Le mont Chaberton (3 131 m) se gravit depuis Montgenèvre (Hautes-Alpes) par le vallon des Baisses et le col du Chaberton (environ 2 674 m). Il faut compter environ 1 300 m de dénivelé positif, 16 à 18 km aller-retour et 6 à 8 heures de marche. Randonnée sportive, sans difficulté technique, à faire de juillet à septembre par temps stable.
- Le mont Chaberton culmine à 3 131 m au-dessus de Montgenèvre, dans le Briançonnais (Hautes-Alpes).
- Son sommet porte les ruines d’une batterie italienne construite au début du XXe siècle, avec huit tourelles d’artillerie.
- Les tourelles ont été détruites en juin 1940 par des mortiers français tirant depuis les environs de Briançon.
- Italien jusqu’en 1947, le sommet est devenu français avec le traité de Paris qui a modifié la frontière.
- L’itinéraire classique demande environ 1 300 m de dénivelé positif et 6 à 8 heures aller-retour.
Sommaire
- Où se trouve le mont Chaberton ?
- Quel est l’itinéraire pour monter au Chaberton ?
- Fiche pratique de la randonnée du mont Chaberton
- Quelle est la difficulté de la randonnée ?
- Quelle est l’histoire du fort du Chaberton ?
- Que voit-on au sommet du Chaberton ?
- Quelle est la meilleure période pour monter au Chaberton ?
- Quelles précautions prendre ?
- Que faire d’autre autour de Montgenèvre ?
- Le Chaberton en résumé
Le mont Chaberton est un sommet de 3 131 m qui domine la station de Montgenèvre et la vallée de la Durance, dans le Briançonnais (Hautes-Alpes). Il doit sa renommée à un site unique dans les Alpes : les ruines d’une batterie d’artillerie italienne installée à son sommet au début du XXe siècle, la plus haute fortification d’Europe de son époque.
Longtemps situé en territoire italien, le sommet est français depuis 1947. Son ascension, sans difficulté technique mais longue et physique, mêle histoire militaire et panorama sur les Écrins, le Queyras et les Alpes italiennes.
Ce guide de la rédaction détaille l’itinéraire classique depuis Montgenèvre, le niveau requis, la meilleure période, l’histoire du fort et les précautions à prendre au-dessus de 3 000 m.
Où se trouve le mont Chaberton ?
Le mont Chaberton se trouve sur la commune de Montgenèvre, à quelques kilomètres à l’est de Briançon, tout près de la frontière italienne. Il appartient aux Alpes cottiennes et surplombe au nord-est le village italien de Cesana Torinese et la haute vallée de Suse.
Contrairement à ce qu’on lit souvent, le sommet n’est plus sur la frontière : le traité de Paris de 1947 a rectifié la limite entre la France et l’Italie dans ce secteur, et le Chaberton, avec son fort, est depuis entièrement français. Le col du Chaberton, lui aussi, se trouve désormais en France.
Quel est l’itinéraire pour monter au Chaberton ?
L’itinéraire le plus fréquenté part de Montgenèvre (environ 1 860 m) et remonte le vallon des Baisses jusqu’au col du Chaberton, vers 2 674 m, avant de suivre l’ancienne piste militaire en lacets jusqu’au sommet.
- Montgenèvre – vallon des Baisses : depuis le village, on rejoint le départ du sentier, à proximité des pistes et des remontées mécaniques, puis on s’élève dans les alpages en suivant les panneaux vers le col du Chaberton.
- Vallon des Baisses – col du Chaberton : le sentier remonte un vallon minéral, plus raide dans sa dernière partie, jusqu’au col (environ 2 674 m).
- Col du Chaberton – sommet : on emprunte l’ancienne piste muletière qui ravitaillait le fort. Ses nombreux lacets, réguliers mais caillouteux, conduisent au plateau sommital à 3 131 m.
Le retour s’effectue en général par le même chemin. Un autre accès existe côté italien, depuis Fenils (commune de Cesana Torinese), par l’ancienne route militaire, plus longue.
La vidéo ci-dessous donne un aperçu des paysages de ce secteur des Hautes-Alpes.

Fiche pratique de la randonnée du mont Chaberton
| Élément | Information |
|---|---|
| Départ | Montgenèvre (Hautes-Alpes), environ 1 860 m |
| Sommet | Mont Chaberton, 3 131 m |
| Distance | Environ 16 à 18 km aller-retour |
| Dénivelé positif | Environ 1 300 m |
| Durée | 6 à 8 h aller-retour, pauses comprises |
| Difficulté | Sportive, sans passage technique |
| Balisage | Panneaux directionnels et sentier bien tracé (carte IGN conseillée) |
| Meilleure période | Juillet à septembre |
| Carte | IGN Top 25 du secteur Briançon – Montgenèvre |
Ces valeurs varient selon le point de départ exact choisi dans la station : elles sont à vérifier sur une carte IGN ou sur le Géoportail avant la sortie.
Quelle est la difficulté de la randonnée ?
La randonnée du Chaberton est une sortie sportive : elle ne demande ni corde ni équipement d’alpinisme en été, mais son dénivelé d’environ 1 300 m et son arrivée au-dessus de 3 000 m la réservent aux randonneurs entraînés.
La difficulté tient surtout à la durée de l’effort, au terrain caillouteux et à l’altitude, qui essouffle rapidement les marcheurs non acclimatés. Les personnes peu habituées gagneront à passer une nuit ou deux dans la vallée avant de monter, selon les conseils de notre article pour bien s’acclimater à la randonnée en altitude. Pour évaluer d’autres sommets de ce type, notre dossier sur les pièges des 3 000 m réputés accessibles rappelle les erreurs les plus fréquentes.
Quelle est l’histoire du fort du Chaberton ?
Le fort du Chaberton est une batterie d’artillerie construite par l’armée italienne entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle pour surveiller la route du col de Montgenèvre et menacer Briançon. Pour l’installer, le sommet a été arasé et un plateau a été aménagé.
La batterie comptait huit tourelles maçonnées, chacune coiffée d’une pièce d’artillerie sous coupole. Une route militaire depuis Fenils et un téléphérique de service permettaient d’acheminer hommes et munitions.
En juin 1940, lors de la brève offensive italienne contre la France, des mortiers français de gros calibre, installés à l’abri dans les environs de Briançon, ont pris le fort pour cible et détruit la plupart des tourelles en quelques jours. Après la guerre, le traité de Paris de 1947 a attribué le sommet à la France.
Que voit-on au sommet du Chaberton ?
Au sommet, on découvre un vaste plateau où s’alignent les huit tours ruinées de la batterie, ainsi que les vestiges des casernements et des galeries. L’ensemble forme un paysage étonnant, entre site archéologique et belvédère d’altitude.
Par temps clair, le panorama porte sur le massif des Écrins et la Barre des Écrins à l’ouest, le Queyras au sud, les montagnes de la haute vallée de Suse en Italie et, au loin, les grands sommets des Alpes du Nord. Le Mont Viso, reconnaissable à sa pyramide, se distingue au sud-est.
Les ruines ne sont pas sécurisées : il est préférable de ne pas entrer dans les tourelles ni dans les galeries, où les risques de chute et d’éboulement sont réels.
Quelle est la meilleure période pour monter au Chaberton ?
La meilleure période s’étend de début juillet à fin septembre, lorsque la neige a disparu de la piste sommitale. En juin, des névés peuvent encore couvrir la partie haute ; en octobre, les premières chutes de neige rendent l’itinéraire plus délicat.
En été, partez tôt : les orages se forment souvent en début d’après-midi sur les sommets du Briançonnais, et le plateau sommital n’offre aucun abri. Nos conseils pour réagir face à un orage en randonnée sont utiles avant ce type de sortie.
Quelles précautions prendre ?
Le Chaberton est une randonnée de haute montagne estivale, qui se prépare comme telle.
- Météo : consultez le bulletin Météo-France montagne la veille et le matin même, renoncez en cas de risque orageux.
- Équipement : chaussures à tige montante et semelle accrocheuse (voir notre guide pour choisir ses chaussures de randonnée), coupe-vent, polaire, gants, casquette, crème solaire et lunettes.
- Eau et nourriture : au moins 2 litres d’eau par personne, les points d’eau étant rares sur le haut de l’itinéraire.
- Sécurité : prévenez un proche de votre itinéraire et de votre heure de retour. En cas d’accident, composez le 112 ; les secours en montagne sont assurés dans les Hautes-Alpes par le PGHM et la CRS montagne.
- Respect du site : remportez vos déchets, ne prélevez aucun vestige et respectez les troupeaux présents dans les alpages.
Que faire d’autre autour de Montgenèvre ?
Montgenèvre est une bonne base pour découvrir le Briançonnais et, de l’autre côté de la frontière, le Piémont. Briançon et ses fortifications de Vauban, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, complètent parfaitement la visite du Chaberton sur le thème de l’histoire militaire. Pour prolonger le séjour côté transalpin, notre sélection des meilleurs endroits pour randonner en Italie propose d’autres idées.
Le Chaberton en résumé
Le mont Chaberton offre l’une des randonnées les plus originales des Alpes françaises : un 3 000 accessible sans technique, couronné par les ruines d’un fort unique. Choisissez une journée stable entre juillet et septembre, partez tôt, emportez de quoi affronter le froid au sommet et réservez-vous du temps pour contempler le panorama avant de redescendre.
Questions fréquentes
Le mont Chaberton est-il en France ou en Italie ?
Le sommet du mont Chaberton est en France depuis le traité de Paris de 1947, qui a déplacé la frontière à l’avantage de la France dans ce secteur. Il se trouve sur la commune de Montgenèvre, dans les Hautes-Alpes. Avant cette date, il était italien, ce qui explique la présence du fort construit par l’Italie.
Combien de temps faut-il pour monter au Chaberton ?
Depuis Montgenèvre, la montée prend en général 3 h 30 à 4 h 30 et la descente 2 h 30 à 3 h, soit 6 à 8 heures aller-retour selon la forme et les pauses. Le dénivelé positif avoisine 1 300 m, ce qui en fait une sortie sportive réservée aux randonneurs entraînés.
La randonnée du Chaberton est-elle difficile ?
Elle ne présente pas de passage technique, mais elle est physiquement exigeante : environ 1 300 m de dénivelé, une arrivée au-dessus de 3 000 m et une longue piste en lacets sur terrain caillouteux. Elle convient aux randonneurs en bonne condition, habitués à la moyenne montagne et à l’altitude.
Quand faire la randonnée du mont Chaberton ?
La meilleure période va de début juillet à fin septembre, une fois les névés fondus sur la partie haute. Les orages étant fréquents l’après-midi en été, il est conseillé de partir tôt le matin et de consulter le bulletin Météo-France montagne la veille.
Peut-on visiter les galeries du fort du Chaberton ?
Les ruines sont en accès libre, mais elles ne sont ni entretenues ni sécurisées. Les tourelles, escaliers et galeries présentent des risques de chute et d’éboulement : la rédaction recommande de rester à l’extérieur des structures et de surveiller les enfants.
Sources et liens utiles
Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.
