Au printemps 2025, le Britannique David Sullivan, formateur en réanimation, a installé un défibrillateur vers 5 000 m d’altitude sur la route du camp de base de l’Everest, au Népal, et formé plus de 260 personnes aux gestes de réanimation. Quelques semaines plus tard, l’appareil aurait servi à réanimer une alpiniste française victime d’un malaise cardiaque.
- David Sullivan, originaire du Surrey (Royaume-Uni), s’est consacré à la formation aux gestes de réanimation après avoir porté secours à un homme en arrêt cardiaque sur un parcours de golf.
- Il a lancé, selon les informations disponibles, les initiatives Code Blue CPR et Creating Lifesavers pour diffuser la formation au massage cardiaque.
- Parti vers l’Everest en avril 2025, il a installé un défibrillateur vers 5 000 m et formé plus de 260 personnes sur le parcours, dont des sherpas.
- Le défibrillateur a été conçu pour résister au froid grâce à un boîtier isolant mis au point avec son fils Freddie.
- Face à un arrêt cardiaque, la chaîne de survie repose sur trois gestes : alerter (112), masser, défibriller.
Sommaire
- Comment l’engagement de David Sullivan a-t-il commencé ?
- Quelles initiatives a-t-il lancées ?
- Que s’est-il passé sur la route de l’Everest en 2025 ?
- Comment protéger un défibrillateur du froid en altitude ?
- Que faire face à un arrêt cardiaque en montagne ?
- Comment réduire les risques cardiaques en randonnée d’altitude ?
- Ce que cette histoire change pour les randonneurs
Au printemps 2025, une initiative britannique a fait parler d’elle dans le monde de l’alpinisme. David Sullivan, formateur en réanimation originaire du Surrey, a installé un défibrillateur vers 5 000 m d’altitude sur la route de l’Everest, au Népal. Quelques semaines plus tard, l’appareil aurait permis de réanimer une alpiniste française victime d’un malaise cardiaque.
Selon le récit rapporté, c’est un sherpa qui a prévenu David Sullivan de l’utilisation de l’appareil : un randonneur néerlandais, aidé d’un grimpeur autrichien, avait pratiqué les gestes de réanimation et utilisé le défibrillateur. Cette histoire rappelle que les premiers témoins jouent un rôle décisif, même dans les massifs les plus reculés, alors que les débats se multiplient sur la sécurité et l’encadrement des expéditions, comme en témoigne le projet de loi népalaise pour limiter l’accès des débutants à l’Everest.
Les détails de ce sauvetage (identité de l’alpiniste, circonstances exactes) n’ont pas été publiés de manière détaillée. La rédaction présente ici les faits connus, puis les gestes qui sauvent en cas d’arrêt cardiaque en montagne.
Comment l’engagement de David Sullivan a-t-il commencé ?

L’engagement de David Sullivan est né d’un sauvetage vécu au Royaume-Uni. Sur un parcours de golf, il a porté secours à un jeune homme victime d’un arrêt cardiaque et pratiqué un massage cardiaque pendant de longues minutes, jusqu’à l’arrivée des secours.
Marqué par cet épisode, il a décidé de se former à la réanimation cardio-pulmonaire, notamment auprès d’un fabricant de défibrillateurs à Vienne, en Autriche, puis de transmettre ces gestes au grand public. Il anime depuis des sessions de formation au Royaume-Uni et à l’étranger.
Quelles initiatives a-t-il lancées ?

David Sullivan a structuré son action autour de deux projets, Code Blue CPR et Creating Lifesavers. Leur objectif commun est d’augmenter le nombre de personnes capables d’intervenir face à un arrêt cardiaque, en attendant l’arrivée des secours.
La démarche repose sur une idée simple : dans la plupart des arrêts cardiaques survenant hors de l’hôpital, ce sont les témoins qui peuvent agir dans les premières minutes. En montagne, où les secours mettent plus de temps à arriver, cette capacité d’intervention des pratiquants eux-mêmes est encore plus importante.
Que s’est-il passé sur la route de l’Everest en 2025 ?

Le 12 avril 2025, David Sullivan s’est lancé vers l’Everest avec un double objectif : installer un défibrillateur fonctionnel vers 5 000 m d’altitude et former le plus grand nombre possible de personnes aux gestes de réanimation le long du parcours. Le camp de base sud de l’Everest se situe à environ 5 364 m, dans la région du Khumbu ; le sommet culmine à 8 849 m.
Selon les informations disponibles, plus de 260 personnes ont été formées, parmi lesquelles des sherpas, des guides népalais et des alpinistes étrangers. L’idée est de créer un maillage de témoins formés dans une zone où passent chaque printemps de nombreux trekkeurs et membres d’expéditions.
Une tentative de record
David Sullivan a également indiqué viser un record du monde Guinness pour la formation à la réanimation cardio-pulmonaire la plus haute jamais réalisée. À la date de rédaction de cet article, la rédaction n’a pas pu confirmer l’homologation de ce record.
Le sauvetage de l’alpiniste française
Quelques semaines après l’installation, le défibrillateur a été utilisé pour une alpiniste française en détresse cardiaque. Un randonneur néerlandais et un grimpeur autrichien ont réalisé les gestes de réanimation et utilisé l’appareil. Cet épisode illustre concrètement l’enchaînement de la chaîne de survie : un témoin qui alerte, un témoin qui masse, un défibrillateur accessible.
Comment protéger un défibrillateur du froid en altitude ?

Le froid est le principal ennemi d’un défibrillateur en haute montagne : il réduit l’autonomie des batteries et peut altérer le gel des électrodes. Pour y remédier, David Sullivan et son fils Freddie ont mis au point un boîtier isolant qui, selon eux, s’inspire de matériaux développés pour le spatial et maintient l’appareil à une température de fonctionnement sans alimentation électrique extérieure.
Ce type de solution pourrait intéresser d’autres environnements isolés : refuges, sites d’alpinisme, zones polaires ou déserts. En France, de nombreux refuges et stations de montagne sont déjà équipés de défibrillateurs, mais leur accessibilité et leur entretien restent des enjeux permanents.
Que faire face à un arrêt cardiaque en montagne ?
Face à une personne inconsciente qui ne respire pas ou respire anormalement, il faut alerter, masser, défibriller, sans attendre. Les recommandations européennes de réanimation (European Resuscitation Council) résument la conduite à tenir.
- Alerter : appeler le 112 (numéro d’urgence européen, qui fonctionne aussi dans de nombreux pays) ou le 15 en France, et faire chercher un défibrillateur.
- Masser : compressions au centre de la poitrine, bras tendus, à un rythme de 100 à 120 par minute et sur une profondeur d’environ 5 à 6 cm chez l’adulte.
- Défibriller : allumer l’appareil et suivre ses instructions vocales ; il analyse le rythme cardiaque et ne délivre un choc que si nécessaire.
- Continuer : reprendre le massage après chaque analyse jusqu’à l’arrivée des secours.
En altitude, il faut en plus protéger la victime du froid (couverture de survie, isolation du sol) et préparer l’évacuation, souvent héliportée. Au Népal, l’Himalayan Rescue Association tient des postes médicaux saisonniers, dont la clinique Everest ER installée au camp de base pendant la saison de printemps.
Comment réduire les risques cardiaques en randonnée d’altitude ?
La meilleure prévention reste une préparation adaptée. Avant un trek ou une expédition en haute altitude, un bilan médical est recommandé, en particulier au-delà de 40 ans ou en cas d’antécédents : demandez l’avis de votre médecin.
- Monter progressivement pour laisser le temps à l’organisme de s’acclimater, comme l’expliquent nos conseils pour s’acclimater en randonnée d’altitude.
- Bien s’hydrater et limiter l’alcool pendant la montée.
- Ne jamais ignorer une douleur thoracique, un essoufflement anormal ou un malaise, et redescendre en cas de doute.
- Suivre une formation aux premiers secours avant de partir, idéalement complétée par un module orienté montagne.
Pour aller plus loin, notre dossier sur les gestes qui peuvent sauver lors d’un accident cardiaque en randonnée et nos conseils de sécurité en randonnée complètent ces recommandations.
Ce que cette histoire change pour les randonneurs
L’histoire de David Sullivan montre qu’un seul défibrillateur accessible et quelques centaines de personnes formées peuvent faire la différence, même à plus de 5 000 m. Pour les randonneurs, le message est concret : se former aux gestes de réanimation est utile partout, en ville comme en montagne. Ceux qui préparent un voyage vers les sentiers de randonnée du Népal ont tout intérêt à inclure une formation aux premiers secours dans leur préparation.
Questions fréquentes
Peut-on utiliser un défibrillateur en haute altitude ?
Oui, un défibrillateur automatisé externe peut fonctionner en altitude, mais le froid réduit l’autonomie des batteries et peut altérer les électrodes. C’est pourquoi les appareils installés en montagne sont protégés dans des boîtiers isolants et contrôlés régulièrement.
Que faire face à un arrêt cardiaque en randonnée ?
Il faut appeler immédiatement les secours (112, ou 15 en France), commencer un massage cardiaque au centre de la poitrine, à un rythme de 100 à 120 compressions par minute, et faire chercher un défibrillateur s’il en existe un à proximité. Le massage ne doit être interrompu que pour laisser l’appareil analyser le rythme cardiaque.
Existe-t-il des secours médicaux au camp de base de l’Everest ?
Oui, pendant la saison d’expédition de printemps, une clinique médicale saisonnière, Everest ER, est installée au camp de base par l’Himalayan Rescue Association. Les évacuations se font généralement par hélicoptère, lorsque la météo le permet.
Qui est David Sullivan ?
David Sullivan est un Britannique du Surrey devenu formateur aux gestes de réanimation après avoir pratiqué un massage cardiaque sur un homme en arrêt cardiaque. Il s’est fait connaître en 2025 en installant un défibrillateur sur la route de l’Everest et en y formant plusieurs centaines de personnes.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
