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Aiguille de la Grande Sassière (3 747 m) : l’une des plus hautes randonnées d’Europe

Aiguille de la Grande Sassière (3 747 m) : l’une des plus hautes randonnées d’Europe
En bref

L’Aiguille de la Grande Sassière (3 747 m), en Haute-Tarentaise (Savoie) à la frontière italienne, est l’un des plus hauts sommets des Alpes accessibles à pied sans matériel d’alpinisme quand le terrain est sec. Depuis le parking du Saut (≈ 2 300 m), au-dessus du lac du Chevril à Tignes, comptez environ 1 450 m de dénivelé, 4 à 5 h de montée et 2 à 3 h de descente, de mi-juillet à septembre.

À retenir
  • L’Aiguille de la Grande Sassière culmine à 3 747 m entre la Tarentaise (Savoie) et le Valgrisenche (Vallée d’Aoste).
  • La voie normale part du Saut, vers 2 300 m, et gagne environ 1 450 m de dénivelé sur 6 à 7 km par un sentier puis des pierriers et une arête.
  • Le sommet se trouve dans la réserve naturelle de la Grande Sassière, voisine du Parc national de la Vanoise, et non dans le parc lui-même.
  • En début de saison, des névés raides peuvent imposer crampons et piolet ; l’itinéraire devient en général une randonnée de mi-juillet à septembre.
  • L’altitude est la principale difficulté : une nuit d’acclimatation dans la vallée et un rythme lent réduisent le risque de mal aigu des montagnes.
Sommaire
  1. Qu’est-ce qui rend la Grande Sassière unique ?
  2. Faut-il être alpiniste pour monter à la Grande Sassière ?
  3. Quel est l’itinéraire de la voie normale ?
  4. Que voit-on du sommet de la Grande Sassière ?
  5. Quand faire la Grande Sassière ?
  6. Quel équipement emporter ?
  7. Quelles précautions de sécurité prendre ?
  8. Faut-il tenter la Grande Sassière ?

L’Aiguille de la Grande Sassière est un sommet de 3 747 m situé en Haute-Tarentaise, en Savoie, sur la frontière entre la France et l’Italie. Elle domine Tignes et le lac du Chevril d’un côté, le Valgrisenche (Vallée d’Aoste) de l’autre.

Sa particularité est d’être atteignable par un itinéraire de randonnée, sans glacier ni passage d’escalade, lorsque le terrain est déneigé. Dans les Alpes, dépasser 3 500 m implique presque toujours corde, crampons et piolet : la Grande Sassière est l’une des rares exceptions, ce qui lui vaut sa réputation de « plus haute randonnée d’Europe ».

Accessible ne veut pas dire facile. Près de 1 500 m de dénivelé, une altitude qui se fait sentir dès 3 000 m et un terrain de pierriers en font une course réservée aux randonneurs entraînés. Ce guide de la rédaction détaille l’itinéraire, la préparation, la meilleure période et les précautions à prendre.

Qu’est-ce qui rend la Grande Sassière unique ?

La Grande Sassière est l’un des plus hauts sommets des Alpes que l’on peut gravir à pied, sans technique d’alpinisme, en conditions sèches. Elle se classe ainsi dans un cercle très restreint, aux côtés de sommets comme la pointe de Charbonnel (environ 3 750 m), en Haute-Maurienne.

Vidéo : Aiguille de la Grande Sassière (3 747 m) : l’une des plus hautes randonnées d’Europe

Le titre de « plus haute randonnée d’Europe » doit donc être pris avec nuance : il dépend de ce que l’on appelle randonnée et des conditions du moment. Dans le Caucase, par exemple, l’Elbrouz (5 642 m) est plus haut mais demande crampons et équipement d’altitude. Ce qui est certain, c’est que peu d’itinéraires pédestres européens mènent aussi haut.

Le sommet appartient à la réserve naturelle de la Grande Sassière, créée en 1973 sur la commune de Tignes. Contrairement à une idée répandue, il ne se trouve pas dans le Parc national de la Vanoise, mais la réserve lui est contiguë et partage ses paysages de haute montagne : alpages, moraines, glaciers suspendus et crêtes frontalières.

La montée traverse plusieurs étages : pelouses alpines fleuries au départ, éboulis et moraines au milieu, puis un univers exclusivement minéral au-dessus de 3 000 m. Les bouquetins et les chamois fréquentent souvent ces pentes, surtout tôt le matin, et les marmottes sont nombreuses dans les alpages du bas.

Faut-il être alpiniste pour monter à la Grande Sassière ?

Randonneurs dans les pierriers de l’Aiguille de la Grande Sassière, au-dessus de Tignes en Haute-Tarentaise

Non : en conditions estivales sèches, la voie normale ne comporte ni glacier ni passage d’escalade. Il faut en revanche une excellente condition physique, l’habitude des terrains caillouteux et une bonne tolérance à l’altitude.

La difficulté tient surtout à trois facteurs :

  • Le dénivelé : environ 1 450 m positifs à la montée, autant à la descente, sur un terrain souvent instable.
  • L’altitude : au-delà de 3 000 m, l’effort devient nettement plus pénible et le rythme ralentit.
  • Le terrain : pierriers, blocs et arête finale demandent un pied sûr et de l’attention, en particulier à la descente.

En début de saison, la donne change : des névés raides peuvent recouvrir la partie haute. L’itinéraire devient alors une course de neige qui exige crampons, piolet et la maîtrise de leur usage, ou l’accompagnement d’un guide de haute montagne.

Quelle préparation physique ?

Avant de viser la Grande Sassière, enchaînez plusieurs sorties de 1 000 à 1 200 m de dénivelé, dont au moins une au-dessus de 2 500 m. Le corps doit être habitué à l’effort long et les muscles des jambes suffisamment entraînés pour encaisser la descente, souvent plus éprouvante pour les articulations que la montée.

Pour tester votre forme sur un objectif intermédiaire, notre article sur un 3 000 m qui piège de nombreux randonneurs expérimentés rappelle les écueils de ce type de sommet. La sélection de sommets faciles à atteindre avec de grandes vues propose aussi des sorties de préparation.

Comment s’acclimater à l’altitude ?

L’acclimatation est un facteur clé. L’idéal est de passer au moins une nuit, voire deux, en altitude dans la vallée (Tignes, Val d’Isère) et de faire une randonnée à 2 500-2 800 m la veille. Le jour J, adoptez un pas lent et régulier, qui permet de respirer sans s’essouffler.

Maux de tête, nausées, vertiges ou fatigue inhabituelle sont des signes de mal aigu des montagnes : le seul traitement fiable est de redescendre. Nos articles sur l’acclimatation en randonnée d’altitude et sur la respiration face au mal des montagnes détaillent ces points. En cas d’antécédents cardiaques ou respiratoires, demandez l’avis de votre médecin.

Quel est l’itinéraire de la voie normale ?

Sentier de montée vers l’Aiguille de la Grande Sassière dans la réserve naturelle, Savoie

La voie normale part du parking du Saut, vers 2 300 m, au-dessus du lac du Chevril, et rejoint le sommet par le versant sud-ouest. On y accède par une petite route étroite qui monte depuis les abords du barrage du Chevril, entre Tignes et Val d’Isère.

Fiche pratiqueAiguille de la Grande Sassière (voie normale)
DépartParking du Saut (≈ 2 300 m), Tignes, Savoie
Sommet3 747 m
Distance≈ 6 à 7 km aller, 12 à 14 km aller-retour
Dénivelé positif≈ 1 450 m
Durée4 à 5 h de montée, 2 à 3 h de descente
DifficultéRandonnée très sportive en haute altitude, terrain de pierriers ; course de neige en début de saison
BalisageSentier dans le bas, puis traces et cairns
Meilleure périodeMi-juillet à septembre, selon l’enneigement

Ces valeurs sont des ordres de grandeur, qui varient selon le tracé suivi et l’enneigement. Le parking est petit et vite complet en juillet-août : arrivez tôt, ce qui permet aussi d’être redescendu avant les orages. Vérifiez le tracé sur la carte IGN au 1:25 000, consultable sur Géoportail, et téléchargez-le sur votre téléphone, car le réseau est irrégulier.

Première partie : les alpages de la Sassière

Le premier tiers du dénivelé se fait sur un sentier bien tracé, dans les pelouses du vallon de la Sassière. La pente est modérée, idéale pour s’échauffer. En juillet, la floraison y est abondante : gentianes, anémones, joubarbes et, sur les replats rocheux, parfois quelques edelweiss.

Après un hiver enneigé, de petits ruisseaux de fonte coupent le chemin en début de matinée. Le passage se fait sur des pierres, en restant attentif aux dalles glissantes. En se retournant, la vue s’ouvre déjà sur le lac du Chevril, retenue artificielle créée dans les années 1950 et dont les eaux ont noyé l’ancien village de Tignes.

Cette section est aussi un bon test : si le souffle est déjà court et les jambes lourdes, mieux vaut ajuster l’objectif, par exemple en visant un point de vue intermédiaire plutôt que le sommet.

Deuxième partie : moraines et pierriers vers 3 000 m

Arête rocheuse et pierriers sur la partie haute de l’Aiguille de la Grande Sassière, frontière franco-italienne

Au-dessus de 2 700-2 800 m, la végétation disparaît et le sentier se transforme en traces dans les moraines et les éboulis. La pente se redresse, les lacets se resserrent et le terrain devient instable, avec des blocs qui bougent sous le pied.

Les bâtons sont ici très utiles pour garder l’équilibre. Marchez à petits pas, posez le pied à plat et évitez de progresser juste sous un autre groupe, pour ne pas recevoir de pierres. En début de saison, les névés rencontrés dans cette section se traversent avec crampons et piolet ; sans cet équipement et sans expérience, il faut faire demi-tour.

C’est aussi à partir d’environ 3 000 m que l’altitude se fait vraiment sentir. Faites des pauses courtes et régulières, buvez et mangez un peu, même sans en avoir envie.

Dernière partie : l’arête sommitale

Les 300 derniers mètres de dénivelé sont les plus exigeants. La pente est raide, le terrain rocheux et parfois aérien : sans être exposé au point de nécessiter l’escalade, certains passages impressionnent les randonneurs sensibles au vide.

L’arête finale est souvent balayée par le vent, et la température y est bien plus basse que dans la vallée, même en été. Une veste coupe-vent, un bonnet et des gants ne sont pas superflus. Le sommet, étroit, se trouve à 3 747 m : il est matérialisé par une croix et des cairns.

La descente se fait par le même itinéraire. Elle demande autant d’attention que la montée, surtout dans les pierriers où la fatigue augmente le risque de faux pas.

Que voit-on du sommet de la Grande Sassière ?

Par temps clair, le panorama s’étend à 360 degrés sur une grande partie des Alpes occidentales. C’est l’un des points de vue les plus vastes accessibles à un randonneur dans les Alpes françaises.

  • Au nord-ouest, le massif du Mont-Blanc, dont le point culminant atteint environ 4 806 m.
  • Au sud-ouest, les sommets de la Vanoise, dont la Grande Casse (3 855 m), point culminant du parc national.
  • À l’est, les montagnes du Valgrisenche et de la Vallée d’Aoste, et plus loin le massif du Grand Paradis (4 061 m).
  • Par excellente visibilité, les sommets valaisans jusqu’au Cervin (4 478 m) et au mont Rose.
  • En contrebas, le lac du Chevril et, plus loin, le domaine de Tignes et son glacier de la Grande Motte.

Les matins d’anticyclone, une mer de nuages recouvre parfois les vallées, laissant émerger les seuls sommets. C’est l’un des arguments pour partir très tôt, en plus de la sécurité face aux orages.

Quand faire la Grande Sassière ?

La période la plus favorable va en général de mi-juillet à fin septembre, quand la voie normale est déneigée. Les conditions varient beaucoup d’une année à l’autre selon l’enneigement de l’hiver.

PériodeConditions habituellesÀ prévoir
Juin à début juilletNévés fréquents sur la partie hauteCrampons, piolet et expérience, ou guide
Mi-juillet à aoûtTerrain souvent sec, fréquentation plus forte, orages l’après-midiDépart à l’aube, retour avant le début d’après-midi
SeptembreMétéo souvent stable, moins de monde, matinées froidesVêtements chauds, possibles premières neiges en fin de mois
Octobre à maiEnneigementSki de randonnée ou alpinisme hivernal, hors randonnée

Pour les autres idées de sorties estivales dans le département, consultez notre sélection des randonnées à faire en été en Savoie, et, pour organiser votre séjour, notre article sur Tignes et son glacier.

Quel équipement emporter ?

L’équipement doit être celui d’une course de haute montagne à la journée, même si l’itinéraire est pédestre. Le froid, le vent et le soleil sont bien plus intenses qu’en vallée.

  • Chaussures de montagne montantes à semelle rigide, adaptées aux pierriers.
  • Bâtons de randonnée, très utiles dans les éboulis.
  • Vêtements en couches : sous-couche respirante, polaire, doudoune légère, veste imperméable et coupe-vent, bonnet et gants.
  • Protection solaire : lunettes de catégorie 3 ou 4, crème solaire, casquette. Le rayonnement est intense à cette altitude.
  • 2 litres d’eau au minimum et des aliments énergétiques ; les points d’eau fiables sont rares au-dessus des alpages.
  • Carte, tracé GPS téléchargé, frontale, trousse de secours, couverture de survie.
  • En début de saison : crampons et piolet, seulement si vous savez les utiliser.

Quelles précautions de sécurité prendre ?

La sécurité sur la Grande Sassière repose sur trois règles : partir tôt, surveiller la météo et savoir renoncer. Un sommet à 3 747 m reste un objectif de haute montagne, où les conditions changent vite.

  • Consultez le bulletin de Météo-France montagne la veille et le matin ; renoncez en cas de risque orageux. Notre article sur les réflexes en cas d’orage en randonnée résume la conduite à tenir.
  • Fixez-vous une heure limite pour atteindre le sommet (par exemple fin de matinée) et faites demi-tour si elle est dépassée.
  • Prévenez un proche de votre itinéraire et de votre heure de retour.
  • En cas d’accident, appelez le 112 : en Savoie, les secours en montagne sont assurés notamment par le PGHM et la CRS Alpes.
  • Respectez la réglementation de la réserve naturelle, affichée au départ : restez sur les traces, ne dérangez pas la faune, emportez vos déchets, et renseignez-vous sur les règles concernant les chiens et le bivouac.

Faut-il tenter la Grande Sassière ?

Pour un randonneur entraîné, acclimaté et à l’aise dans les pierriers, la Grande Sassière est une occasion rare de dépasser 3 700 m sans matériel d’alpinisme, avec l’un des plus beaux panoramas des Alpes. Choisissez une journée stable entre mi-juillet et septembre, partez à l’aube et gardez toujours la possibilité de faire demi-tour : le sommet sera encore là l’année suivante.

Questions fréquentes

La Grande Sassière est-elle la plus haute randonnée d’Europe ?

Elle est souvent présentée comme l’un des plus hauts sommets des Alpes accessibles aux randonneurs sans matériel d’alpinisme, en conditions sèches. D’autres sommets du même ordre existent, comme la pointe de Charbonnel (environ 3 750 m) en Haute-Maurienne. Le titre de « plus haute randonnée d’Europe » dépend donc des critères retenus.

Quel est le dénivelé de l’Aiguille de la Grande Sassière ?

Depuis le parking du Saut, vers 2 300 m, la montée représente environ 1 450 m de dénivelé positif pour 6 à 7 km aller. Il faut compter 4 à 5 heures de montée et 2 à 3 heures de descente pour un randonneur entraîné et acclimaté.

Faut-il des crampons pour la Grande Sassière ?

En juin et début juillet, ou après un hiver très enneigé, des névés raides subsistent souvent sur la partie haute et imposent crampons, piolet et la maîtrise de leur usage. Une fois le terrain sec, en général de mi-juillet à septembre, de bonnes chaussures de montagne et des bâtons suffisent. Renseignez-vous sur les conditions avant de partir.

Comment éviter le mal des montagnes à la Grande Sassière ?

Dormez au moins une nuit en altitude dans la vallée (Tignes, Val d’Isère), montez à un rythme lent et régulier, buvez souvent et redescendez si des maux de tête, des nausées ou des vertiges apparaissent. Demandez conseil à votre médecin si vous avez des antécédents cardiaques ou respiratoires.

Où se garer pour la Grande Sassière ?

Le départ classique se fait au parking du Saut, vers 2 300 m, au bout d’une petite route qui monte depuis les abords du barrage du Chevril, entre Tignes et Val d’Isère. La place est limitée en haute saison : arrivez tôt le matin, ce qui permet aussi d’éviter les orages de l’après-midi.

Sources et liens utiles

Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.