Quatre belvédères de montagne suisses se distinguent : le Pilatus (2 128 m) près de Lucerne, accessible par le train à crémaillère le plus raide du monde ; le Stanserhorn (1 898 m) et son téléphérique à pont supérieur ouvert ; le Gornergrat (3 089 m), face au Cervin et à 29 sommets de plus de 4 000 m ; et la Kleine Scheidegg (2 061 m), au pied de l’Eiger et du Jungfraujoch.
- Le Pilatus, au sud-ouest de Lucerne, culmine à 2 128 m au Tomlishorn ; son chemin de fer à crémaillère, depuis Alpnachstadt, atteint une pente de 48 %.
- Le Stanserhorn (1 898 m) est desservi par le CabriO, un téléphérique dont le pont supérieur est à ciel ouvert, et possède un restaurant tournant.
- La gare du Gornergrat, à 3 089 m au-dessus de Zermatt, offre une vue sur le Cervin (4 478 m) et 29 sommets de plus de 4 000 m.
- La Kleine Scheidegg (2 061 m) est le point de départ du train de la Jungfrau vers le Jungfraujoch (3 454 m), la gare la plus haute d’Europe.
- Tous ces sommets sont accessibles sans expérience de l’alpinisme, en train ou en remontée mécanique, et offrent des randonnées de tous niveaux.
Sommaire
- Quels sont les plus beaux sommets panoramiques de Suisse ?
- Le Pilatus, la montagne des légendes au-dessus de Lucerne
- Le Stanserhorn et son téléphérique à ciel ouvert
- Le Gornergrat, face au Cervin
- La Kleine Scheidegg, au pied de l’Eiger
- Quand visiter les sommets suisses ?
- Comment combiner ces sommets en un séjour ?
Glaciers, sommets de plus de 4 000 m, lacs d’un bleu profond et alpages parsemés de chalets : la Suisse doit une grande partie de sa réputation à ses paysages de montagne. Elle a aussi une particularité rare, celle de rendre ses plus beaux belvédères accessibles à tous grâce à un réseau dense de trains à crémaillère, de funiculaires et de téléphériques.
Ces sommets panoramiques attirent aussi bien les randonneurs que les couples en voyage de noces ou les familles. Cette sélection de la rédaction présente quatre incontournables, de la Suisse centrale au Valais et à l’Oberland bernois, avec pour chacun l’altitude, l’accès et les randonnées possibles. Pour l’hiver, voir aussi notre sélection des meilleures stations de ski en Suisse.
Quels sont les plus beaux sommets panoramiques de Suisse ?
Le tableau ci-dessous compare les quatre belvédères présentés dans cet article. Les horaires et tarifs des remontées varient selon la saison : ils se vérifient auprès des compagnies ou de Suisse Tourisme.
| Sommet | Altitude | Région | Accès principal | À voir |
|---|---|---|---|---|
| Pilatus | 2 128 m (Tomlishorn) | Lucerne, Suisse centrale | Crémaillère depuis Alpnachstadt, téléphérique depuis Kriens | Lac des Quatre-Cantons, Alpes |
| Stanserhorn | 1 898 m | Stans, Nidwald | Funiculaire historique puis téléphérique CabriO | Lac des Quatre-Cantons, restaurant tournant |
| Gornergrat | 3 089 m (gare) | Zermatt, Valais | Train à crémaillère du Gornergrat | Cervin, Mont-Rose, glacier du Gorner |
| Kleine Scheidegg | 2 061 m | Oberland bernois | Train depuis Grindelwald ou Wengen | Eiger, Mönch, Jungfrau |
Le Pilatus, la montagne des légendes au-dessus de Lucerne
Le Pilatus est un massif qui se dresse au sud-ouest de Lucerne et culmine à 2 128 m au Tomlishorn. Son sommet, le Pilatus Kulm, abrite un hôtel historique et plusieurs points de vue aménagés sur le lac des Quatre-Cantons et la chaîne des Alpes.
La montagne est entourée de légendes. Selon la plus connue, le corps du préfet romain Ponce Pilate aurait été jeté dans un petit lac du massif, qui serait devenu hanté ; d’où, dit-on, le nom de la montagne. Une autre explication, plus prosaïque, rattache ce nom au latin pileatus, « coiffé », en référence au chapeau de nuages qui recouvre souvent le sommet. Des dragons peuplaient aussi, selon la tradition, les grottes du Pilatus.
Voici une vidéo montrant ces lieux :

L’accès est un spectacle en soi : depuis Alpnachstadt, le train à crémaillère du Pilatus, considéré comme le plus raide du monde, grimpe avec des pentes allant jusqu’à 48 %. Il circule en général de mai à novembre ; le reste de l’année, on monte depuis Kriens par télécabine et téléphérique. Les randonneurs peuvent aussi rejoindre le sommet à pied par plusieurs sentiers, avec environ 1 600 m de dénivelé depuis le lac.
Le Stanserhorn et son téléphérique à ciel ouvert
Le Stanserhorn (1 898 m), au-dessus de Stans, offre une ascension douce et spectaculaire. On part d’abord en funiculaire historique, en passant devant chalets, prairies fleuries et vaches, puis on embarque dans le CabriO, un téléphérique dont le pont supérieur est ouvert : on voit défiler le paysage sous ses pieds, cheveux au vent.
Au sommet, le restaurant tournant offre une vue panoramique sur le lac des Quatre-Cantons, les Alpes et, par temps clair, une dizaine de lacs. Un sentier en boucle fait le tour du sommet en une trentaine de minutes, et l’on peut redescendre à pied vers Stans pour une randonnée plus longue. La saison s’étend en général du printemps à l’automne, avec de la neige possible en début et fin de saison.
Le Gornergrat, face au Cervin
Au-dessus de Zermatt, dans le Valais, la gare du Gornergrat se trouve à 3 089 m d’altitude, ce qui en fait l’une des excursions les plus populaires de Suisse. Le train à crémaillère du Gornergrat, en service depuis 1898, y monte depuis Zermatt en une trentaine de minutes, toute l’année.
Sa popularité tient à son panorama : le Cervin (4 478 m), le massif du Mont-Rose avec la pointe Dufour (4 634 m, point culminant de la Suisse), le glacier du Gorner et, au total, 29 sommets de plus de 4 000 m. En été, de nombreux randonneurs redescendent à pied par Riffelsee, dont le lac reflète le Cervin par temps calme, puis Riffelberg. Pour les alpinistes, notre article sur l’ascension du Cervin et son coût détaille ce que représente ce sommet mythique.
À plus de 3 000 m, l’air est plus froid et le rayonnement plus fort : veste chaude, lunettes de soleil et crème solaire s’imposent, même en été. Les personnes sensibles à l’altitude gagnent à monter progressivement et à ne pas enchaîner les efforts dès l’arrivée.
La Kleine Scheidegg, au pied de l’Eiger
La Kleine Scheidegg est un col de 2 061 m de l’Oberland bernois, entre Grindelwald et Wengen. On y accède en train, puis on peut poursuivre avec le train de la Jungfrau jusqu’au Jungfraujoch (3 454 m), la gare ferroviaire la plus haute d’Europe (et non le plus haut sommet d’Europe, comme on le lit parfois).
Le site offre l’une des meilleures vues sur la face nord de l’Eiger (3 967 m), l’une des parois les plus célèbres de l’histoire de l’alpinisme, ainsi que sur le Mönch et la Jungfrau. Contrairement à une idée répandue, la Kleine Scheidegg n’est pas réservée aux randonneurs chevronnés : des sentiers faciles la relient à Männlichen ou à Wengen, tandis que l’Eiger Trail, au pied de la face nord, demande un pied sûr.
La région réserve d’autres merveilles : la vallée de Lauterbrunnen, décrite dans notre article sur la vallée suisse aux 72 cascades, et, pour les randonneurs très aguerris, la crête du Hardergrat, au-dessus du lac de Brienz, qui compte parmi les itinéraires les plus exposés du pays.
Quand visiter les sommets suisses ?
La plupart de ces belvédères se visitent de mai à octobre pour la randonnée, période où les sentiers d’altitude sont déneigés (souvent à partir de juin au-dessus de 2 000 m). Le Gornergrat et le Jungfraujoch restent accessibles en hiver par le train et se combinent alors avec le ski.
- Partir tôt : la lumière est plus belle, les nuages se forment souvent en cours de journée et l’affluence est moindre.
- Consulter les webcams des compagnies avant de monter pour éviter un sommet dans le brouillard.
- Anticiper le budget : les remontées suisses sont coûteuses ; les forfaits comme le Swiss Travel Pass ou les cartes régionales peuvent réduire la facture.
- Prévoir des vêtements chauds : il peut faire froid au sommet même quand il fait chaud en vallée.
Autour du lac des Quatre-Cantons, l’ascenseur du Hammetschwand, sur le Bürgenstock, complète bien une journée au Pilatus ou au Stanserhorn.
Comment combiner ces sommets en un séjour ?
Une semaine permet de relier les trois régions en train : deux jours autour de Lucerne pour le Pilatus et le Stanserhorn, deux ou trois jours dans l’Oberland bernois (Grindelwald, Wengen ou Lauterbrunnen) pour la Kleine Scheidegg, puis deux jours à Zermatt pour le Gornergrat. Zermatt étant interdite aux voitures thermiques, on y arrive en train depuis Täsch ou Viège. Ce circuit offre un condensé de ce que les Alpes suisses ont de plus spectaculaire, sans jamais exiger de compétences d’alpinisme.
Questions fréquentes
Quel est le plus beau sommet panoramique de Suisse ?
Il n’existe pas de classement officiel. Le Gornergrat, face au Cervin et au massif du Mont-Rose, est souvent cité pour la haute montagne ; le Pilatus et le Stanserhorn pour leurs vues sur le lac des Quatre-Cantons ; la Kleine Scheidegg et le Jungfraujoch pour la face nord de l’Eiger et le glacier d’Aletsch.
Comment monter au Pilatus ?
On peut monter au Pilatus depuis Alpnachstadt par le train à crémaillère, en service en général de mai à novembre, ou toute l’année depuis Kriens, près de Lucerne, par télécabine puis téléphérique. La « Golden Round Trip » combine bateau sur le lac, crémaillère et téléphérique. Des sentiers permettent aussi de monter à pied.
Le Jungfraujoch est-il le plus haut sommet d’Europe ?
Non. Le Jungfraujoch est un col de 3 454 m entre la Jungfrau et le Mönch, qui abrite la gare ferroviaire la plus haute d’Europe. Le plus haut sommet des Alpes est le mont Blanc (environ 4 806 m), et le point culminant de la Suisse est la pointe Dufour (4 634 m), dans le massif du Mont-Rose.
Faut-il être randonneur expérimenté pour aller à la Kleine Scheidegg ?
Non, la Kleine Scheidegg est accessible en train depuis Grindelwald ou depuis Lauterbrunnen par Wengen. Elle sert de point de départ à des randonnées de tous niveaux, dont l’Eiger Trail au pied de la face nord, qui demande en revanche un pied sûr.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
