérifiez leur état sur le site du parc.
L’affluence est très forte d’avril à octobre, en particulier en été. Privilégiez avril-mai ou septembre-octobre, partez tôt et envisagez de loger à Corniglia, le seul village perché sans accès direct à la mer, plus calme le soir. Pour aller plus loin, voyez notre sélection des plus belles randonnées aux Cinque Terre.
Comment bien préparer une randonnée après 50 ans ?
La préparation consiste surtout à reprendre progressivement le dénivelé et à alléger la charge. Quelques règles simples limitent les douleurs et les mauvaises surprises :
- Consultez votre médecin avant un trek de plusieurs jours, surtout après une longue pause ou en cas de traitement.
- Entraînez-vous dans les deux ou trois mois précédents avec des sorties de dénivelé croissant, en enchaînant parfois deux jours de marche.
- Utilisez des bâtons, réglés à la bonne hauteur, pour soulager les genoux en descente ; notre article sur les erreurs courantes avec les bâtons de marche vous aidera à les régler.
- Allégez le sac : visez moins de 8 à 10 kg pour un trek en refuge, et faites transporter les bagages quand c’est possible.
- Buvez régulièrement et évitez les heures chaudes en Méditerranée.
- Prévenez un proche de votre itinéraire et vérifiez la météo chaque matin.
Quelle randonnée pour quel profil ?
Pour une première expérience d’itinérance sans haute montagne, le chemin de Stevenson est le plus progressif. Les marcheurs habitués au dénivelé et attirés par les glaciers choisiront le Tour du Mont-Blanc, au moins en partie. Le Kungsleden convient à ceux qui cherchent une nature isolée sans relief extrême, à condition d’accepter une météo fraîche. Enfin, calanques et Cinque Terre se prêtent à des séjours courts, mêlant marche, baignade et découverte des villages.
Dans tous les cas, c’est la régularité de l’entraînement et le choix d’étapes réalistes qui feront la réussite du voyage, bien plus que l’âge inscrit sur la carte d’identité.
Questions fréquentes
Quelle randonnée choisir quand on a plus de 50 ans ?
Le bon choix dépend surtout de la condition physique, pas de l’âge. Un itinéraire fractionnable, avec hébergements réguliers et possibilité de transport des bagages, comme le chemin de Stevenson, permet d’adapter l’effort. Le Tour du Mont-Blanc convient aux marcheurs entraînés au dénivelé.
Peut-on faire le Tour du Mont-Blanc à 50 ou 60 ans ?
Oui, de nombreux randonneurs de cet âge le parcourent, à condition d’être entraînés à enchaîner 800 à 1 000 m de dénivelé par jour. Il est possible de n’en faire qu’une partie ou d’utiliser remontées mécaniques et bus pour raccourcir certaines étapes. Les refuges se réservent longtemps à l’avance.
Combien de jours faut-il pour le chemin de Stevenson ?
Il faut en général 10 à 15 jours pour parcourir l’ensemble du GR70, selon le rythme et le point d’arrivée choisi. Beaucoup de marcheurs le découpent en deux séjours d’une semaine. Des services de portage des bagages existent entre les étapes.
Faut-il un certificat médical pour randonner après 50 ans ?
Aucun certificat n’est exigé pour randonner librement. En revanche, un bilan chez son médecin est conseillé avant un trek de plusieurs jours ou en altitude, surtout après une longue période sans activité ou en cas de traitement en cours.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
